Je resterais bien là, prisonnière des limbes,

A attendre le Tendre, écoutant le silence.

Quand les couleurs enfin vireraient à l’absinthe,

Je sentirais venir Sa prochaine présence.

 

Je resterais bien là, paresseuse alanguie,

Réchauffant de mon corps le sol de sable doux.

Quand son velours de soie serait enfin tiédi,

Je saurais que le temps serait bientôt de nous

 

Je resterais bien là, soumise impénitente,

A m’engourdir, sirène apaisée, lourde, lente.

Quand le couchant filtré donnerait, tournoyantes,

Ses dernières lueurs, je deviendrais l’amante.

 

Son pas résonnerait à l’entrée de la grotte,

Il s’en viendrait vers moi, les mains tendues,

Pour ôter de mes membres ses chaînes et menottes

Et me récompenser de L’avoir tant voulu….