Préambule : Une fois n’est pas coutume.
Bien qu’ayant essayé de ne sélectionner que des photographies somme toute banales de ma « fouettée » de février, si quelques-un/es parmi vous pressentent qu’ils pourront être heurté/es par des images de fouet ou par celles de ma nudité, qu’avant de regarder cette page en entier, ils cliquent sur le carré rouge en haut de leur écran.
Ils reviendront demain.
Je les rassure : mon blog sera toujours là, j’aurai seulement changé de sujet !
 
 
                                                                                       BDSM Croix de St Andre Aurora fouettee par Le Squale
                                                                                 
 

 
BDSM Aurora fouettée par Le Squale, Paris, février 2010.
 
BDSM Aurora sous le fouet du Squale Paris Février 2010 marques du soir-même.
 
BDSM Aurora marques fouet Le Squale le lendemain.
 
BDSM Aurora marques fouet Le Squale six jours après.
 
Photographies © Aurora.
 
 
 
 
De tous les « instruments » BDSM, c’est le fouet qui m’a toujours le plus fascinée et aussi le plus fait vibrer.
 
Je comprends parfaitement que, vu «  de l’extérieur », celui-ci revête des connotations fort négatives dues à des rappels historiques qui vont des galères romaines à l’esclavage.
Nous qui vivons cela « de l’intérieur » n’y pensons jamais.
L’objet s’est intégré dans le BDSM en tant qu’objet de plaisir et rien d’autre.
 
Si vous y pensez bien, souvenez-vous du trouble que nous avions, enfants, à voir Michèle Mercier fouettée dans « Angélique et le Sultan » (et je ne doute pas qu’il y ait d’autres films avec fouet, tout aussi emblématiques, pour les générations qui suivent la nôtre).
 
C’est ce même trouble, mais immensément agrandi, que nous éprouvons lorsque nous nous faisons fouetter aujourd’hui que nous sommes devenu/es adultes.
 
Pourquoi cette fascination pour cet instrument qui pourrait être le plus terrible s’il était mal manié ?
 
Le fouet, c’est une pluie de feu, une grêle de flammes qui s’abattent sur vous sans trêve et qui vous amènent très haut, très vite.
C’est vraiment « le » plaisir.
C’est l’intense.
 
Si votre peau a été bien préparée juste avant le fouet, la sensation de douleur ne dure que quelques secondes, aux deux premiers coups que vous recevez, puis vous vous retrouvez pris dans un maelstrom d’étoiles qui tourbillonnent, un feu d’artifice qui vous saisit de tous côtés.
Et comme vous ne savez plus où donner de la tête, vous la perdez et vous vous abandonnez complètement à vos sensations.
 
Je serais bien incapable de préciser d’où vient la jouissance érotique - il ne faut pas nier qu’il y en a bien une -  qui en découle : est-elle sensuelle, sexuelle, cérébrale ?
Pour moi, quand je la vis, c’est les trois à la fois. Exactement les trois.
 
Cérébralement parce que lorsque tout commence, il y a un silence, le poids de l’attente - quelque chose de lourd qui se prépare derrière vous -, une forme de crainte délicieuse et puis enfin ce silence est soudainement brisé par l’air qui se rompt, fendu par le fouet.
Un bruit particulier, un claquement sec mais léger et, dans le même instant, la mèche vous atteint et vous mord. Sensuellement.
Le fouet, c’est comme une cérémonie.
Plus ça dure et plus votre peau, votre corps, sont emportés dans une danse frénétique de ressentis étranges, un peu comme des vagues qui vont et viennent, qui ondulent et contractent votre bas-ventre. Sexuellement.
Vous échappez totalement à vous-même, vous vous laissez aller, vous lâchez prise, vous flottez…
 
Je n’ai jamais fait de prosélytisme ici. Je ne vais pas commencer maintenant.
Tout demeure une question de goût, d’attirance et, au final, de choix.
On ne fouette personne, dans le BDSM, qui n’y ait librement consenti.
 
Par ailleurs, l’instrument est dangereux, c’est vrai, et ne convient pas aux néophytes.
Savoir fouetter, c’est un entraînement infini, beaucoup de concentration, une assurance totale de ses gestes, de la portée de son moindre geste même.
Il faut de l’espace devant soi (on ne fouette pas l’autre à vingt centimètres), un « feeling » de décontraction et de bienveillance (on ne fouette pas l’autre pour le faire souffrir*), la certitude de la complicité acquise (on ne fouette pas quelqu’un qui n’est pas sûr d’en avoir envie) et une parfaite connaissance du corps humain (on ne fouette pas certaines zones comme les reins).
 
Personnellement, je ne me livrerai jamais - quelles que soient mes envies, quels que soient mon désir, mon ardeur - au fouet de n’importe qui.
 
Le Squale, pour le fouet, est l’un des deux grands noms qui sont prononcés en France.
Il en est réellement un artiste.
Je ne veux pas lui tisser ici des éloges dont il n’a que faire - son site parle pour lui - mais je rappellerai cependant qu’il anime des « ateliers » et essaie d’apprendre son art au plus grand nombre possible, par pédagogie (oui, le fouet est une discipline qui s’acquiert) mais aussi pour éviter au maximum toutes les « bavures » des novices les plus malhabiles.
 
Quand on se fait fouetter, c’est sa peau (dans tous les sens du terme) que l’on « joue ».
Autant le faire avec quelqu’un qui vous inspire pleinement confiance.
 
Le Squale, je l’ai connu sur un chat BDSM avant même de rencontrer mon ex-compagnon.
Il y a des années que nous ne nous perdons jamais longtemps de vue et que nous dialoguons.
Je sais qui il est comme il sait qui je suis.
Ma peau, sous son fouet, est entre de bonnes mains.
Ce serait lui faire injure que de ressasser ici combien le crédit que je lui apporte est intégral.
 
De ce qui s’est passé pendant qu’ont été prises la plupart des images placées plus haut, je n’ai rien vu, étant de dos.
Ce n’est qu’après que l’on m’a dit que le « jeu » du Squale était impressionnant et qu’il avait « officié » avec deux fouets par instants.
J’avoue que j’étais tellement dans mon petit nuage que je ne l’aurais jamais deviné.
 
A un moment donné, j’ai bougé brusquement (il vaut mieux éviter de le faire) et un coup a mal porté sur ma hanche.
J’ai eu mal.
Dans l’instant même, il a désamorcé ma douleur en frappant tout autour afin de la faire s’évacuer, se perdre, se fondre.
Mission accomplie, soulagement immédiat.
Je sais que personne - sinon lui - ne possède autant de technique et de vigilance, d’attention aussi envers l’autre.
 
Cette note est donc un récit qui m’est personnel et non une « incitation » à aller se faire fouetter par toute personne qui a l’objet en question dans sa « mallette de dominateur »…
 
Le plaisir du fouet perdure de longs jours. D'une seconde manière.
Si l’on se fait fouetter, c’est aussi pour avoir cet autre plaisir qui est celui des marques.
Sur le moment, elles paraîtraient  déconcertantes pour ceux et celles qui ne connaissent pas notre univers.
Elles sont alors boursouflées, un peu éraflées (de tout ce que j’avais de cette soirée, je n’ai pas choisi ces photos-là, pensant aux âmes sensibles qui pourraient être choquées ou comprendre encore moins nos pratiques) mais, bon sang,  ces marques, qu’est-ce qu’elles rendent fière de soi, combien on se sent belle d’elles !
 
Déjà le lendemain, on est extrêmement surpris car tout s’estompe, que la peau est redevenue plane, qu’il ne reste en fait que les lignes écrites par la main du fouetteur.
 
Et puis, de jour en jour, elles décroissent et c’est à regret qu’on les voit se flouter et disparaître l’une après l’autre.
 
S’il passe par ici, que Le Squale soit remercié - avec toute mon amitié - de ses écritures si fines que je lis encore aujourd’hui sur moi…
Et qu’il sache tout mon orgueil d’avoir été, ce soir-là, son « sujet d’attentions »…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
* « On ne fouette pas l’autre pour le faire souffrir. » : Si, cela peut arriver dans le BDSM quand des personnes entrent dans le domaine de la « punition ».
Comme cela n’a jamais été ma tasse de thé, je ne parle que de ce que je vis et connais…