BDSM Livres « Jeux dangereux » de Melanie Abrams - Editions Calmann-Lévy - 2008.

Scan de la couverture de « Jeux dangereux » de Melanie Abrams - Editions Calmann-Lévy - 2008.

 
 
 
Au début de cette « série », je m’étais fait la promesse de présenter à mes lecteurs un roman qui soit directement en phase avec l’objet de ce blog, un roman traitant de BDSM donc et sorti cette année.
Cela se révèle quasiment impossible en fait tant cette prose est mauvaise.
Ce fut la raison de mon silence d'hier soir. Perplexité.
J’étais pourtant prête à tricher avec les rééditions en poche de l’(ou des) année(s) précédente(s) mais rien n’y fait.
Tous ces livres se ressemblent, ont le même schéma et il serait vain d’y chercher la moindre trace de littérature. 
 
Ce sera donc le choix du « moins pire », un livre qui se lit sans vous tomber des mains, mal écrit certes mais qui a un seul mérite, celui de fonctionner comme un thriller psychologique et qui donne au moins l'assurance d’avoir envie d'en connaître la fin.
 
« Jeux dangereux », premier roman de Melanie Abrams, paru en 2008 chez Calmann-Lévy,  n’a d’ailleurs à mon sens aucune autre ambition que d’être ce qu’il est, un petit livre sur fond érotique, (mal) traduit de l’américain.
La protagoniste est une jeune femme, Josie, étudiante en anthropologie qui accepte un job de baby-sitter le temps de rédiger sa thèse. Elle doit s’occuper d’un enfant socialement inadapté et de sa petite sœur.
Leur mère médecin tente de refaire sa vie. Elle se sent attirée par un chirurgien indien.
Evidemment ( !), c’est du même homme que Josie va tomber amoureuse.
Sentiment réciproque si ce n’est que le monsieur a des goûts érotiques troublants (la première fois qu’il rencontre Josie, il lui dit « Vilaine fille, vous mériteriez la fessée ! »).
Jusque là, nous sommes dans le ridicule le plus abyssal et l’on se demande si ce n’est pas du Barbara Cartland recyclé.
 
Mais les jeux vont devenir réellement dangereux car si Devesh (le chirurgien) a les pieds sur terre, Josie, elle, commence à perdre les pédales et à réclamer toujours plus de violence lors de leurs joutes amoureuses tout en se retrouvant tentée d’exercer la même sur le petit garçon dont elle s’occupe.
Atterrée par son attitude vis-à-vis de cet enfant, elle va se livrer à un long parcours mental avant  que de découvrir dans son passé les raisons qui motivent ce besoin de recevoir ou de donner la discipline.
Dès lors, le lecteur veut savoir lui aussi et lit le livre goulûment.
 
La fin de ce roman débouche sur une explication très freudienne (bonjour, « la scène primale » !) du sado-masochisme chez Josie, conclusion qui n’est (heureusement) pas valable pour tous/tes mais il ne peut en cela y avoir aucune ambiguïté dans les intentions de l’auteur(e) car « Jeux dangereux » n’a nullement la prétention d’être un mémoire ou un essai.
 
Je reconnais avoir passé une bonne après-midi avec ce roman alors que j’étais alitée et fiévreuse.
Je m’aperçois de plus, en le parcourant à nouveau pour faire cette note, que les scènes de BDSM (soft, et qui plairont aux amateurs de fessée) sont plutôt bien tournées et que l’ensemble peut correspondre à mon « cahier des charges » initial si l’on accepte la qualification de ce livre comme ouvrage de pur divertissement.
Mais sûrement pas de texte littéraire même si Melanie Abrams est tout de même Professeur  à l'Université de Berkeley…
 
 
« Pendant les semaines qui suivirent, Josie eut l’impression qu’une baguette magique avait touché la moindre de ses terminaisons nerveuses. Elles vibraient désormais pour un oui ou pour un nom. Parfois, au milieu de la nuit, elle ramassait l’une des menottes cachées sous son lit ; puis elle en caressait le cuir, les boucles et les attaches en métal, et il lui semblait que le monde autour d’elle devenait plus haut en couleur, plus riche en sons, plus stimulant. ».
 
Extrait de « Jeux dangereux » de Melanie Abrams - Calmann-Lévy - 2008 - (page 77).