Cette semaine sera consacrée à des images, des photos ainsi qu’à quelques modestes ressentis passés à l’écrit.
Ceux de toutes les expositions que nous avons visitées jusqu’à hier encore.
Le choix était de les diviser (BDSM or not) entre ce blog et l’autre.
J’ai finalement préféré que l’ensemble de ce carnet de voyage » soit présent ici sous l’intitulé qui figure plus haut…

 

Iris Van Dongen Suspicious V 2008 FIAC 2008 Paris.

The Transition ritual becoming a woman 2007 FIAC 2008 Paris.

 Rona Yelman Melva CV and Bonnie 2008 FIAC 2008 Paris.

Craigie Horsfield Bar 46. Via Monteoliveto Roma 2008 FIAC 2008 Paris.

Jonathan Delachaux Vassili Party 2008 FIAC 2008 Paris.

Robert Mapplethorpe Sex and scorpion 1981 FIAC 2008 Paris.

Vanessa Beecroft vb62 June 2008 Chiesa dello Spasimo Palermo FIAC 2008 Paris.

 
Liste des oeuvres sur les photographies ci-dessus :
 
 
A - Suspicious V - 2008 - © Iris Van Dongen.
 
B -The transition ritual becoming a woman - 2007 - © Auteur inconnu.
 
C - Melrav CV and Bonnie - 2008 - © Rona Yelman.
 
D - Bar 46. Via Monteolivero Roma - 2008 - © Craigie Horsfield.
 
E -Vassili Party - 2008 - © Jonathan Delachaux.
 
F- Femme scorpion - 1981 - © Robert Mapplethorpe.
 
G - vb62 - un cliché de la performance tenue en juin en l’église palermitaine de Lo Spasimo -2008-  © Vanessa Beecroft.
 
 
 
 
L’art est subversif et cela dure depuis la nuit des temps.
Cela dure et cela perdure. Heureusement.
Il « n’est jamais chaste » comme disait Picasso.
Qu’il soit BDSM, c’est une autre affaire.
Mes yeux peuvent le rendre ainsi puisque, somme toute, devant une œuvre chaque regard apporte sa propre lecture, sa propre représentation.
Dans l’édition 2008 de la FIAC, j’ai choisi quelques clichés « volés » -que je vous présenterai ce soir et demain- auxquels je donne cette clé d’interprétation.
Deux remarques : la première, c’est que vous leur en donnerez peut-être (sans doute même) une autre et la deuxième, c’est que nous sommes ici très loin d’épuiser les tableaux, photographies, sculptures etc. que j’ai aimés dans cette foire gigantesque…
Pas plus que je ne lis que ce dont je parle dans ce blog, je n’ai du plaisir à regarder que ce que j’y présente.
 
Sur la FIAC en soi, il y aurait beaucoup à dire et je ne veux pas entrer dans une quelconque polémique sur le « marché de l’art », sur la ligne « éditoriale » que prend depuis deux ans cette immense foire pas plus que sur le prix des billets d’entrée.
La FIAC, les années où elle coïncide avec nos vacances, nous avons pris l’habitude d’y aller dans un esprit de découverte ou de retrouvailles. 
En fait, n’étant pas « acquéreurs », nous la considérons comme un « musée surprise » où nous repérons des artistes  qui nous sont inconnus et où nous « aimons à nouveau » ceux qui nous enchantent depuis longtemps…
 
L’art est subversif, disais-je.
Il peut l’être même dans un lieu comme la FIAC où, quelques heures après l’ouverture, le Parquet de Paris a fait décrocher les photographies d’un artiste russe, Oleg Kulik, accusées de « porter atteinte à la dignité humaine » (le plasticien y pose en chien).
Or, toute cette affaire est ridicule car ces photographies -qui datent pour la plupart des années 90- avaient déjà été précédemment exposées plusieurs fois à Paris et une exposition de Kulik est actuellement en cours à la Galerie Rabouan-Moussion.
 
Même si l’on n’apprécie pas (c’est mon cas) le travail de cet homme, on ne peut qu’être révolté.
Le nouvel ordre moral français, la censure commencent à devenir vraiment pesants.
Qui sait si, une autre année, nous pourrons revoir les images que « j’expose » sur mon blog en cette nuit ?
 
C’est la beauté d’un tableau d’Iris Van Dongen présenté chez Cosmic Galerie qui ouvre le bal. L’artiste néerlandaise, née en 1975, est une habituée des grandes toiles où elle peint des femmes, fortes ou évanescentes, saisissant à chaque fois l’un des aspects de l’âme féminine.
Ici, dans ce « Suspicious V », que veut faire le modèle de la corde qu’elle tient, la tend-elle pour en être ceinte et bondagée ou bien au contraire s’apprête-t-elle à attacher ?
Le trouble s'installe à la regarder...
 
Autre tableau d’artiste femme, autre image de rubans ou de cordes dans le second tableau, bien plus naïf, « The transition ritual becoming a woman » dont j’ai malheureusement égaré et le nom de l’artiste et celui de la galerie qui la représentait et exposait sept de ses toiles (si quelqu’un a une info, elle sera immédiatement créditée).
Le thème du rituel de la féminité, du passage initiatique à l’état érotique de femme, est en tout cas fort bien mis en valeur sur cette toile de taille fort modeste quand on est devant elle.
Quant au bondagerite en soi, il peut être l'une des interprétations de ce tableau...
  
Rona Yelman, artiste plasticienne israélienne, née en 1972 et exposée par Sommer Contemporary Art joue de toutes les citations.
Ici, le masque de latex, cher au BDSM, pour qu’un personnage puisse se transfigurer en la Faye Dunaway de « Bonnie and Clyde ».
Clin d’œil et humour bienvenus chez une artiste qui manie toujours dérision et tendresse et dont la renommée commence à dépasser son pays  !
 
Masque encore, BDSM ou vénitien, pour cette photo prise dans un bar de Rome (elle fait partie de toute une série) par le très renommé Craigie Horsfield né en 1949, invité à la FIAC cette année par la galerie Monica de Cardenas mais qui a déjà été exposé en 2006 au Jeu de Paume à Paris avec une session « rien que pour lui »…
Horsfield sait s’emparer des instants et les magnifier sur pellicule. Il n’a plus rien à prouver.
 
Masques toujours et cette fois-ci bien comme dans le BDSM où fleurissent les noms d’animaux parmi lesquels ceux de chienne ou de truie. 
Pour les illustrer, Jonathan Delachaux né en 1976, artiste suisse émergent doté d’imagination et de talent, méritait bien une place ici avec l’une des photos de sa toute récente série « Vassili party »…
 
Ce n’est pas le registre animalier mais une pointe de regret toujours aussi douloureux tant d’années après qui me fait passer ici cette femme au sexe de scorpion ou ce scorpion sur sexe de femme, dus à ce géant de la photographie que fut Robert Mapplethorpe en son génie jamais égalé pour mettre en scène l’érotisme et la sensualité.
  
Et enfin, vu chez Cosmic Galerie à nouveau, une image de « vb62 », la dernière performance de l’extraordinaire Vanessa Beecroft, née en 1969, qui produit depuis des années maintenant -à travers des happenings photographiés ou filmés- des tableaux vivants de femmes.
Elle a réalisé celui-ci en juin 2008 en l’église dite de Lo Spasimo à Palerme, mêlant 27 femmes et -pour la première fois- treize statues de plâtre dans une scénographie digne de la Renaissance Italienne.
 
Il y a dans le BDSM et dans la dignité de la soumise quelque chose de statuaire -je l’ai toujours remarqué chez celles qui l’étaient très fort « en elles » (c’est en cela que la sculpture est l’art qui montrerait le mieux l’essence du SM mais elle traite rarement de ce thème)- et c’est donc sur cette œuvre de Vanessa Beecroft que j’ai voulu clore ma page de ce soir…