BDSM et soumission dans l'art Le Donne Cane de Malena Mazza 2009.

BDSM et photographie Les Femmes Chiennes de Malena Mazza 2009.

BDSM soumises L'art de Malena Mazza Les Femmes Chiennes 2009.

BDSM et Art Le Donne Cane photographies de Malena Mazza 2009.

BDSM et Photographie Les Femmes Chiennes de Malena Mazza exposition sponsorisée par Playboy 2009.

Toutes les photographies © Malena Mazza.

 
  
La plupart des soumises qui, dans leur BDSM, s’appellent ou se laissent appeler « chienne » m’ont toujours laissée dans la plus grande des perplexités.
Je ne trouvais pas dans leur attitude ce que je ne sais quoi de distance nécessaire pour que l’on sache bien qu’il s’agissait de jeu.
Je me rappelle notamment deux pseudos d’autrefois, sur le chat d’il y a sept ans, pseudos que je transformerai quelque peu (histoire de ne pas avoir…d’histoires justement), « fille-chienne » et « chienne-des-prés ».
Autant qu’il m’en souvienne, leurs aventures canines avaient mal fini.
 
Il faut beaucoup de recul.
Il faut beaucoup de respect de part et d'autre.
Il faut beaucoup de confiance en soi et en l’autre pour jouer avec des mots comme celui-ci.
Il ne faut pas se tromper sur l’une ou l’autre de ces « confiances », ne pas tomber dans le piège d’un tel pseudo par manque d’estime de soi que l’on croit exorciser en faisant dans la surenchère, ne pas tomber dans le piège de s’abandonner totalement à n’importe qui, quitte à s’animaliser pour celui-ci comme preuve de ferveur et de dévotion.
Ne jamais oublier que les amours, les liaisons, les relations BDSM comme les autres peuvent s’achever un jour.
Et si l’on s’y est mise plus bas que terre, si l’on s’y est faite chienne, c’est dans la gamelle qu’on se retrouve à se ramasser en petits morceaux.
 
Tout le monde n’a pas cette autoprotection pour pouvoir user de ce mot de « chienne » à la manière sublime dont Léo Ferré le faisait sien :
« Nous sommes des chiens de « bonne volonté »
Et nous ne sommes pas contre le fait qu'on laisse venir à nous certaines chiennes
Puisqu'elles sont faites pour ça et pour nous ».
Il est des « Maîtres » qui ne sont pas de « bonne volonté », il est « certaines chiennes » qui ne sont pas de force à les affronter…
 
Malena Mazza a eu plusieurs vies.
Au tout début des années 80, tout juste sortie de l’institut d’Etudes Cinématographiques de Milan, elle collabora comme assistante à la mise en scène sur des films d’Antonioni et des frères Taviani.
Puis le virus de la photographie qu’elle avait contracté adolescente la reprit et elle troqua une pellicule pour l’autre.
 
Photographe de mode, photographe d’art, elle est un peu tout à la fois, brillamment, et c’est ce qui la fait connaître internationalement.
Depuis les années 2000, elle explore les territoires de la féminité et donc de l’Eros, quelquefois avec une pudeur extrême, quelquefois de façon plus transgressive comme avec cette exposition « Les Femmes Chiennes » (Le Donne Cane) qui se tient jusqu’au 31 mai dans le cadre du Festival « Magic Moment », Via  Fiori Chiari, 3,  à Milan.
 
J’ai longtemps hésité à passer ces photographies, de peur qu’elles n’arrivent sous des yeux qui les prendraient au premier degré.
Non pas les yeux de « tout le monde » qui en dégageraient dès le premier regard toute l’ironie subreptice, toute la démarche artistique des éclairages et des ambiances mais des yeux BDSM hélas, qui risqueraient d’y lire seulement leurs propres certitudes en béton armé.
 
Il faut connaître un tant soit peu un photographe pour savoir lire les jalons de son parcours.
En 2001, un album des clichés de Malena Mazza s’intitulant « Senza baby-sitter » (« Sans baby-sitter ») montrait des femmes vivant la maternité au jour le jour avec tous les tracas et les remises en cause que cette arrivée de l’enfant impose.
Il fut préfacé par Dario Fo, le Prix Nobel italien que l’on peut sans mal classer à l’extrême de l’extrême-gauche.
On ne soupçonnera donc pas Malena Mazza de vouloir « avilir » les femmes dans cette série des « Femmes Chiennes ».
D’autant plus que cette exposition s’organise sous le sponsoring de « Playboy » et que cela explique mieux ce clin d'oeil « mi-chienne mi-Bunnie » taquin que l’on retrouve sur certaines photos.
 
S’il y a une idée de soumission dans ces clichés, elle contient plus de provocation et de malice qu’autre chose.
Au-delà des « modèles », c’est tout le décor, le design d’objets d’art et de mobilier sophistiqué qu’il faut voir et à travers celui-ci, imaginer qui elles peuvent être au quotidien selon Malena Mazza.
Ces femmes-là sont assez indépendantes, maîtresses de leur vie pour ne pas s’en laisser compter.
Si sûres d’elles-mêmes et de leur pouvoir qu’elles peuvent donner libre cours à leur « animalité » l’espace d’un instant.
On ne les humilie pas, elles ne s’humilient pas, elles font simplement leur petit théâtre de séduction amoureuse sans règles ni frein.
Prêtes l’instant d’après à échanger les rôles ou à changer de rôle et redevenir l’une femme d’affaires, l’autre poète et la troisième… photographe peut-être.
Cela se lit dans leurs regards.
 
Je ne passe jamais sur mon blog (à part dans mes billets d’humeur et en le spécifiant clairement) d’images d’artistes dont le travail me choquerait.
Or, l’humiliation est ma limite à moi, la seule que je ne franchirai jamais.
Et si elle devait malgré tout un jour passer ma porte, je la passerais aussi dès lors mais en sens inverse…
 
Malena Mazza a toute mon approbation pour ses « Femmes Chiennes » de par le soin détaillé qu’elle apporte à des images toutes de glamour et d’humour sensuel.
Si le jeu érotique ici mis en scène est vraiment tout proche du BDSM, c’est d’un BDSM comme je l’entends dont il est question, celui où les femmes sont protagonistes de leur choix et non victimes.