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M COMME MAITRES ( ? ) ...

 

De quelques rencontres réelles ou virtuelles…

 

Master TDK était plutôt joli garçon, ma foi, amateur de bondage, j’ai bien dit amateur… Il s’avéra en fait qu’il n’en avait jamais faits, ni vus (à part sur des photos ). Il posait pourtant invariablement la même question, quel que fut le pseudo qu’il contactât : « Etes-vous plutôt foulard de soie sur divan ou corde sur carrelage ? », plus deux autres variantes que j’ai oubliées…

 

Maître de Cérémonie était un très bel homme, artiste de surcroît, il fit des allées et retours dans le « milieu » sans que j’en comprenne bien le pourquoi, puisque ce monde n’était pas le sien et qu’il en parlait avec un dédain incommensurable. Ce n’est qu’en y repensant aujourd’hui que je me hasarderais à formuler une hypothèse : très cultivé mais pur autodidacte n’ayant fait aucune étude, il avait un sérieux complexe vis à vis des femmes et maniait le mépris à l’envi, pensant sans doute avoir trouvé le lieu idéal pour le faire…

 

Maître Dominant avait pour lui une sérieuse vidéothèque qu’il se proposait de vous dévoiler ; il vous dévoilait surtout au bout de cinq minutes, être aussi le pseudo Soumis Fervent  et espérait que, comme lui, vous ayez plusieurs facettes…

 

Maître Toc cherchait une esclave d’origine asiatique, je ne l’étais pas mais ayant accepté de le voir une fois dans un café du centre ville, je le vis en effet, cauteleux et effaré de pouvoir être reconnu (de qui ?), vu qu’il connaissait bien l’édile local ( et alors ?), il ne mit donc que dix minutes avant de me sortir du fond d’un attaché-case un contrat d’esclavage en bonne et due forme qu’il attendait que je lui signasse là, sur l’instant…

 

Maître P6,557 ne voulait savoir qu’une chose, si j’accepterais de porter pour lui de très hautes chaussures à talon, mais en pointure 42. Je m’étonnais de la taille, il me dit qu’avec un peu de papier de soie au bout, cela conviendrait parfaitement. Comme je manifestais toujours le même étonnement, il me dit alors que c’était les siennes et qu’il aimait se travestir…

 

Maître des Exigences -je l’ai évoqué dans « Facile »- n’en avait qu’une : qu’on l’attende à l’hôtel, nue, troussée et avec du champagne…

 

Maître Mythologic était un danger public : très beau parleur, le verbe haut, il réussit à me convaincre que j’étais la femme de sa vie en deux cinés et trois restaus ; hélas, au premier rendez-vous "perso", malgré toutes les conventions qui sont censées régir notre « monde » il me battit comme plâtre à mon corps défendant en me répétant qu’il ferait de moi un chef-d’oeuvre. Comme je criais trop fort pour l’immeuble cossu qu’il habitait, il me poussa nue sur son palier à deux heures du matin en me lançant mes vêtements en vrac….

 

Comme quoi, certains font sourire et d’autres pas du tout.

Si la confiance est le maître mot de toute relation BDSM, la méfiance doit être la maîtresse des rencontres….