Blutch (Christian Hincker), 36ème Grand Prix du Festival de la Bande Dessinée d'Angoulême 2009, scan d'une page de "La Beauté" album aux Editions Futuropolis 2008.

BDSM Erotisme Blutch "La femme ligotée" dans "La Beauté" album aux Editions Futuropolis, 2008, Grand Prix 36ème Festival de la Bande Dessinée d'Angoulême 2009.

Scans de l’album « La Beauté » © Blutch et Editions Futuropolis.

 
 
 
Blutch (le Strasbourgeois Christian Hincker né en 1967) vient d’être couronné du 36ème Grand Prix du Festival d’Angoulême n ce dimanche.
Je l’ai découvert grâce à « Peur(s) du noir », un film d’animation qu’il a co-réalisé l’an passé.
 
Voulant en savoir un peu plus ensuite, je suis allée chez mon libraire qui m’a proposé alors un étrange album qui venait de sortir : « La Beauté » aux Editions Futuropolis.
Blutch s’y livrait -m’a-t-il expliqué- abandonnant pour la première fois  toute référence aux stricts canons de la bande dessinée, à une « collection » de planches en trois couleurs sur ce thème.
 
Et ce fut en effet très beau et très troublant de s’aventurer dans ces pages-là.
Car c’était d’une beauté à l’érotisme bizarre, captif et captivant, surréaliste, onirique, qu’il s’agissait.
Artistique. Mais d'un esthétisme déroutant.
Par moments, j’ai pensé à Balthus.
Et à d’autres, je n’ai pu m’empêcher de songer au BDSM, pour ce corps qui rampe (scan 1) pour une femme que l’on voit sur une autre planche traînée par les pieds où pour celle-ci encore, ficelée au milieu d’un salon (scan 2).
 
Il n’y a aucune histoire à laquelle se raccrocher dans « La Beauté ».
Chacun invente ce qu’il veut.
 
Comme avec la peinture.
 
J’ai toujours beaucoup de mal avec l’univers de la bande dessinée.
Ainsi que Françoise Giroud l’expliquait dans ses Mémoires, ayant été élevée en « lectrice », je m’attache à ce qui est écrit dans les bulles et je zappe les détails qui font toute la richesse des illustrations.
 
Aussi « la Beauté » a-t-elle été une parfaite introduction à Blutch pour moi.
Je n’y étais pas en terrain inconnu.
Je m'y trouvais comme devant des tableaux.
Un musée très particulier.
 
Si vous ne connaissez pas encore Blutch, que ce Prix soit l’occasion de vous intéresser à lui…
 
 
 
 
 
PS : Quelques pistes vivement conseillées:
 
« La Beauté » est le dernier volet d’un triptyque chez Futuropolis : « C’était le bonheur » et « La volupté » (qui sont, elles, des BD au sens plus large) précèdent ce volume.
« C’était le bonheur » est absolument poignant et remarquable, il y a dans cet album un quelque chose qui nous parle de très près, de nos toutes petites vies...
Par ailleurs l’opus de ses débuts, « Waldo’s Bar » -chez « Fluide Glacial »-, est une petite merveille qui flirte entre l’univers jazzy et celui de Cassavetes…