Je suis Charlie 07/01/2015

 

J’interromps ce reblogging pour laisser exploser ma douleur profonde, ma colère incommensurable devant le massacre perpétré ce matin dans les locaux de l’hebdomadaire satirique « Charlie Hebdo ».

Pour celles et ceux de ma génération, « Charlie » a été de tout temps l’expression de la liberté.

Liberté de l’opinion, liberté de la presse, liberté de la France.

A l’heure où j’écris, douze personnes ont déjà perdu la vie dans ce qu’il convient d’appeler un massacre.

Je tiens à saluer les chères mémoires du délicieux Charb, du débonnaire Wolinski, de l’inégalable Cabu et de l’ironique Tignous.

Je joins à ce salut celle de l’économiste Bernard Maris, sceptique du productivisme.

Mais aussi celles des deux policiers et des cinq autres victimes dénombrées pour le moment.

Toute ma compassion et mes pensées vont de même aux huit blessés (source des infos les plus à jour) pour lesquels je croise les doigts afin qu’ils s’en sortent, que le carnage s’arrête là.

 

Trois hommes qui parlaient parfaitement le français semblent être les auteurs de ce lâche attentat contre l’indépendance de la presse : les témoins déclarent qu’ils ont hurlé « Nous avons tué Charlie Hebdo » et « Le Prophète est vengé ».

Si c’est bien dans ce sens que les pistes vont maintenant se tourner, ces trois pauvres hères qui nous privent de ces gens que nous avons tant aimés sont dans l’erreur totale.

Dans les événements qui secouent notre pays, notre démocratie, depuis des mois et même des années, et notamment les polémiques dues à des Zemmour et autres, c’est aussi leur Islam qu’ils ont tué !

J’ai bien écrit « leur Islam » (à entendre comme « leur Islam d’intégristes, de djihadistes, d’intolérants et d’assassins » qui tend hélas à se répandre) et non l’Islam en soi qui, ce soir, s’associe à nos manifestations, nos drapeaux en berne, l’indignation de toute la classe politique française et européenne pour condamner le plus vivement possible le charnier de ce matin.

 

Non, ils n’ont pas tué « Charlie Hebdo » puisque « Nous sommes Charlie » comme sur cette bannière qui circule sur Twitter et que je m’honore de placer en haut de ma note. Et que la liberté de Charb, Wolinski, Cabu, et celle de Tignous, c'est à nous maintenant de la faire vivre et continuer.

Ils ont simplement anéanti les derniers crétins qui cherchaient vainement sur les ondes à défendre les vulgaires assassins, les bourreaux moyenâgeux qu’ils sont. Vous verrez dans les prochains jours comme ceux-là vont faire profil bas.

Mais quel désastre qu’il ait fallu en passer par cette horreur pour en arriver là !

Et ils ne nous font pas peur. Nous saurons toujours, dans l’esprit de « Charlie » les accueillir avec l’humour satirique (qui est la meilleure arme du monde) du dernier dessin de Charb que vous pouvez voir ci-dessous.

 

Le dernier dessin de Charb

 

Je te dédie ces quelques mots, Charb, rencontré par deux fois à l'Escale du Livre de Bordeaux, je les dédie à ta sympathie souriante et tellement...vivante !

Je sais que tu n'aurais pas voulu un hommage, alors prends-les pour ce qu'ils sont.

Seulement quelques mots...