M COMME MALTRAITER ...

 

Maltraiter est le premier mot interdit du vocabulaire BDSM. Une règle d’or.

Dans un monde de jeux érotiques entre adultes consentants, c’est bien de tout dont il est question sauf de cela.

Le respect d’autrui, de ses désirs doit être le seul guide de ces transports sensuels.

J’ai toujours peur pour les gens qui ne saisissent pas, qui restent à la vitrine, à la bordure des choses et qui croient que les scènes crues qu’on peut lire dans de forts mauvais romans sont l’essence des pratiques SM. Il ne faut pas confondre cette « littérature » de pacotille avec le vrai « jeu ».

Que je réclame une fessée n’indique nullement que je désire être maltraitée, c’est simplement le signe que comme pour d’autres, de façon plus classique, une douce caresse sur les fesses sera un premier pas vers le nirvana, pour moi le chemin en est un tout petit peu différent.

 

Il m’est arrivé de voir, dans une soirée, un monsieur présentant très bien s’occuper de trois jeunes femmes ( tour à tour) : elles se tenaient dos au mur , lui était devant elles et leur posait des questions anodines, vraiment anodines, du genre « Tu habites Paris ? ». Sinon que jamais la réponse ne le satisfaisait et qu’il les giflait à chaque fois.

La première a tenu trois questions puis a repoussé le monsieur en riant et s’est éloignée très vite, la seconde au bord des larmes a été tirée de là à la seconde gifle par son compagnon qui respectueux des « règles », s’est excusé en indiquant qu’il y avait confusion et que ce n’était pas pour ce genre de « plaisirs  en compagnie » qu’ils étaient venus.

La dernière jeune femme était seule et était visiblement seulement venue là pour voir, elle avait d’ailleurs hésité longtemps avant d’accepter l’offre du monsieur en question de « tenter de tester ses capacités de soumise ».

Elle s’est effondrée en gros sanglots et à terre à la quatrième gifle puis se redressant, elle a quitté la soirée en courant après avoir récupéré son manteau.

 

Ce monsieur jouait sur l’humiliation, ce monsieur maltraitait, je n’ai jamais compris le silence des autres hommes présents, ni celui de l’épouse de cet homme qui laissait ainsi faire son mari. Inutile d’évoquer le mutisme des autres femmes présentes (moi y compris, c’était ma première « sortie ») qui respectaient la « règle » : ne pas s’exprimer si leur « Maître » ne le faisait pas…

 

Après l’incident, le monsieur a jeté un oeil vers moi, c’est seulement là que j’ai trouvé le courage d’articuler malgré la présence de mon accompagnateur d’alors : « Certainement pas ! » ce à quoi il m’a cinglé d’un « Alors que fichez-vous ici ? »…

Je lui ai répondu que selon moi, c’était lui qui n’était pas à sa place. Les présents et le gérant du lieu ont alors fait mouvement ou diversion pour éviter que les choses ne s’enveniment.

Le couple en question a d’ailleurs quitté la soirée peu après.

 

C’est une anecdote BDSM mais elle a quelque chose qui nous la rend commune à tous.

Ne jamais accepter d’être maltraités, ni physiquement, ni moralement. En aucune occasion, en aucun lieu. Sous aucun motif. Ni dans un couple, ni au travail etc.

 

Pour ce qui est du BDSM, si un fouet peut être un instrument d’amour, un simple fil qui va d’une main à une peau et réciproquement, ce n’est que dans la complicité totale des deux êtres qui s’adonnent à cela comme de classiques amants fougueux à un jeu de chatouilles…

 

Maltraiter est banni chez nous. Bien sûr, de tristes individus échappent au tamis, il faut les fuir. C’est toujours, pensez-y bien,  notre « peau » qui est en jeu dans tous les sens. Une fois de plus, dans toute rencontre, c’est la confiance qui doit régner et une chose surtout est à ne pas oublier : jusqu’au bout et dans n’importe quelle situation, n’importe quels contexte ou circonstances, c’est la soumise ( le soumis) qui décide et qui a le dernier mot.

Le « Maître » n’est maître que parce que nous le reconnaissons comme tel. Ce règne peut donc, en cas de maltraitance ou de soupçon d’abus, être aboli à chaque seconde.