La domination masculine un documentaire de Patric Jean, 2007, sorti en France en 2009.

Affiche du film-documentaire « La domination masculine » de Patric Jean © UGC Distribution.

 
 
En cette journée du 25 novembre qui a été internationalement celle de l’action contre les violences faites aux femmes et où, en France, le Premier Ministre veut créer en 2010 un délit de « violences psychologiques au sein du couple » qui sera déclaré « grande cause nationale », je ne puis, en tant que femme et féministe, que répéter ici une fois de plus que le BDSM n’entre dans aucune de ces catégories.
Pas plus pour ceux qui en font un mode de vie (le fameux « lifestyle » ou 24/24,7/7) que pour ceux qui y voient une sexualité à part entière, non plus que pour ceux qui s’y adonnent simplement comme à un jeu sensuel de plus dans un érotisme par ailleurs varié.
Une flagellation, une fessée, des coulées de cire, l’art du bondage (ou le reste du catalogue) ne se pratiquent qu’entre adultes consentants.
Corporellement, ils n’ont rien en ce cas d’une « violence physique ».
Et même ce que certain/es aiment et que moi, je déteste, à savoir les jeux d’humiliation, de punition etc. ne sont pas non plus des « violences psychologiques » lorsqu’ils se situent dans le cadre du BDSM « Safe, Sane and Consensual ».
 
Alors, tout est-il pour autant aussi idyllique que ça ?
Si je relis les quelques lignes qui précèdent, on pourrait penser que j’affirme quasiment que le BDSM est l’antidote de cette violence que l’on stigmatisait aujourd’hui de par le monde.
Je ne prendrais pour rien au monde le risque de cette allégation.
Mon premier paragraphe ne tient compte que de la situation qui devrait être de mise, c'est-à-dire une situation saine.
Pour cela, il faudrait être certain que personne ne s’engage dans les voies de la domination parce que - consciemment ou inconsciemment - il a des comptes à régler avec l’autre sexe (je parle ici autant pour les dominatrices que pour les maîtres, après tout en matière au moins de « violences psychologiques » l’apanage n’est pas fatalement celui du masculin).
Il faudrait être tout aussi sûr que personne (femme ou homme) ne se soumet parce qu’il a des comptes à régler avec lui-même (on sait que la personne soumise est bien souvent celle qui dirige le jeu de façon détournée et, en ce sens, son attitude peut provoquer chez celui ou celle qui lui fait face des actes de bord du gouffre pour lesquels il/elle n’était pas réellement  partant/e).
 
Une fois ces choses clairement précisées (et je l’ai fait parce que je ne crois personne à l’abri de rien), je me dois cependant de conclure que ce n’est pas dans le BDSM que j’ai rencontré, autour de moi, des couples dans lesquels une violence conjugale s’exerçait*.
D’un point de vue physique, je peux même aller jusqu’à dire jamais.
D’un point de vue psychologique - car là, les choses sont beaucoup plus subtiles - je dirais presque jamais.
Je ne peux malheureusement pas en écrire autant des couples « vanille » que j’ai côtoyés…
 
 
 
*Je ne m’exprime ici, bien sûr, qu'au nom de mon expérience personnelle et ne peux me prévaloir d’aucune étude sociologique reconnue.
 
 
PS : J’ai choisi pour illustrer cette note l’affiche de l’intéressant documentaire de Patric Jean, sorti en salles ce jour, « La domination masculine », qui traite - entre autres - des violences conjugales mais surtout du sexisme, de ses clichés qui ont la vie dure et qui ne cessent de renaître renouvelés (cf le succulent passage du film consacré à Eric Zemmour, notre franchouillard « masculiniste » revanchard).