L COMME LITTERATURE : " CONFESSEE " - MARIE L. ...

 

«  Il n’y a pas de grâce, il n’y a pas d 'élégance dans Céline »

Pierre Bourgeade (préface à « Confessée » de Marie L.)

 

Je ne peux aller au bout de cette section « Littérature » sans évoquer, ne serait-ce que brièvement, les textes de Marie L.

Ne vous fiez pas à ce L. qui ne cache rien. Marie L. a participé à des émissions de télévision littéraires et elle s’est exprimée longuement ici et là. Pas de recherche d’anonymat donc derrière cette simple initiale.

Les textes de Marie L. s’adressent à des adultes, non dans le sens d’une quelconque censure à la vente mais tout simplement parce qu’ils ne trouveraient aucun écho hors d’un public très mature et averti. Il ne s’agit pas ici de faire dans le raffinement ou l’esthétique, pas plus que de construire du récit ou du roman léché dans les critères figés du genre.

 

Marie L. est masochiste, autodestructrice même et elle en souffre. Pas d’apologie des rapports BDSM ou SM dans ses livres donc, livres qui passent très difficilement tant ils sont extrêmes et nous provoquent parfois jusqu’à une insupportable nausée. D’ailleurs, à de très rares exceptions (une en fait), je n’ai jamais rencontré de pratiquants BDSM qui aient eu connaissance de ses livres.

 

Pas de complaisance, pas de recul dans ce que raconte Marie L. : des faits, des expériences qui nous demeurent étrangers dans leurs motivations comme quelque part ces motivations aussi demeurent étrangères à celle qui vit cet état de fait.

Je ne comprends pas Marie L . : je la lis.

Je ne la comprends pas parce que, la plupart du temps, son masochisme se déroule tout entier entre elle et elle, que l’autre en est quasiment absent et que lorsqu’il y a un ou des autres, ils sont tout aussi absents au fond…. Cette douleur et cette négation de soi et des autres sont une souffrance en soi plus forte que le récit de ce que peut subir ou se faire subir Marie L.

Je la lis parce que je sens que malgré ce qu’elle peut en dire quelquefois, l’écriture est pour elle une thérapie. Je souhaite à Marie L. que ses textes lui aient au moins permis d’éloigner le dragon de cette « monstruosité » ressentie et inscrite en filigrane dans chacun de ses ouvrages. Et surtout de trouver la porte à ouvrir sur l’amour qu’elle a approchée maintes fois mais dont elle ne détenait, hélas, pas les clés.

 

Pour faire bien comprendre comment je me situe par rapport à ces textes, je dirais que dans les livres de cette jeune femme, je ne trouve rien qui me soit proche, j’en suis toute aussi détachée que le serait n’importe lequel d’entre vous.

Et pourtant, je m’y intéresse, comme pourrait le faire n’importe lequel d’entre vous, parce qu’il s’agit d’une expérience humaine et qu’en ce sens, elle ne peut, bien au-delà d’un quelconque rapport avec le BDSM, m’apparaître comme totalement indifférente…

 

«  Si je n’avais pas écrit, je crois bien que la folie aurait eu raison de moi. Je jette sur ce papier, en vrac, les malaises, les entailles, puis j’observe, j’épluche, j’assemble et j’essaie de comprendre. Je me prends au jeu, je ne sais comment tout cela va finir. Aucun de nous ne le sait d’ailleurs. Je résiste jusqu’à l’aube et le lendemain, je retrouve la vie.

Mais cette vie me fait mal car l’essence de l’autre est dans mes gènes. Comme une mauvaise herbe, elle tue tout sur son passage. »                  

         « Confessée » - Marie L . – La Musardine – 1996 –

 

 

PS : Je n’ai jamais compris le choix de l’illustration de la couverture de ce livre.

Je la reproduis cependant ici telle quelle mais si d’aventure elle attire l’attention d’un lectorat potentiellement émoustillé par celle-ci, il risque d’être bien déçu et c’est peu dire….