BDSM Man Ray Résille Résillée.

Photographie © Man Ray.

 
 
Si cette photographie de Man Ray illustre parfaitement mon propos de cette nuit, elle n’a aucune connotation BDSM.
Cependant, celui-ci, en d’autres occasions, ne s’est jamais privé d’accumuler les œuvres qui
chantent et enchantent cette sexualité à part.
J’ai, quant à moi, largement répercuté ici l’image de ses travaux en ce sens sur diverses notes.
Voici donc répertoriées les images d’un Man Ray tout acquis à la représentation BDSM : , , , , , et encore .
Si donner tous ces « clics » peut paraître quelque peu fastidieux, je vous invite cependant à le faire, au nom de l’immense artiste protéiforme que fut Man Ray…
 
 
 
 
J’ai toujours trouvé aux soumises (à toutes les soumises, quels que soient leur nationalité, la couleur de leur peau, leurs formes ou leur âge) une étrange beauté, une beauté particulière qui fascine, faite de calme, de sérénité et d’un je ne sais quoi de fier, presque impalpable mais bien présent pourtant.
La beauté des soumises et celle de l’apaisement, celle de la femme qui s’est trouvée.
Ce n’est pas faire injure aux autres femmes qui ont, elles, une beauté différente que d’évoquer ici cette splendeur tranquille qui émane des femmes soumises.
 
Cette beauté est celle du don, de l’abandon, celle de ce tout petit fait - mais si grand en lui-même - qu’elles aient délibérément voulu ne plus s’appartenir mais devenir  la « propriété » d’un « Elu ».
Elles se sont offertes mais pas uniquement, c'est bien plus puissant que ça : de tout leur être, elles se sont « confiées ».
Comme dégagées de la pesanteur, il y a constamment en elles une légèreté et une harmonie impossibles à confondre.
 
Leur regard est doux et profond, leur sourire est tendre et presque imperceptible, leurs membres sont déliés et bougent souplement, leurs gestes sont empreints d’une noblesse conquise au fil du temps, dans le secret de leur inclination à l’amour et à l’obéissance.
Danseuses sur le fil, funambules de la passion, marionnettes vivantes de la vie qu’elles veulent bien qu’on leur insuffle, ce sont des femmes qui ont choisi leur destin.
Librement.
 
Elles ont les parures de leur « rang » et celles-ci peuvent être infinies.
De celles qui portent tous les signaux de leur « condition » en matières connues comme le cuir ou le vinyle à celles qui se vêtent sobrement de noir pur, on pourrait - si l’on était suffisamment attentif - les reconnaître dans les rues quand elles vont, timides ou glorieuses, humbles ou orgueilleuses, seules ou accompagnées.   
Elles marchent dans leurs bas à couture ou bien encore résille.
Résilles résillées et non résilles résignées.
 
Leurs mains sont lisses et sempiternellement (é)mouvantes d’avoir tellement caressé mais aussi d’avoir tant et tant serré les poings dans le plaisir de la douleur.
Ce sont des mains de fées et de « Petite Marchande d’Allumettes » ou encore des mains de « Petite Sirène ».
Mais dans le même instant, elles ont la poigne féroce pour se défendre sans trêve de tout (tous) ce(eux) qui ne serai(en)t pas le destinataire et de leur amour et de leurs tourments.
Soumise d’un mais jamais de plusieurs.
Là est tout leur prix et toute leur valeur. Dans leur constance et leur fidélité.
Elles le savent.
Et c’est cela qui les rend belles.
D'être tout simplement des femmes « vraies », des femmes dans leur vérité.
 
Même leur voix a un quelque chose de singulier, d’un peu grave dans la tessiture : elles savent si souvent se taire pour être attentives, pour lâcher prise, que lorsqu’elles parlent, leur registre surprend et c’est avec étonnement que les non-initiés qui les entendent perçoivent en celui-ci la sonorité de voix de femmes chez lesquelles on découvre une très grande force.
De cœur, d’âme et de corps.
 
Une soumise peut être soudainement dépourvue de son collier d’appartenance et d’amour, son pacte peut avoir été brutalement résilié, elle peut devenir la « départie », l’« éconduite » (comme me le faisait « aimablement » remarquer un commentateur de ma précédente note), elle ne perdra rien de cette beauté qui n’est qu’à elle.
 
Je passe mes doigts autour de mon visage, je scrute mon regard : il est celui de tous mes temps.
Je descends ma main le long de mes jambes. Ma résille crisse un peu.
 
Chant de grillon.
Attente d’une autre chanson…