"Bashung, Vertige de la vie" une biographie de Pierre Mikaïloff - Editions "Alphée - Jean-Paul Bertrand" - Août 2009.

« Bashung, Vertige de la vie » une biographie de Pierre Mikaïloff - Editions « Alphée - Jean-Paul Bertrand » - Août 2009. (Scan de couverture).

 
 
 
« J’veux tout réécouter
Vaguement brisé
Sur une plage alcaline. ».
Alain Bashung et Boris Bergman - « Alcaline » sur l’album « Novice » -1989.
 
 
14/09/2009, au sixième mois de l’absence…
 
 
Le temps est venu à présent de tout réécouter.
Je le ferai toujours avec les mêmes sentiments vierges que ceux qui me parcoururent lors de mes premiers voyages dans les albums de Bashung mais je m’aperçois qu’il ne me déplaît point d’avoir un guide, un passeur, pour accomplir ce trajet d’amour.
 
Pierre Mikaïloff, avec sa biographie « Bashung, Vertige de la vie », parue le 29 août dernier aux éditions « Alphée - Jean-Paul Bertrand » avec une préface de Boris Bergman, peut être celui-ci.
Son livre a un mérite incomparable, celui de laisser la place à l’immense artiste qu’il aborde, sans n’intervenir d’aucune façon pour se mettre en avant.
Ceci tient certainement au fait que Pierre Mikaïloff est musicien et non journaliste avant toute chose et que, s’il a déjà consacré des livres à des « pointures » de la chanson française (je ne connais pour ma part que ceux sur Françoise Hardy, Noir Désir et Bertrand Cantat), il l’a toujours fait dans une position d’ « écrivain ».
 
Il déroule pour nous, dans un ouvrage de 444 pages, ces « kilomètres de vie en rose » dont nous ne savions pas forcément tout.
Des galères et des vaches maigres des débuts avec la dose d’espoir qui ne quitte jamais Alain Bashung, en passant par le temps de la gloire médiatique, des premiers albums et du succès public, ce succès à la fois bien et mal vécu qui met le chanteur « toujours sur la ligne blanche », jusqu’à l’époque de l’indépendance artistique, celle des plus beaux et des plus grands C.D. du leader de la « petite entreprise », nous vivons chaque moment avec celui qui fut le protagoniste de l'épopée et non à travers un filtre.
 
On apprend l'essentiel de ce que fut la méthode de travail de Bashung et de ses variations au fil du temps mais aussi des errements qu’apporte la gloire (trop d’alcool, trop de nuits d’insomnies, une cirrhose etc.).
Pour cela, Mikaïloff ne « romance » pas: il s’appuie sur une compilation exhaustive qu’il a réalisée de tous les entretiens que Bashung voulut bien accorder à la presse, à la radio ou à la télévision (j’ignorais, pour moi, les huit dixièmes de ceux-ci).
 
C’est le chanteur lui-même qui nous livre ses secrets.
Secrets de chanteur : aucun ragot fallacieux, aucune intrusion malsaine dans la vie privée de Bashung ici.
Cette biographie respecte entièrement dans son vœu celui qui se voulut un sphinx quant à son intimité.     
 
Mais pour le reste, le choix des musiciens, des paroliers, des textes, des lieux d’enregistrement, des tournées, des concerts, rien ne manque à l'appel.
 
Et ce livre, de plus, replace le chanteur dans son époque et la société qui évolue au fur et à mesure qu’il avance dans sa carrière.
Or, Bashung, sous son hermétisme apparent, a été sans doute le chanteur des trente dernières années qui s’est le mieux inscrit dans son temps.
Il était de bon ton de le rappeler : les vrais poètes sont toujours des gens utiles.
Merci à Pierre Mikaïloff de n’avoir pas oublié de le faire.
 
Clarifier, toujours clarifier, tel est le but de Pierre Mikaïloff : le sens des paroles des chansons quant on le peut, la démarche artistique de Bashung dans toutes ses acceptions (une excellente analyse de ses prestations au cinéma est à remarquer par exemple).
 
Pierre Mikaïloff y réussit à merveille et nous donne le Bashung que j’attendais en ses pages : un Bashung comme je l’ai aimé et qu’il me restitue vivant, tel que je le « connus », à chaque ligne.
Livre sobre, personnel mais juste, complet et sans chichis : une biographie vraiment très réussie.
Un grand coup de chapeau à son auteur.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
NB : Une autre biographie d’Alain Bashung, « Bashung(s), une vie » par Marc Besse des "Inrockuptibles" vient de paraître aux Editions Albin Michel le 10 septembre.
Le hasard de ma maladie a fait que j’ai lu les deux à la file. Je ne pense pas que cela ait grand intérêt en soi.
De toute façon, les « aficionados » auront à cœur de se procurer ces deux « indispensables » (pour des raisons diverses).
Mais qu’ils y mettent un peu de distance temporelle sera une bonne chose.
Je « chroniquerai » donc sur ce blog le livre de Marc Besse le mois prochain seulement.