Une fois n'étant pas coutume, je me permets une petite coquetterie : la re-publication de cette note d'hier soir, simplement parce que je viens de m'apercevoir dans ma gestion que c'était la 200ème et que, ma foi, je suis assez fière d'être déjà arrivée jusque là!!!!

 

Par E-stat (vous savez, ce machin qui vous envoie des pubs quand vous venez me visiter le soir), j’apprends que 50 % de mes visiteurs m’arrivent par Google ou d’autres moteurs de recherche en empruntant des sentiers de mots-clés qui n’ont rien de stupéfiant dans mon cas : ils ont tous trait au « thème » de mon blog….

 

Il m’arrive donc de me demander ce qu’ils pensent en débarquant ici tant le contenu n'a rien à voir avec ce qu’ils en attendent.

Et c’est, après tout, une bonne occasion pour moi d’expliquer ce que je veux faire ici.

 

AURORAWEBLOG est mine de rien, demeuré comme l’était son grand aîné, mon très regretté « AURORAOULEWEBLOGVOLE » un blog de combat… Même si le combat s’est quelque peu déplacé, il demeure néanmoins sur le même terrain.

 

Autrefois, sur un site BDSM, j’écrivais peu et très novice, j’observais beaucoup. Disons pour faire simple qu’il y avait là une section intitulée « Histoires vécues » (c’est le terme le plus proche que je trouve pour remplacer le vrai, l’original et ne pas attirer de polémiques)….

Ces histoires passaient donc, étaient  présentées comme du vécu et personne n’avait le recul de prendre en elles la température du fantasme….

C’est à dire que les gens prenaient ce qui était écrit là pour argent comptant….

 

Alors de quoi s’agissait-il ? Et bien, la plupart du temps de petits textes de soumises relatant des « expériences » mais il y avait ce je ne sais quoi de faux, qui faisait que petit à petit on faisait toujours plus dans la surenchère….. On partait de toutes les constantes de la relation SM mais pour les développer d’une telle manière que l’on eut dit que ces femmes n ‘étaient rien que cela : des carpettes en attente…

Je me souviens de deux séries notamment : l’une narrant une histoire de D/s entre Paris et mettons Sydney…. La femme écrivait son attente, sa préparation entre deux rendez-vous, un agenda de soumise quoi, mais où il n’y avait aucune place pour la vie quotidienne ou plutôt si, une place qui était une place de soumission permanente, à croire que de l’aube au soir, elle n’était là qu’à se préparer , s’autoflageller, obéir à des ordres virtuels décrits dans toute leur crudité sans nous passer le moindre détail. Puis de temps en temps, l’apothéose, lorsque le Maître était présent et qu’enfin les épreuves suprêmes commençaient cette fois-ci en public : rapports pluriels, rapports bi, soumission totale.

 

Un soir, j’ai rencontré ces deux protagonistes lors d’une de ces fêtes…Ma foi, ils étaient comme tous, assis sagement à regarder ce que les autres faisaient, et à tenir salon eux aussi comme tout le monde souvent en ces endroits….

 

Je n’étais pas tombée le bon soir, direz-vous ? Oui, mais alors pour des gens qui se voient si peu souvent, c’était étrange ! Et puis, alors, je ne suis pas tombée souvent les bons soirs pour bien d’autres couples non plus puisque cette expérience, je l’ai reproduite bien des fois….

 

 

Une autre produit une sorte de journal composé de lettres à son Seigneur… C’est extrêmement hard et là non plus on ne nous fait pas grâce du moindre détail…

Une anecdote : après une séance où il lui a flagellé les seins avec une telle violence qu’elle est zébrée de marques profondes qui laissent d’épaisses croûtes, elle nous décrit le plaisir qu’elle a à les raviver chaque jour de ses ongles pour les faire saigner et rendre vivante la présence de l’absent…. C’est beau, c’est audacieux et bien écrit..

Oui, mais…

Il ne faut pas y croire un instant : quelqu’un qui s’amuserait à abîmer des seins afin de leur laisser de telles marques serait un individu très dangereux ou pour le moins un véritable inconscient ! Car à côté de ça, le monde BDSM n’est pas exempt de conseils et tout le monde sait que les seins sont, tout comme les reins, des parties vitales à ménager très sérieusement….

 

Alors, la part du fantasme, oui, dans ces journaux de soumises, dans ces contrats signés au sang, dans ces discours de dressage virtuel ou de BDSM 24/24, 7/7, 365/365….

 

Parce que ça n’existe pas. Voilà . Personne ne veut le dire mais c’est comme ça….

Même dans les couples qui prétendent le vivre ainsi au quotidien….

J’ai un peu (un tout petit peu connu) l’un de ceux qui sont le plus souvent sous les feux de la rampe. Et qui, selon leurs écrits lus ici ou là, ont cette règle de vie . Mais lorsqu’arrivaient 19 heures, si on était en train de « chatter » avec lui, il s’excusait poliment en expliquant que son épouse, la célèbre soumise, venait de coucher leur petite fille et qu’il allait maintenant, lui, lire l’histoire pour endormir la petite. Je ne pense pas que la maman couchait sa fille en rampant pas plus qu'il n’allait faire la petite lecture du soir, le fouet impatient dans la main….

C'est tout….

 

Il y a aussi celles qui se consacrent à la soumission comme à un apostolat, qui tiennent leur carnet de punitions et d’autres qui se disent aussi esclaves sans répit mais je constate que les unes tiennent aussi (avec beaucoup de style d’ailleurs) des clubs et que les autres dans leur soumission absolue trouvent le temps de gérer des sociétés anonymes…. Comment ? Avec un baillon et toutes bondagées ?

 

Alors, j’ai voulu faire ce pêle-mêle de textes qui peuvent apparaître mièvres parfois ( guimauve comme disait quelqu’un !) parce que métaphoriques mais qui montrent que le BDSM est avant tout quelque chose de cérébral, une appartenance choisie, mais qui n’a pas besoin de se manifester dans chaque acte. J’ai voulu écrire pour montrer que je ne dors pas au pied du lit, que je ne prends pas mes repas dans une gamelle et enchaînée sous la  table.

Montrer aussi qu’il y a toujours le choix, que ça se vit et se discute à deux , que dans ce monde où TOUS les écrits montrent la soumise offerte à d’autres Maîtres, nous avons fait, nous le choix d’être exclusifs et que là où tout le monde est bi, ce n’est ni un coup de baguette magique, ni un coup de nerf de bœuf dans le dos qui a pu changer ma « tendance » hétéro et que oui, malgré tout ça, je suis une soumise.

 

Pourquoi écrirais-je des textes venus de mon imaginaire pour vous dire comment mes orifices ne sont jamais vacants d’objets divers ou de membres multiples puisque ce n’est pas vrai ?

 

 

J’ai voulu enlever à l’ « écriture » BDSM sa part fantasmatique au travers de ce blog pour ne lui laisser que sa part de ressenti, qui pour moi est tout aussi mystérieuse, tout aussi riche et foisonnante, histoire de montrer que rien n’était à craindre en « notre monde » et que le folklore que vous pouvez lire ici et là, il faut en profiter s’il est bien écrit mais surtout ne pas le prendre pour monnaie courante….

 

 

Il est bien évident que je ne me réfère pas à des romans parus et fort connus dès lors qu’ils portent cette mention de roman et qu’ils revendiquent, ce faisant, leur part de fiction….

Mon combat est et demeure contre la « fausse littérature » des « vrais témoignages » qu’Internet notamment charrie dans ses crues, hélas de plus en plus prolixes en ce qui concerne le BDSM…..

 

Chez moi, rien n’est fictif, donc tout est fatalement soft  et je ne me gendarme même pas : je pense que je serais incapable d’écrire autrement…..

 

Mon but est donc d’essayer de lever le voile sur notre univers mais aussi d’en dénoncer les « escroqueries » de plume, si gentilles soient-elles, afin qu’elles soient prises pour ce qu’elles sont si vous tombez dessus :d’agréables moments d’émotion érotique mais pas la réalité, non, pas la réalité….

 

Parce que croire que c’est cela la réalité, c’est aller de l’avant encore dans le dévoiement de nos pratiques, parce que si elles prennent exemple sur ces écrits, les pauvres apprenties soumises ne se sentiront jamais assez soumises et quelle source d’échec et de frustrations alors !

Parce que tous ces fameux « Maîtres » qui ne le sont que par « autoproclamation » se croiront encore plus tout permis, auront des exigences démesurées et ne sauront pas démarrer une relation qui ne sera fatalement jamais à la hauteur de leurs attentes, toutes fondées sur ce type d' écrits…..

 

 

Enfin , il ne faudrait pas non plus mal me comprendre : ce monde, j’en fais partie…

Simplement, je me suis donnée le droit de porter sur lui un œil ironique, d’en affronter ainsi le tabou des tabous, c’est à dire d’être une soumise qui ne respecte pas la règle et l’étiquette.

Cela m’a coûté cher déjà mais cela ne m’a jamais découragée….

 

A côté de la vérité la plus banalement, la plus fréquemment répandue sur Internet notamment, j’en apporte une autre, la mienne qui ne vaut peut-être pas grand chose comme lecture boute-en-train érotique mais qui remet, je le sais, souvent bien des pendules à l’heure….

Car soumise, on l'oublie parfois trop, si cela signifie s'en remettre à un autre, cela ne signifie pas, et bien  loin de là, l'abandon de tout esprit critique sur le "milieu" qui est le nôtre dans cet abandon de soi  qui est un abandon amoureux et non pas une décérébration!

 

Alors, oui, ce weblog BDSM, c'est un regard critique mais bienveillant et bienveillant parce que critique sur notre "univers" à nous... Pas une kyrielle de textes à lire "d'une seule main", selon l'expression consacrée! Pas de fariboles, pas d'inventions ici: rien que du concret et vous avez pourtant là aussi "le journal d'une soumise".... Pas une "littérature" excitante sous couvert de blog. Mais un journal authentique, un "vrai" journal.

  

Quitte à faire de l’ombre, un peu, parfois à d’illusoires marchands de sexe….

 

J'aime le monde BDSM, ne vous y méprenez jamais !C'est le mien pour toujours et j'y ai ma place au même titre que les autres. 

 

Je vous propose simplement ( et en cela je suis la seule) d’en lire parfois l’étiquette à l’envers, ce qui fait que, si vous marchez la tête en bas quant à  notre sujet, un petit coup d’AURORAWEBLOG a l’avantage de vous la remettre sur les épaules !

 

Sourire à toutes et tous ! ( Lectrices et lecteurs d'Ublog et des moteurs...)