M COMME MANEGE ... 

Manège… Comme une sensation d’être en apesanteur dans un univers où tout tourne, bouge, est plein de couleurs et de lumières…

Manège… Etre la femme et en elle encore l’enfant qui s’émerveille…

 

Prendre des risques, se faire peur, dévaler la rampe d’escalier quand on ne nous voit pas…

Mettre le doigt dans les confitures et dire que ce n’est pas moi…

Mutine, lutine, coquine accompagnant d’un sourire innocent mes malices…

Manège… Se cacher derrière les arbres pour dévorer une barbe à papa de trop, celle que l’on ne nous a pas permise…

Manège… Rejoindre les garçons sur les auto-tamponneuses tandis que les parents discutent à la buvette..

Manège… Aller observer entre les lauriers des couples quitter le bal pour s’embrasser au bord du fleuve…

Et quand personne ne s’occupe de nous, trouver un copain pour la chenille ou le train-fantôme qui va à toute allure…

Perdre la tête, perdre la notion du temps et de l’espace et rire tous les deux complices à dix ans….

 

S’être sentie enfant si étonnamment libre et vraie, s’être éprouvée d’une telle innocence et sans aucune crainte, protégée d’office, désireuse seulement d’émotions et de découvertes sans fin… Et avoir ressenti ces certitudes entières comme emblèmes de vie avec d’autres du même âge…

 

Manège… C’est la même ivresse partagée réapprise qui vient trente ans plus tard me faire une visite dans ces moments à part où je Te suis soumise….