TOUJOURS PAS DE NOUS ET SEULEMENT A TITRE D' INFO SUR LE "MONDE" ET LES PRATIQUES BDSM, CE TEXTE ...

 

Ce document que nous avons trouvé sur : http://www.cercleo.com/textes/apresseance.html

où il a été publié le 20 juillet 2003…

a été écrit en anglais et publié par Chris_M sur son site perso: "subbondage"

et a été traduit en français par naybuleuse (is dreaming) le 2 juin 2002.

 


 

 

«Elle m’emmena au bord du paradis puis me lâcha.»

«Ça aurait été bien s’il s’était occupé de moi par la suite.»

«Oh, dommage. J’ai un rendez-vous dans 30 minutes. Bye.»

 

Le dernier acte

L’après-séance  est le dernier acte du 'drame' SM. C’est la culmination, la mise en commun de tous les pendants, la touche finale, la dernière communion des partenaires du rituel SM, la phase où les participants (habituellement les dominant/es) donnent formellement un contexte de réalité quotidienne à la scène du fantasme.

L’objectif technique de l’après-séance est la transition des deux partenaires vers une sorte de normalité après les états élevés de la séance, reprenant conscience de certaines réalités comme par exemple devoir conduire sur le chemin du retour à la maison une fois la séance terminée.

Mais comme tout pratiquant du SM vous le dira, c’est beaucoup plus que cela. C’est le temps après l’acte où les participants affirment mutuellement que quelque chose de spécial a été créé et partagé. C’est quand l’affection et l’intimité sont offerts et... c’est, pour le moins, le moment propice pour exprimer sa gratitude à la personne qui a partagé avec vous ce petit segment de votre vie. Cela peut être, et est souvent, la plus belle partie de la séance, ça fait partie de la séance. Ignorer cette partie est aussi brutal que de dîner chez un ami et de déguerpir une fois le repas achevé.

L’après-séance est essentiel à la planification de toute séance SM, spécialement celles qui sont intenses et où les participants vont loin. Un jeu physiquement lourd, émotionnellement intense, improvisé ou pas, avec beaucoup de contorsions et de détours, peut laisser votre partenaire secoué, tremblant, vulnérable et exposé, d’où le besoin crucial de les guider pour revenir sur terre. Certaines personnes, même après un jeu satisfaisant, peuvent passer par des états de choc: sentiments d’anxiété, d’embarras, de culpabilité ou un trop-plein émotionnel. Bref, ce moment serait l’équivalent SM du blues post-coïtal. La façon avec laquelle vous prendriez soin de votre partenaire dévoilera le vrai sens de la séance que vous venez de vivre ensemble, à savoir si celle-ci était juste une rencontre à la va-vite ou une belle et profonde expérience qui vous lie encore davantage l’un à l’autre.

L’après-séance permet également une part de récupération au cas où les choses ne se seraient pas aussi bien passées qu’elles auraient dû. Lors d’une séance "brisée", un après-séance sensible, compréhensif et intelligent est tout ce qui vous sépare d’une mauvaise réputation.

L’après-séance est particulièrement important à la suite de :

  • Séances demandantes et intenses.
  • Séances impliquant de nouveaux partenaires ou de nouvelles techniques.
  • Séances qui impliquent des punitions, de l’humiliation ou des suggestions de non consentement.
  • Séances qui résultent en larmes, cris, orgasmes ou autres manifestations émotionnelles.
  • Séances interrompues par un accident, une blessure, un évanouissement ou tout autre imprévu.
  • Séances qui ont mal tourné et ayant comme résultat la colère, la contrariété. Ou aussi des séances qui se seraient achevées par l’utilisation du droit de veto (safeword), le dominant comme le soumis pouvant apprécier un réconfort au cas où cela arrivait.

L’après-coup émotionnel qui résulte des séances SM ressemble au bourdonnement post-coïtal suivant l’acte sexuel, et vos actions et paroles y parleront cinq fois plus fort que d’habitude. Vous pouvez joliment encadrer la séance avec de la tendresse et du respect ou la faire sauter complètement. Et comme le coup cinglant d’un fouet peut-être une calamité s’il suit un safeword, une merveilleuse séance peut être détruite par une attitude inexperte, inattentionnée ou cavalière, une fois que la phase du jeu proprement dite est terminée. Un mauvais après-séance, ou l’inexistence de celui-ci peut causer des dommages incalculables. Pouvant laisser votre partenaire mal à l’aise, insatisfait, abusé. Cela peut ruiner une séance qui, par ailleurs, était superbe, ou endommager la confiance et l’affection que votre partenaire a pour vous, au cas où vous êtes perçu comme arrogant, inaffectueux ou inconscient dans ces moments de grande tendresse et de grande ouverture.

Mais si l’après-séance est bien fait, cela peut doubler l’impact d’une bonne séance. L’après-séance viendrait confirmer que la séance qui vient d’avoir lieu avait un sens, et que l’offrande de la domination et de la soumission a de la valeur. Cela peut faire de la séance une expérience de vie signifiante et en rendra le souvenir bon, même si ça fait diablement mal!!

Pourquoi l’après-séance est mal fait

Aussi important que cela soit, très peu a été écrit au sujet de l’après-séance dans les textes SM, et jusqu’à date de l’écriture de cet article, le sujet tend à être ignoré dans les forums éducationnels. A Black Rose, nous n’avons préparé notre première présentation d’après-séance qu’à notre douzième année! C’est une omission extraordinaire quand on pense que contrairement à des pratiques telles que le martinet, l’après-séance est - ou devrait être - partie intégrante de toute séance.

Contrairement à d’autres techniques de jeu, il n’y a pas de méthodologie standard pour l’après-séance Différentes personnalités, différents outils, différentes techniques et intensités de jeux demandent différents degrés d’intimité, d’attouchements, de durées et aucune approche n’est jamais garantie. Cela veut dire que même des personnes SM bien intentionnées peuvent pratiquer l’après-séance et que cela ne marche pas pour de multiples et subtiles raisons (que l’on traitera plus tard dans l’article)

L’après-séance est souvent oublié lors des négociations, rendant ainsi plus grande la possibilité de bousculer cette étape ou de la rendre inefficace à long terme. Dans une réception, l’un ou l’autre ou même les deux partenaires peuvent être pressés d’aller vers d’autres scènes ou peuvent avoir un partenaire qui les attendraient. Parce que l’après-séance peut être plus intime physiquement que le jeu en lui-même, l’un ou l’autre partenaire peut ne pas se sentir à l’aise à enlacer ou caresser une personne de laquelle ils seraient heureux de recevoir (ou d’infliger) le fouet.

Parfaite ignorance: plusieurs peuvent penser qu’une fois la partie technique achevée, la séance est finie et n’ont aucune idée du pouvoir qu’a l’après-séance à rendre une séance meilleure. Les soumis/es sont généralement inconscients du besoin qu’a le/la Dominant/e d’un support ou d’une gratitude à la fin d’une scène. La bonne nouvelle est que l’après-séance peut évoluer facilement et ceci est accompli par adhérence à un simple principe: un intérêt et une affection actifs vis-à-vis de votre partenaire. La plupart des gens ne considèrent pas une séance comme un apparat futile mais comme une connexion authentique entre les personnes concernées. Et l’essentiel de l’après-séance est que l’acte affectueux peut sauver une séance faible ou cassée, et donner de la valeur à une potentielle mauvaise expérience.

Les mécaniques physiques de l’après-séance

Quand les pistons s’arrêtent de pomper, que la respiration retourne à la normale, que vous et votre partenaire vous préparez à revenir de là où le jeu vous a transporté, il y a un nombre d’activités simples et mécaniques qui doivent avoir lieu :

  • Détacher votre partenaire et/ou lui enlever son masque.
  • Prendre soin des premiers soins à assurer comme le nettoyage et le traitement de toute blessure ou cicatrice.
  • Une pause salle de bains peut être la bienvenue.
  • Si vous et votre partenaire étiez assis, vous mettre debout serait bon. Si votre partenaire était attaché en position étirée, se mettre en boule pourrait lui être utile.
  • S’enlacer, parler, être ensemble, se donner du temps pour que les battements du cœur se calment et que la respiration revienne à la normale.
  • Nourriture et boisson (l’eau est toujours bonne, ou du jus de fruit).
  • Une transition hors des rôles de séance, dans des rôles plus égalitaires d’amis à l’écoute (sauf si c’est important pour l’un ou l’autre de maintenir le rôle).
  • Permettre au/à la soumis/e de s’habiller (sauf si ce n’est pas terminé).
  • Répondre à tout besoin physique ou émotionnel que le/la soumis/e peut avoir (parler de la séance, larmes, etc.).
  • Nettoyage de l’équipement de la séance et de l’aire du jeu. Ou que le/la soumis/e le fasse.
  • S’assurer que le/la soumis/e a repris le contrôle de ses aptitudes motrices.

Tout ceci peut être fait à la va-vite ou accompli consciencieusement, lentement, avec intérêt et attention. Devinez quelle approche je recommande. Ne commencez pas à baragouiner sur les distractions du monde quand l’après-séance est encore en cours. La séance n’est terminée que quand l’après-séance est fini.

La dimension spirituelle

Plus important encore que la condition physique de votre partenaire est son état mental. Et contrairement aux techniques standards d’après-séance listées plus haut, ce processus est encore exploratoire et change à chaque fois que vous le faites. Gardez-vous un temps après une séance pour être avec la personne avec qui vous venez de jouer. Pour une courte séance d’une heure, 15 à 20 minutes semblent raisonnables, mais vous pourriez avoir besoin de plus ou de moins. Ne vous fixez pas un temps limite si vous n’êtes pas obligé de le faire.

En général, l’après-séance est un bon moment pour passer des rôles bien campés du jeu (Dominant/dominé, Maître/esclave, etc.) à des rôles plus égalitaires d’amitié mutuelle, enrichissante et respectueuse. Enlacer, caresser et toucher est bon, dépendamment de votre relation à votre partenaire. Selon votre degré d’intimité et le temps dont vous disposez, vous pouvez prendre un bain ensemble, faire une sieste, avoir une relation sexuelle, manger, parler, lire à voix haute, faire un massage. Quelques uns aiment qu’on leur touche le visage mais faites attention... certaines choses ne fonctionnent pas nécessairement pour tout le monde. Ce qui apparaît doux et affectueux pour certains peut être stupide et désagréable pour d’autres, ou inadéquatement intime au cas où cela implique plus de toucher intime que ne peut en supporter votre partenaire. Et pour les Dominant/es, si les caresses vous dérangent, au moins rester en présence de votre partenaire est de bon escient (que votre partenaire s’asseoit avec vous, à vos pieds, vous prépare à boire, vous caresse les cheveux, etc.) Quelques idées pour exprimer l’affection sans être trop engageantes, comme le baiser sur le front, les accolades, se blottir l’un contre l’autre.

Parler est important et être positif est votre devoir premier. Exprimez de la satisfaction ou du moins de la gratitude, après une séance. Dites à votre partenaire que c’était bien. Murmurer de doux riens. Exprimez de la chaleur. Si la séance vous a excité, dites le. «Tu souffres si joliment.. Tu m’as réellement excité.. J’aime vraiment t’entendre gémir.. Tu parais si belle sur cette croix.. Tes yeux sont incroyables quand tu es attachée.. J’espère ne pas en avoir trop fait..» Exprimez de l’intérêt et de l’affection. «comment était-ce?.. as-tu aimé?.. as-tu mal?.. as-tu des fourmillements?.. quelle était la meilleure partie?.. la pire?... t’ai je fait peur?.. c’était une bonne peur ou une mauvaise?.. en as-tu assez?.. en veux-tu encore?..» Vos partenaires voudraient peut-être parler aussi, à propos de la séance, à propos d’eux, à propos de vous.. Vous ne pouvez pas savoir à l’avance.. Laissez les parler si c’est ce dont ils ont besoin. Encouragez les et écoutez. Même si les gens diffèrent les uns des autres, je ne recommande pas une analyse critique de la séance directement après, sauf si quelque chose s’est mal passé. Vous pouvez faire un suivi plus approfondi plus tard, quand le brouillard de la séance se sera dissipé.

Ayant dit tout cela, laissez moi réitérer que l’après-séance n’est jamais standard et que les approches décrites plus haut peuvent fonctionner avec certains mais n’avoir rien en commun avec ce que vous recherchez. L’après-séance est un art subtil et fluide et ce qui peut fonctionner à merveille dans une situation peut s’avérer désastreux dans une autre, voire nocif. Certains ont besoin de beaucoup de touchers et de paroles pour les guider sur le chemin du retour vers leur soi quotidien alors que d’autres peuvent n’avoir besoin que d’un coup de pied dans le cul et un "Brave garçon!" Certains soumis/es peuvent désirer être laissés sans un mot, avoir des tâches à faire, ou de se rouler en boule. Dans les relations D/s, le concept de sortir de l’espace de la scène peut ne pas être significatif puisque l’énergie D/s peut englober tous les aspects de la vie. Même entre des partenaires réguliers de jeu, l’après-séance ne peut jamais être réduit à un exercice de routine. L’essentiel est que, peu importe comment vous le faites, la pensée et l’acte devraient s’appliquer et relier la séance qui vient de s’achever à votre vie de façon à ce qu’elle soit remémorée comme une bonne et valide expérience.

Intérêts et complexités

Il y a d’autres passionnantes complications à considérer. Un/e soumis/e en "prêt" d’un/e autre Dominant/e peut vouloir l’après-séance de la part de leur partenaire et pas de vous. Soyez compréhensif si tel est le cas. Et les soumis/es: même si vous appartenez à quelqu’un d’autre, un merci, un baiser sur la joue et une accolade sont toujours agréables.

Utilisez des actions symboliques pour signifier la fin de la séance en tant que telle et le début de l’après-séance (enlever le collier, un ruban, un changement d’éclairage).

L’après-séance excessivement démonstratif

Pratiquer aveuglément l’après-séance sans négociation préalable est un manque de respect à moins que votre partenaire en veuille. Je connais quelques Dominant/es averti/es qui font suivre une séance de martinet - administrée selon les règles les plus classiques - par des mains baladeuses accompagnées de pénétrations anales avec leurs doigts, de tripotages et de baisers avec la langue enfouie jusqu’aux amygdales. Toutes ces manifestations ressemblent davantage à une séance en soi, extorquée en douce, non négociée, qu’à la conclusion de la séance de martinet. Si votre partenaire le désire, parfait, mais une séance de pelotage poussé peut ne pas être accueillie avec plaisir par une personne que vous ne connaissez pas bien. Et si après une séance vous recevez plus de démonstrations affectives intimes que vous ne le voulez, dites le. Dites quelque chose comme: "Excusez moi .... juste me tenir est très bien. Je n’aime pas être touché/e comme ça."

Également, essayer de solliciter des engagements pour de futures éventuelles rencontres quand votre partenaire flotte encore peut aussi être de l’ordre de l’après-séance excessif. Souvenez-vous, l’après-séance est un rituel de clôture et non le moment pour négocier des engagements futurs. Encore une fois, il n’y a rien de mal à exprimer de l’intérêt pour des jeux ultérieurs, spécialement si la séance s’est bien passée et que l’intérêt entre les deux partenaires est mutuel. Mais le devoir principal du/de la Dominant/e durant l’après-séance est de veiller sur les besoins immédiats de son/sa soumis/e. Utiliser le moment si intime de l’après-séance pour atteindre un futur rendez-vous peut mettre votre partenaire mal à l’aise, qu’il soit soumis/e ou Dominant/e. Peut-être en ont-ils envie, peut-être pas, peut-être qu’ils préfèrent attendre et voir. Il se peut que vos sollicitations soient les bienvenues et si elles le sont, ne me laissez pas vous convaincre de ne pas en faire. Mais si vous jetez la ligne et que l’hameçon ne mord pas, laissez reposer.

L’après-séance venu d’un tiers

Partiellement pour les raisons citées plus haut, certaines personnes peuvent être plus récalcitrantes à recevoir l’après-séance qu’à recevoir le fouet. Dans ce cas, un/e soumis/e peut même souhaiter recevoir l’après-séance d’une autre personne que celle qui a dominé la séance. Son choix peut se porter sur un partenaire de jeu régulier, un partenaire de vie ou une personne avec laquelle il/elle se sent plus à l’aise. Cela est-il bon? Oui, mais durant les négociations, avertissez votre partenaire de jeu préalablement que vous voudriez que telle personne s’occupe de votre après-séance une fois la séance terminée. Et une accolade reste quand même une bonne démonstration de gratitude. Une séance sans après-séance est incomplète pour certains Dominant/s.

Par ailleurs, certains Dominant/es, même magnifiques, ne pratiquent pas l’après-séance. Si vous en faites partie, vous avez la responsabilité de prévoir l’après-séance pour vos partenaires s’ils n’ont personne qui puisse s’en occuper.

Gérer une séance interrompue

Dans une séance où quelque chose se passe mal (blessure accidentelle, veto, une imprévisible et inattendue interruption), ne blâmez pas, ne rationalisez pas - juste traitez tout problème qui pourrait survenir. L’humour peut aider. "Ah, on a cassé la croix, je t’ai attachée deux fois et me suis bloqué l’épaule. Mais il y avait des parties de cette séance que j’ai aimé". Si les deux partenaires veulent continuer la séance, essayez, mais procédez avec une extrême précaution. Si la continuation est impossible, soyez forts, essayez de vous assurer que votre partenaire est d’accord et soyez aussi encourageant que possible.

Réaction de choc différée

Parfois une séance peut avoir l’air de s’être bien déroulée, l’après-séance s’être passé sans événements, ensuite quand vous êtes en train de faire du popcorn votre partenaire s’effondre. Des sanglots imprévus, des excès incontrôlés de rage ou une chute dépressive rapide peuvent émerger d’on ne sait où. Ne paniquez pas. Cela arrive seulement dans le monde du SM. Mettez de côté ce que vous faisiez et recommencez votre après-séance. Le SM puise profondément dans notre inconscient, spécialement quand les choses se sont passées particulièrement bien ou particulièrement mal. Une scène puissante peut faire émerger des choses qui étaient enfouies loin depuis des années. Encore une fois, il n’y a aucune approche standard sur le comment gérer ce genre de situations autre que d’essayer de garder la tête tranquille et d’être attentif à votre partenaire.

L’après-séance personnel (Si vous ne le recevez pas de votre partenaire)

À un certain moment vous allez certainement vivre la douloureuse expérience d’un après-soin raté qui ne vous prodigue pas ce dont vous avez besoin et vous serez livré à vous-même. Ca ne fait rien. Cela arrive. Vous survivrez. Parfois l’après-séance est mal fait parce que le/la Dominant/e ne sait pas le faire ou pense que ce n’est pas important. Si cela ne marche pas, il y a toujours des choses que vous pouvez faire. Portez vos habits. Arrangez-vous. Prenez un peu d’eau ou de jus de fruits. Mangez quelque chose. Prenez quelques minutes pour vous fermer les yeux, vous concentrer, enroulez vos bras autour de vous-même et enlacez-vous. Si c’est une réception, faites vous enlacer par quelqu’un que vous aimez ou en qui vous avez confiance "Pourriez-vous m’aider avec une accolade et un petit après-soin"? Si vous êtes seul/e, appelez ou visitez un/e ami/e. Dites-le au téléphone, que vous vous sentez mal, et si vous croyez que cela vous fera du bien, appelez votre partenaire de jeu. Du repos peut fonctionner aussi. Faire de l’exercice est un anti-dépresseur général et je le recommande à tous/tes. Faites-vous tous les câlins que vous êtes supposé vous faire quand vous vous sentez mal ou fragile ou fatigué: dormez, mangez quelque chose santé, parlez à un/e ami/e, pleurez et allez tôt au lit. Le matin, ça ira mieux.

Gueules de bois d’endorphines, états de choc

Quelques jours après une bonne et intense scène, un/e soumis/e peut plonger dans un état de remords ou de dépression. Si cela vous arrive, ne paniquez pas. C’est une réponse physiologique à la production d’endorphines dans le corps. Les bonnes séances inondent notre corps avec des neuro -transmetteurs comme la sérotonine, la dopamine et les endorphines. Ils restent actifs durant des jours produisant une certaine euphorie que certain/es soumis/es connaissent bien. Mais après deux ou trois jours, la métabolisation s’est faite et les effets euphoriques s’évanouissent. Pour certains, c’est une douloureuse et déprimante expérience. Que faites-vous? Rappelez-vous que c’est une condition physique et que cela passera. Reprendre contact avec votre partenaire de jeu n’est pas une mauvaise idée, mais lisez la section sur l’après-séance personnel et pratiquez le.

Après-séance du lendemain

Avant le départ de votre partenaire prenez son numéro de téléphone ou son courriel pour pouvoir le contacter plus tard. Alors le lendemain de la séance, ou plus spécialement le lendemain du lendemain il serait bon de faire un suivi. Un coup de fil, un courriel, un lettre personnelle ou une visite est toujours une bonne idée pour exprimer l’amitié, la gratitude et montrer de l’intérêt. Cela rassurera le/la soumis/e et montrera que vous êtes responsable et mature. S’il s’avère qu’il y a des questionnements et des interrogations, vous aurez l’opportunité d’y répondre. S’il y a un état de choc vous aurez la possibilité d’en parler, de l’expliquer et de faire savoir qu’il ne faut pas s’en inquiéter.

Une bonne stratégie pour les Dominant/es est de faire écrire le/la soumis/e sur ce sujet. Cela leur permet de se connecter à vous et de se connecter à la séance par la contemplation. Leur ordonner d’aller s’occuper d’eux-mêmes est une autre idée. Revoir la section sur l’après-séance personnel.

C’est le bon moment pour demander des informations sur la façon dont la séance s’est déroulée, ce qui a fonctionné, ce qui n’a pas fonctionné, où étaient les surprises. Si votre partenaire a des problèmes ou des inquiétudes, restez poli et attentif et si vous sentez que vous avez mal agi, dites-le. Ce n’est pas facile d’entendre un mauvais bilan mais restez encourageant et parlez-en si vous pouvez. Il vaut mieux que votre partenaire se plaigne à vous plutôt qu’au monde entier.

Après-séance pour les Dominant/es

Même si l’après-séance est généralement conçu comme quelque chose que les Dominant/es font aux soumis/es, les Dominant/es sont des humains aussi et ont souvent besoin d’affection, de gratitude et d’enrichissement. Parfois, quand la chaleur de la séance s’est apaisée, un/e Dominant/e peut se retrouver épuisé/e, vulnérable, se sentant coupable d’avoir fait de mauvaises choses pour quelqu’un qu’ils aiment. C’est le phénomène que certain appellent top-drop. Donc, les soumis: rappelez-vous d’exprimer votre gratitude et votre respect au/à la Dominant/e qui a passé la dernière heure au moins à vous maltraiter. Flatter est bon : «Vous êtes si Dominant/e.. Vous m’avez vraiment excitée.. Je ne savais pas que vous étiez si bon avec le fouet.. J’aimerais refaire ça un jour..» Pas besoin de mentir, mais si vous pouvez trouver quelque chose de gentil à dire, faites-le.

Mon amie, Maîtresse Elizabeth suggère qu’une fois que les menottes sont enlevées et que l’après-séance mutuel et enrichissant a commencé, le/la soumis/e (et surtout son soumis Jim) lève les yeux et demande à leur Dominant/e «Que puis-je faire pour vous servir?». S’enlacer, se blottir peut être bon si la chimie entre les partenaires est bonne. Si c’est dans votre style, vous agenouiller devant votre Dominant/e et vous offrir è lui/elle pour une accolade peut être très touchant, comme peut l’être la vénération des pieds, lui embrasser les mains, etc. Un massage de pieds peut être très apprécié par la Dominante qui vient de vous abuser en talons hauts ou par n’importe qui en bottes de cuir. Un massage pour un/e Dominant/e qui travaille dur est le bienvenu aussi.

Votre Dominant/e pourrait désirer plus que toute autre chose de s’occuper de vous, alors si vous n’avez pas de problème à ce niveau, laissez-vous dorloter. Si vous ne désirez pas beaucoup de touchers et d’accolades, dites-le aussi gentiment que possible. Et si vous êtes un/e soumis/e "en prêt" d’un/e autre Dominant/e qui vous procurera l’après-séance, n’oubliez pas de signaler votre gratitude à votre partenaire de jeu. Un merci, une bise sur la joue et une accolade sont toujours de bon escient.

Pour les Dominant/es lisant ceci

S’il vous plaît, familiarisez-vous avec l’après-séance personnel, juste pour être du bon côté. Dépendamment de votre image de soi, de votre style, vous pourriez ne pas vouloir recevoir l’après-séance de votre partenaire soumis/e. Ou vous pourriez être avec un/e soumis/e qui ne désire pas vous voir comme ayant besoin de soins et d’affection. Si c’est le cas, vous pourriez préférer recevoir votre après-séance en forme de tapes sur le dos de vos camarades Dominant/es. C’est pour cela que c’est toujours recommandé de complimenter les joueurs après une séance. Ils pourraient être en manque d’après-séance

Après-séance pour l’audience

Non pas que je recommande de jouer devant la foule, mais votre audience apprécie généralement une petite assurance que tout va bien, spécialement dans une séance intense, lourde ou qui avait l’allure du non-consentement. S’il y avait des cris, des pleurs, des jeux de résistance, du sang ou une punition, certains dans l’audience, surtout les nouveaux-venus, pourraient s’inquiéter que la séance n’ait pas été consentie. Voilà une idée: laissez-vous être vu/e satisfait par la séance (surtout si vous l’êtes). Je recommanderai de faire savoir aux gérants du donjon au préalable que vous planifiez une séance agressive. Une foule peut être hantée si la séance apparaît comme ayant endommagé le bien être de l’un ou l’autre partenaire. Pour vous donner un exemple, à Delta 96, après une des séances les plus lourdes auxquelles j’ai jamais assisté - une séance de crucifixion qui a plus ou moins stoppé toutes les autres activités dans le donjon - le/la soumis/e s’est fait un point d’honneur de visiter l’endroit dans le donjon où tout le monde s’était réfugié pour reprendre son souffle. Il a juste apparu, s’est servi une boisson, permettant à tous de le voir, de l’approcher, de lui parler, le saluer et affirmer qu’il était encore en vie et bien portant. C’était une bonne touche intime à la fin d’une séance réellement effrayante qui a tourné plus d’une tête.

Recommandations

·  Apprendre ce que vous aimez et ce dont vous avez besoin en termes d’après-séance. Prêter autant d’attention aux besoins de vos partenaires.

·  Inclure la discussion sur l’après-séance dans vos négociations pré-séance: ce dont vous avez besoin, ce que vous aimez, quelle intensité, de la part de qui. Soyez prêt/e à entendre des choses inhabituelles, chacun est différent.

·  Préparer les affaires dont vous auriez besoin pour les avoir à portée de main : jus, eau, couvertures, serviettes, trousse de premiers soins, etc.

·  Préparer un sac pour l’après-séance contenant une couverture, eau, jouet en peluche, un jus de fruit, des contes à lire, un casse-croûte.

·  Organiser votre temps pour en garder pour l’après-séance. Si vous avez une marge de jeu d’une heure, prévoyez la fin de la séance dans les 45 minutes pour vous garder une quinzaine de minutes d’après-séance. Ceci serait le minimum requis.

·  Se préparer à transférer les rôles de Dominant/e / soumis/e à des rôles plus égalitaires dans l’amitié et le respect.

·  Sans interrompre l’ambiance de la séance, libérer le/la soumis/e de ses attaches, administrer lavage, premiers soins, un répit douche, une boisson, un repas.

·  Répondre à tout besoin physique ou émotionnel que le/la soumis/e peut avoir (parler de la séance, pleurer, etc.)

·  Accorder autant d’attention aux aspects de l’après-séance qu’à la séance en tant que telle.

·  Toucher, enlacer, parler, prendre un bain ensemble, une douche, une sieste. Exprimer de la satisfaction ou du moins de la gratitude après une séance.

·  Offrir de l’eau à boire ou du jus de fruit pour un moment de pause de la séance.

·  Gérer soigneusement une séance brisée, essayer de prendre soin de toutes les fêlures qui ont besoin d’être raccommodées.

·  Les soumis/es doivent se rappeler de faire leur part d’après-séance pour le/la Dominant/e.

·  Le suivi du lendemain ou de la semaine d’après (pour anticiper ou s’occuper des après-coup d’endorphines): un coup de fil, un courriel, une note personnelle ou une visite sont toujours une bonne idée pour exprimer l’amitié, la gratitude et l’intérêt. Cela réassurera le/la soumis/e et vous fera apparaître plus responsable et mature.

·  Comme activité d’après-séance, demandez à votre partenaire d’écrire au sujet de la séance, comme base pour une discussion ultérieure ou une activité à part entière.

·  Faites de la vérité affirmative votre objectif. Ne mentez pas, mais exprimez une gratitude authentique pour ce que vous avez partagé.

·  Essayez de percer comment se sent votre partenaire.

·  Et enfin : soyez toujours prêt à changer d’approche si vous avez l’impression que votre après-soin ne fonctionne pas.

Évidemment, ce panorama d’ensemble ne vous a pas appris "comment le faire". Cela vous reste à découvrir par vous-même. Mais, j’espère avoir éclairé certains côtés importants de l’après-séance pourquoi c’est important, et quel est le prix de mal le faire. Enfin, j’espère aussi que vous l’exploriez et que vous épanouissiez dans ses joies langoureuses.

Recevoir et offrir l’après-séance est une des parties les plus agréables de l’art du SM.