L COMME LARMES...

Il m’arrive de pleurer.

Oui.

Je parle de pleurer en « jouant ».

Pas comme tout le monde, quand j’ai du chagrin, bien sûr…

 

Pendant longtemps, les larmes, dans le jeu BDSM, furent même mon seul « mot de passe », c’est à dire mon signal d’arrêt.

Maintenant, peut-être parce que je suis consciente de franchir parfois de manière inopinée certaines de mes limites et que je sais que mes certitudes des débuts vis à vis de mes propres réactions ont été quelque peu bousculées, je ne me contente plus de ces larmes qui ne surviendraient pas forcément quand il faudrait et je me suis donné un de ces « safeword »( je suis aussi quelquefois très dans la norme SM !!!!).

 

Pleurer, c’est quoi ? Cela peut être deux choses : un  pic atteint de douleur qui fait que la notion de plaisir s’évapore et donc que l’on plonge dans le négatif ou alors c’est un trop plein d’émotions, un défoulement mental qui peut donner de véritables fontaines de sanglots….

Curieux rapports que ceux du BDSM en définitive où le physique et le cérébral peuvent ainsi parfois conduire au même résultat.

Il existe donc ces larmes de douleur, de demande de grâce et puis les autres, celles de « cette chose » qui s’évacue de vous et qui est sortie d’on ne sait où…

 

Masochiste, mais oui !! Et des années pour oser enfin me le dire à moi-même, me distinguer comme telle. Simplement. Et tout réside dans ce simplement. Qui signifie que dans ma tête, je me « déclare » aujourd’hui masochiste comme je me déclare gourmande, activiste, ironique, paresseuse, tendre etc… De la même façon enfin tout simplement, puisque cela fait partie de moi et que mon masochisme n’a pas plus d’importance que mon ironie ou ma tendresse. Il est l’une de mes lignes conductrices, c’est tout…. J’essaierai d’ailleurs un jour, parvenue à la lettre « M », de parler un peu mieux ou du moins plus précisément de cela.

 

 

Vous dire que c’est ce weblog qui m’ a amenée à….

Enfin, dès le premier (weblog), le voyage en moi-même avait débuté et même avant, sur  ce chat… Les points communs entre les trois étant des données d’écriture…

 

« L’écriture est un antalgique, pas une thérapie » : ces mots résonnent pour toujours en moi mais non, il n’avait pas raison celui qui les écrivit ! L’écriture est une thérapie puisqu’elle amène vers soi…à travers le fait de se dire.

 

Ecrire aura donc servi à cela, à la même chose que les larmes ; sans doute avais-je commencé à l’entrevoir sitôt fini l’Abécédaire sur AURORAOULEWEBLOGVOLE et qu’il avait bien fallu l’utiliser alors, ce blog, pour autre chose….

Et puis aussi, pour en revenir à la Genèse, ma « mise à la porte » du Jardin d’Eden (Là-bas…) a été un vrai drame pour moi parce qu’elle me suspendait dans un élan à peine pris. Un élan d’écriture. Un élan de « thérapie ». Un élan de connaissance.

 

Mais pour finir, ce fut la question primordiale de la forme définitive qu’il fallait donner à ce blog-ci qui fut la plus importante. Parce que d’une certaine manière, pour la première fois, je me suis retrouvée seule avec les rênes en main pour parler de tout ça….Pour différentes raisons, d’un texte à quatre mains sur le premier blog, nous en sommes arrivés à celui-ci où 80% des textes sont de moi…

Et qu’ « AURORA » est le weblog d’une femme aimée et qui se sait aimée, d’une femme qui se sent enfin belle et désirable. Pour la première fois de sa vie. Et qu’alors son masochisme devient possible à « nommer », à « reconnaître » puisqu’il n’y a aucune forme expiatrice de qui sait quoi en lui….

Et que ce n’est pas lui seulement (et de façon très claire de part et d’autre) qui nous « fonde », M. et moi, comme couple…

 

Alors ? Alors, aussi, parfois, des larmes de bonheur !