BDSM Esclavage Photographie de Nobuyoshi Araki.

Photo © Nobuyoshi Araki.

 
 
Quelques personnes (et je m’intéresse pas ici aux Goréens qui sont immergés dans leurs légendes et psaumes) vivent le BDSM comme une relation d’esclavage. Consenti.
On pourrait en faire des tonnes.
Rappeler l’Histoire avec un grand « H ». Lancer des anathèmes.
Ou bien s’interroger, essayer d’expliquer.
Ou encore, en quelques mots, juste une page d'écriture, tenter de se mettre dans la peau de ces deux-là (que j'aime puisqu'ils sont nés de ma songerie) qui leur ressemblent un peu.
L'une chosifiée, l’autre…désemparé.
Deux qui ne reflètent que « ma » façon de voir et qui ne sont que le produit de mon imagination.
 
Et quand j’ai eu terminé d’écrire, c’est cette photo d’Araki qui s’est imposée…
 
 
 
 
Elle serait étendue sur un lit aux draps blancs, d’une candeur totale, presque anomale, immaculée, des draps jamais utilisés, aussi blancs que sa peau, draps d’eau.
Albâtre, immobilité, retenue, contenue.
Ou bien comme un oiseau touché en plein vol, elle serait étendue à même le sol, quelques traces de pas y auraient apporté au fil des soirs un peu de terre noire, aussi noire que ses yeux de jais, terre des marais.
Marbre, fixité, gardée, regardée.
Et ses mains liées peu à peu deviendraient de verre et son sexe offert lentement se transformerait en pierre…
 
Reste là, reste paisible, tranquille, reste dans ta boîte aux parois transparentes.
Comme une barque vers une île, reste figée en mon attente.
Pour moi, c’est tellement plus facile. Comme une stratégie habile.
Je te détiens comme une icône accrochée quelque part dans le lieu le plus secret de ma maison.
Face à ton silence, ma domination, mon pouvoir. Pour toi, ni loi, ni foi autres que ma raison.
Je te vénère en t’ordonnant de me vénérer. C’est le jeu à l’envers mais tu dois l’ignorer.
Je n’ai pas le courage de te vivre. Je n’ai pas la force de te reconnaître.
Je disparaîtrais si tu étais libre. Je mourrais si d’esclave, tu te changeais en être