A quelques dizaines de minutes des vœux présidentiels (pour les nôtres, vous attendrez un peu plus tard !), je voulais y aller d’une tirade anti-Sarkozy sur mon autre blog.

Et puis, non.
Ce serait bien vain, somme toute, que de résumer cette année 2008 en trompe-l’œil et d'en faire le terrible état des lieux…
De me lamenter que seuls les lycéens se soient battus tandis que nous avons tout accepté -laissant aux syndicats (quand on sait ce qu’ils valent)- le soin de négocier ce qui était déjà tout emballé.
Alors, oui, le chômage monte, il y a urgence aux Urgences et l’ensemble du tableau (fort chargé) se résume à deux P et deux M : Pauvreté et Précarité, Mainmise et Manipulation.
Et comme il n’y a aucune raison que cela change en 2009 puisque nous n’avons pas changé, ce que moi j’ai à dire, je vais le dire autrement.
 
 
Il y a une chanson que l’auteur-compositeur italien Lucio Dalla sortit en 1978 (bien avant « Caruso » qui est son seul titre connu en France).
C’est « L’anno che verrà » (« L’année à venir ») que l’on appelle parfois aussi « Caro amico, ti scrivo… ». 
Dalla étant le plus atypique des chanteurs italiens, maniant l’ironie et le désespoir comme pas un, vous devrez me croire sur parole si je vous dis que ce texte -que j’ai fort laidement traduit car y changer un seul mot pour le faire rimer lui aurait ôté tout son sens- est un texte politique et qu’il n’a pas pris une seule ride…
 
Mais aussi qu’il est mon drapeau.
Comme celui de beaucoup d’Italiens qui ont à souffrir, eux, de Berlusconi et qui écrivent sur YouTube que jamais cette chanson n’a été aussi vraie qu’en cette fin d’année 2008.
 
A écouter, lire et comprendre entre les notes, entre les lignes donc...
 
 
 
 
Cher ami, je t'écris, comme ça je me distrais un peu
Et puisque tu es très loin je vais t’écrire plus fort.
Depuis que tu es parti il y a une grande nouveauté:
L'année dernière est terminée désormais
Mais quelque chose ici ne va toujours pas.
 
On sort peu le soir, même quand c'est la fête
Et certains ont mis des sacs de sable tout près de leurs fenêtres.
On reste sans parler des semaines entières
Et à ceux qui n'ont rien à dire,
Il en reste du temps!
 
Mais la télévision a dit que la nouvelle année
Sera porteuse d'un changement
Et tous autant que nous sommes l’attendons déjà:
Il y aura trois Noëls, des fêtes tous les jours,
Chaque Christ descendra de sa croix
Même les oiseaux seront de retour.
 
Il y aura à manger et du soleil toute l'année
Même les muets pourront parler
Alors que les sourds le font déjà.
 
Et on fera l'amour, chacun comme ça lui plaît,
Les prêtres aussi pourront se marier
Mais seulement à un certain âge.
Et sans grands désordres, quelques-uns disparaîtront:
Ce seront peut-être les trop fourbes
Et les crétins de tout poil.
 
Vois, cher ami, ce que je t'écris et ce que je te dis
Et comme je suis content
D'être ici en ce moment.
Vois, vois, vois, vois,
Vois, cher ami, ce que l'on doit inventer
Pour pouvoir rire un peu, 
Pour continuer à espérer...
 
Et puis, même si cette année passait en un instant,
Tu vois, mon ami,
Combien il serait important
Qu'en cet instant je sois là moi aussi...
 
Cette année qui arrive
Dans un an sera passée.
Mais moi je me prépare.
Et c’est ça la nouveauté…
 
 
 
L’ANNO CHE VERRA -LUCIO DALLA- (1978).
 
Caro amico ti scrivo così mi distraggo un po'
e siccome sei molto lontano più forte ti scriverò.
Da quando sei partito c'è una grossa novità,
l'anno vecchio è finito ormai
ma qualcosa ancora qui non va.
 
Si esce poco la sera compreso quando è festa
e c'è chi ha messo dei sacchi di sabbia vicino alla finestra,
e si sta senza parlare per intere settimane,
e a quelli che hanno niente da dire
del tempo ne rimane.
 
Ma la televisione ha detto che il nuovo anno
porterà una trasformazione
e tutti quanti stiamo già aspettando
sarà tre volte Natale e festa tutto il giorno,
ogni Cristo scenderà dalla croce
anche gli uccelli faranno ritorno.
 
Ci sarà da mangiare e luce tutto l'anno,
anche i muti potranno parlare
mentre i sordi già lo fanno.
 
E si farà l'amore ognuno come gli va,
anche i preti potranno sposarsi
ma soltanto a una certa età,
e senza grandi disturbi qualcuno sparirà,
saranno forse i troppo furbi
e i cretini di ogni età.
 
Vedi caro amico cosa ti scrivo e ti dico
e come sono contento
di essere qui in questo momento,
vedi, vedi, vedi, vedi,
vedi caro amico cosa si deve inventare
per poterci ridere sopra,
per continuare a sperare.
 
E se quest'anno poi passasse in un istante,
vedi amico mio
come diventa importante
che in questo istante ci sia anch'io.
 
L'anno che sta arrivando tra un anno passerà
io mi sto preparando è questa la novità.