Comme un aigle noir…

Je suis revêtue de mes liens d’amour. Ils m’attachent, plus fort que ne le feraient des tonnes de poids, ils m’attachent à toi, toi que j’aime. Et pourtant ils me rendent aussi plus légère, prête à prendre mon envol, à passer au-dessus des collines, à survoler les vallées, à affronter les écueils de l’existence.

Blottie dans mes liens, je parviens à la mer, je la survole de loin… Ce n’est pas vraiment un paysage pour un aigle… J’y reviendrai un autre jour, serrée de cordes blanches et je serai mouette. Puis j’entrerai dans tes terres et j’y trouverai des oliviers, je me ferai alors colombe…
C’est fou les images qui passent lorsqu’on est ainsi tenue, maintenue, retenue. Elles ne durent parfois que quelques secondes, le sabir BDSM nomme cela le subspace.

Moi, quand en aigle noir « attachée-libérée », je pénètre dans ta forêt, j’ai l’impression de faire mentir un court instant la phrase de Lacan :

« L’amour, c’est offrir à quelqu’un qui n’en veut pas quelque chose que l’on n’a pas ».