Totò et Anna magnani: un "baise-pied" hors du commun..

Photo d’archives.

 
 
On le savait depuis longtemps : en BDSM ce sont les pieds des Dominatrices/teurs qui sont l’objet de toutes les attentions.
 
Ah ! Les fabuleux petits (ou grands) petons des Dames Doms…
En paroles tout d’abord : « Maîtresse, je me prosterne à vos pieds », en actes ensuite, le Web regorgeant de photos d’hommes soumis léchant voluptueusement les talons aiguilles ou simplement les orteils de leur « Reine ».
 
Les « dominateurs » ne répugnent pas, eux non plus, à une vénération » de leurs pieds, il y a de nombreux textes là-dessus, ne serait-ce que dans le fameux opus de Patrick Lesage qui demande toujours à la soumise arrivant accompagnée de son mari ou de son « Maître » pour subir les bons offices du « Maître Patrick » en question de s’agenouiller et de baiser ses chaussures.
 
Les soumises ? Nada !
Telles des culs-de-jattes !
Leurs pieds ne sont mentionnés nulle part, si ce n’est dans quelques textes relatant des séances BDSM et narrant une flagellation de la plante des pieds qui peut, c’est vrai, être autrement plus douloureuse que celle d’une paire de fesses.
Pourtant, nous aimerions aussi que l’on n’attende pas seulement de nous que nous soyons comme une chienne…au pied… mais aussi que l’on prenne parfois soin des nôtres, tendrement et pourquoi pas amoureusement, même s’il n’est pas question d’en demander une « adoration ».
 
Aujourd’hui, pour la première fois de ma vie, j’ai eu recours à un pédicure.
Un mauvais cal s’étant transformé en cor (au pied), il m’a semblé qu’un homme de l’art en viendrait plus facilement (et plus hygiéniquement) à bout que si je me lançais dans un « limage » perso où le charcutage était garanti.
Le brave homme a résolu mon problème -hélas pour moi dans la douleur car il a fallu creuser- et m’a ensuite gratifiée d’un long massage huile et crème qui m’a relaxée au maximum et a effacé le désagrément subi.
Cela ne m’était jamais arrivé que l'on s'occupe ainsi de moi et j’ai réellement apprécié.
 
Non seulement je suis sortie enchantée mais en me faisant cette réflexion : dans le BDSM comme ailleurs, toute douleur devrait de facto être suivie d’un acte physique de gratification.
 
Faut-il que le pied ait une importance maligne pour que celles/ceux qui demandent/attendent que l’on rende grâce aux leurs voient en cela le summum de leur pouvoir sur un/e autre et même une forme d’humiliation de celui/celle-ci.
 
Et pourtant les pieds, c’est la base qui porte tout, tout le temps, comme me faisait remarquer le praticien.
La chose est vraie pour la soumise aussi.
Ses pieds sont donc aussi nobles que les autres.
 
Un galant homme -fût-il dominateur- ne devrait pas l’ignorer.
 
Il me souvient soudain de cette image souvent diffusée en Italie où, lors d’une émission de télévision d’antan (comme les neiges si l’on regarde bien de quelle époque elle date), l’immense comédien Totò s’était trouvé en compagnie d’Anna Magnani.
 
Totò, qui avait de la noblesse dans tous ses actes -même si la postérité ne l’a retenu que comme un acteur comique- avait, bien que la soirée lui soit dédiée, voulu faire sentir combien « la » Magnani comptait autant que lui.
Il s’était alors levé et, ayant mis un genou à terre, lui avait ôté sa chaussure pour lui faire…un baise-pied ...tandis qu’elle lui adressait un regard attendri et surpris.
 
Cette note est dédiée une fois de plus à Serge et si vous voulez savoir pourquoi, vous irez voir ici