Rassemblement Républicain Je suis Charlie Place des Quinconces à Bordeaux le 11 janvier 2015

 

Place des Quinconces Bordeaux 11 janvier 2015 Je suis Charlie.

 

Un crayon bleu pour Charlie hebdo Place des Quinconces à Bordeaux le 11 janvier 2015.

 

Je suis Charlie Bordeaux 11 janvier 2015

 

Marche Républicaine Bordeaux 11 janvier 2015.

 

Talentueuse caricature à Bordeaux Je suis Charlie 11 janvier 2015

 

La colonne des post it à Bordeaux le 11 janvier 2015 Je suis Charlie 140 000 participants

 

La statue de Chaban-Delmas est Charlie sur la Place Pey Berland à Bordeaux le 11 janvier 2015

Première photo © Journal Sud Ouest, les autres sont nos photos personnelles.

 
 

L’émotion, l’émotion qui ne cesse pas de monter depuis notre arrivée par le tramway et l’émotion qui continue au fur et à mesure que les uns et les autres nous rejoignent au lieu du rendez-vous - nous sommes un groupe de 10, mon fils et sept de ses camarades (la huitième est repartie dès qu’elle a vu la foule, saisie d’une attaque-panique d’angoisse), une amie et moi.

La foule qui nous paraît immense sur cette Esplanade des Quinconces, foule coupée en deux par la présence annuelle du cirque, une foule comme nous n’en avons jamais vue et dont nous ne saurons qu’après la fin du rassemblement, aux informations télévisées de la soirée, qu’elle était de plus de 140 000 personnes, un record pour Bordeaux, un moment historique...

Aucune récupération, aucune présence politique, seulement quelques beaux appels à la tolérance et à la démocratie, la lecture de la lettre d’un lycéen « Soyons l’armée de l’amour contre l’armée de la haine ! », une minute de silence les bras levés vers le ciel et en donnant chacun la main à ses deux voisins les plus proches, ces applaudissements au coin de chaque rue que nous traversons, toujours sur le même rythme ternaire et si forts après que les voix ont crié « Charlie » ainsi qu’une Marseillaise entonnée à pleins poumons que cinq parmi nous (la moitié) ne reprendrons pas parce que ce « sang impur qui abreuve nos sillons », nous sommes sûrs que Charb, Wolinski et les autres, que ceux de Charlie Hebdo, n’en auraient pas voulu pour cet hommage qui, après tout, leur est tout de même grandement dédié dans la ferveur citoyenne de notre petit groupe. Même si nous leur associons à part égale les autres tombés. Même si nous sourions à la police aux angles des rues et qu’ils nous rendent nos sourires. Même si nous sommes 140 000 tous unis. Vraiment unis. Et vraiment indignés au sens où Stéphane Hessel le pensait.

Nous, nous avons une boule dans la gorge: un crayon comme une épine dans le cœur en ce dimanche.

Quelques images donc, celles que nous n’oublierons pas, et justement ce crayon bleu tout droit venu de la décoration d’une chambre d’enfant ou cette caricature d’un étudiant digne déjà de l’humour caustique de notre fanzine bien-aimé ou encore ce poteau où chacun dépose son post-it comme un ex-voto. Et le malin qui a collé sur la majestueuse statue de Chaban-Delmas qui trône Place Pey-Berland le panneau « Je suis Charlie »…

Et nous souhaitons que dans les semaines, les mois et les années qui viennent, nous soyons encore et toujours Charlie parce que cette journée doit être celle d’un sursaut et non seulement celle d’un chagrin…