M COMME MANIERE ( L'ART ET LA MANIERE 2 )...

 

Hier soir, pour la première fois depuis plus d’un an, je suis allée sur un chat BDSM.

Un chat quelconque comme il en existe des dizaines, rien de perfectionné, un panneau où les gens parlent en même temps de tout et de n’importe quoi, de n’importe quoi plutôt, et où l’on peut aussi cliquer un pseudo pour lui parler en particulier… Un chat, quoi…

Ne vous demandez pas ce que j’allais y faire, n’imaginez rien d’égrillard, M. était connecté aussi et nous désirions simplement contacter quelqu’un que nous pensions pouvoir trouver là…

C’était heureusement le cas car pour le reste…

 

D’abord, je me suis rendue compte que j’ai perdu tous les us et coutumes.

J’avais tapé comme pseudo d’entrée AURORA comme ici, avec les majuscules, ce qui m’a valu les hommages immédiats des soumis présents, tous de la même veine « Bonsoir, Maîtresse, VOUS ceci ou VOUS cela »…

Dissipé le malentendu, ils se comportèrent de deux manières : plus de message ou bien un « Dommage, amuse-TOI bien… ». Tutoiement de rigueur d’un coup.

 

Les D, qui, eux, tutoient d'emblée,  m’ont demandé, sans me saluer à une exception près, « D ou s ? »

J’ai répondu « s en laisse » car je me réhabituais « vite » aux usages…

N’empêche.. Ils y sont tous allés de leur discours. A noter qu’aucun ne s'est enquis de mon âge ou de ma région. Par contre tous ont voulu savoir  comment j’étais habillée, là à l’instant ( c’est à dire face à mon clavier !).

M. m’avait donc rejointe entre temps ce qui m’a permis de dire que « mon Maître » était présent, et donné la paix quasi totale.

Je dis quasi.

Car l’un d’eux s’est accroché. Il y tenait à ses histoires de tenues, de cuir ou soie et de talons…

Alors, je me suis décidée, futée, à lui rappeler la bonne  vieille règle : il ne pouvait me parler sans demander la permission à M. et d’ailleurs les questions qu’il me posait, il devait les Lui poser à Lui (je suis consciente du ridicule de la situation et me suis toujours assise sur la règle mais….).

 

En bref, M. a subi le questionnaire de Proust… qui à ce qu’Il m’en a dit tournait vraiment autour de la hauteur de talon à imposer. Le monsieur en question imposait dix centimètres au quotidien et quatorze en soirée. Le seul problème, c’est qu’il n’a jamais pu préciser à qui.

M. expliquant qu’Il n’imposait jamais rien mais attendait qu’on Lui offre, l’autre a du être  bien déçu…

Parce que, pour essayer de le distraire de ses fameuses chaussures, je lui avais précédemment demandé ce qu’était pour lui la relation BDSM et qu’il m’avait dit «  le déséquilibre entre le Maître et la soumise »…

 

Vous avez dit déséquilibre ?

Zut, je me suis tordu le pied sur mes talons en voulant quitter mon PC en corset et menottée…

Quelle idée aussi ! Je n’aurais jamais du garder mon masque pour « chatter »…