BDSM Moonlight Spanking.

Dessin de Frank Frazetta.

 
 
Quand Novembre parfois prend ses quartiers d’hiver, ceux-ci peuvent emprunter des chemins BDSM…
 
 
 
Une lune énorme balaie la plaine qui paraît outremer sous son halo. Très basse, elle rase à vif pareille à une arme blanche.
Froid de l’automne qui pique. La buée du véhicule ne réchauffe plus depuis longtemps  l’habitacle.
Situation pas vraiment confortable.
Mon ventre qui vient frotter contre la toile de ton jean.
Mes fesses, dépouillées à la hâte d’un jupon de velours et de la conque moulante du collant abaissé, frémissent, gémissent, rougissent sous tes mains.
Compter. Jusqu’à douze. Douze coups. Douze coups pour minuit.
Et, quand je relève enfin la tête, ton regard dur comme le gel le plus sec. Et mon regard comme des perles noires humides. L’un l’autre taillent, semblables à des couteaux, défi, échange suspendu entre l’intransigeance et l’abandon.
On doit tout se dire.
On ne peut pas tout se dire.
On doit tout se dire.
On ne peut pas tout se dire.
Il faut garder des fantasmes pour encore et encore. Pour l’après.
 
Il m'en faut du courage ou de l’inconscience pour sortir m’appuyer contre le capot de la voiture afin de fumer. Seule. Telle une naufragée.
Habillée un peu de guingois.
On ne doit pas tout montrer.
On ne peut pas tout montrer.
On ne doit pas tout montrer.
On ne peut pas tout montrer.
Et puis, il fait trop froid.
Mes mains pourtant, sous mon jupon, d’un geste bref, ôtent la carapace de fils de nylon du collant, la culotte de soie fripée, font valser le jupon lui-même par-dessus tête et, dans ce mouvement de ballerine qui emporte avec lui le pull aussi, dans cet éventail tournoyant, cette rapide arabesque, ce soleil de nuit, j’offre à tes yeux deux lunes rouges, deux globes écarlates, deux sphères incandescentes.
 
Je sais que tu m’observes de l’intérieur. Et je pense.
Quelle étrange transe... en danse !