BDSM Bondage Alliée liée photo de James Mogul.

Photo © James Mogul.

 
 
 
Longtemps, sur tous mes textes personnels, ceux que je dédie à M., j’ai respecté le code BDSM de la majuscule à Tu, Te, Toi etc.
Je ne le faisais pas en retouchant mes premiers jets, j’avais adopté cette convention tout naturellement.
Je m’aperçois que sur celui de ce soir ainsi que sur celui qui le précédait, je ne l’ai pas fait.
Tout aussi naturellement.
Je ne retoucherai pas plus que je ne l’ai jamais fait. Sans doute est-ce une évolution, une façon de me sentir, due au sujet aussi.
Quand je suis liée, je me sens alliée, pas aliénée…
Et puis, en quoi un poème d’amour BDSM devrait-il être différent d’un autre poème d’amour ?
 
 
 
 
A force de te regarder,
A force de te regarder me regarder,
Je ne m’observe plus que du coin de l’œil.
 
Parfois, je suis comme un nuage qui ne pleut pas,
Et telle Pénélope, je tisse ma toile
Dans les liens qui me lient,
Alliée liée,
Alliée née
De toi,
Ma toile de soie,
Ma toile de moi,
Couleurs,
Douleur.
 
Regarde, regarde passer le rouge, le bleu et le jaune…
Regarde passer les fils de l’émotion,
Ceux de la nostalgie,
Ceux des larmes,
Ceux de la joie présente,
Des brûlures,
Des impulsions,
Ceux de la suggestion…
 
Le fil de fer aussi
Qui me fait soldat de plomb
Et moi qui ne hais rien
Autant que la faiblesse
Je fondrais pour toi
S’il le fallait…
 
Je suis aussi souvent
Quille d’un navire de guerre,
Armée jusqu’aux dents,
Porte noire de l’enfer
Et encore fille recluse
Dans une caverne
Où je jeûne
Mais où je ris
Sans faire de bruit…
 
Regarde, regarde passer le blanc, la nacre et l’orange…
Regarde passer les tiges des bouquets,
Je suis enchantement de lys
Et de roses
Posé sur ton lit
Mais aussi
Une liaison dangereuse
Entre l’aiguille et le fil…
 
Je peux être l’ensemble de ces choses
Et presque toutes les autres que tu sais
Mais je ne peux jamais me passer de tes yeux.