Je finirai, tôt ou tard, la semaine prochaine sans doute -puisque j’ai encore quelque chose d’autre à dire demain- par reparler de BDSM.
Je ne sais pour combien de temps après l’anniversaire de ce blog en septembre car, comme je l’ai déjà évoqué, je m’y trouve présente de plus en plus comme sur une côte mal taillée, à sembler accorder une importance excessive à quelque chose qui n’en a qu’une très relative dans les temps que nous traversons.
Les mois passent et font que je me sens chaque jour plus antisarko que BDSM, que l’urgence me paraît pencher du coté politique, que c’est de cela dont il est utile de parler et d’écrire.
C'était plus facile de vivre ça sur U-blog où je tenais deux lieux de parole tandis qu'ici, j'ai le sentiment de devenir schizo: quand je parle de BDSM, j'ai l'impression de contribuer à la fausse légèreté de l'époque, quand je parle de ce qui me tient à coeur, j'ai l'impression d'emm.... ceux qui ne viennent pas pour ça.
 
Alors, malgré tout, parce que c'est tout de même « chez moi », quelques liens avec les dernières pétitions que j’ai signées.
 
I - La première en faveur de Marina Petrella.
J’ai « soldé » ici même en mai mes comptes avec les années de plomb italiennes. Si vous vous en souvenez, j’ai expliqué que je serais -à titre tout à fait personnel- en faveur d’une amnistie totale mais que les Italiens ne sont pas encore prêts à accepter celle-ci.
J’ai développé que c’était fort dommage car ce qui eut lieu alors fut une forme larvée de guerre civile et que la France, par exemple, amnistia le 31 juillet 1968 tous les crimes de la guerre d’Algérie, ne faisant en cela qu'entériner deux décrets déjà signés lors …des accords d’Evian de 1962.
Or, les années de plomb datent, elles, d’il y a trente ans.
Il serait vraiment temps de les clore.
Mario Moretti qui assassina Aldo Moro est libre depuis des années.
C’est peut-être terrible à dire mais s’il était encore en prison, cela ne ferait pas revenir l’homme d’Etat qui me fut si cher.
 
François Fillon a signé en juin le décret d’extradition de Marina Petrella, ex-activiste de la colonne romaine des Brigades Rouges, réfugiée en France depuis des décennies sous la protection de ce que l’on nommait la Doctrine Mitterrand.
Comme Cesare Battisti (actuellement en prison au Brésil après avoir fui la France dans les mêmes circonstances), comme Paolo Persichetti qui purge sa peine en Italie où il a été rapatrié par notre justice, Marina Petrella avait refait sa vie chez nous et eu une seconde fille, âgée cette année de 10 ans.
Aujourd’hui, elle se laisse mourir dans sa geôle de Fresnes, refusant de recevoir même ses intimes afin que l’on ne rende à l’Italie que son cadavre.
Sarkozy se targue d’avoir sollicité sa grâce auprès de Berlusconi (lequel vient tout récemment de faire voter une loi qui assure l'immunité à tous les hommes politiques poursuivis pour quelque délit que ce soit).
C’est bien mal connaître, de la part de Sarkozy, les arcanes des lois italiennes qui n’accordent ce droit de grâce qu’au Président de la République, Giorgio Napolitano en l’occurrence, homme peu enclin au « retour » sur les décisions judiciaires des années mentionnées.
Par ailleurs la législation italienne veut que les condamnés par contumace n’aient pas droit à un second procès.
La condamnation de Marina Petrella fut prononcée en un temps où régnaient des lois d’exception pour ce qui concernait les actes de terrorisme.
La renvoyer (elle comme quelques autres dont le nom est en attente sur des listes franco-italiennes) là-bas signifierait lui laisser payer une peine d’au moins 25 années (ceci si tant est qu'elle obtienne une remise pour bonne conduite car sa condamnation à ce jour est la prison à vie).
Et elle a 54 ans aujourd’hui…
 
A travers la voix de Mitterrand, la France avait donné à ces réfugiés une parole.
On peut juger qu’il avait bien ou mal fait mais on ne peut pas reprendre cette parole comme le fait l’actuel gouvernement ou comme l’avait fait celui qui le précédait.
De plus, Sarkozy ayant réitéré sa promesse d’accueillir tout FARC dissident lors du retour d’Ingrid Betancourt et bien qu’il y ait peu de chance que l’on en voie apparaître un l’un de ces jours avec sa petite musette, la situation est pourtant tout bonnement ridicule lorsqu’on la pose en parallèle avec la vie en suspens de cette femme…
C’est sans aucun état d’âme que j’ai signé pour Marina Petrella il y a quelques semaines déjà.
 
II – La pétition contre le fichier Edvige qui se propose de recenser tout militant associatif, syndical, toute personne active d’une façon ou d’une autre sur le terrain social avec ses habitudes, particularités et même ses tendances sexuelles.
Une véritable menace qui plane sur les libertés individuelles.
C’est le même fichier qui s’emparera des noms des enfants considérés comme potentiellement délinquants (par qui ? sur la base de quoi ?) à partir de leurs treize ans.
A l’heure où nous venons de nous faire épingler par l’ONU quant à notre dérive en matière de droits de l’homme, voici une belle invention sarkozienne de plus qui nous met sur la route de Big Brother (au cas où nous n’aurions pas encore vu là où nous allons).
Pour ne pas voir Edvige naître, c’est ici qu’il faut signer.
 
 
III – Enfin et bien que je n’aie pas, dans un premier temps, souhaité me mêler de ce que je voyais comme le « feuilleton médiatique de l’été », j’ai apporté aujourd’hui à cette u.r.l. mon soutien à Siné dans l’affaire qui l’oppose à Philippe Val afin de protester contre son renvoi de Charlie-Hebdo.
Pour avoir lu maintes fois l’article incriminé, je ne vois pas ce qu’il contient d’antisémite. J’y reviens, j’y retourne et je le lis toujours de la même façon.
En reprenant une info passée la semaine précédente dans « Libération » (on y apprenait dans le paragraphe « Liens » de la voix même du Président de la Licra que Jean Sarkozy était prêt à se convertir au judaïsme pour épouser l’héritière des fondateurs de la marque Darty), Siné n’a rien transformé, ni diffamé qui que ce soit, il a juste rajouté un coup de griffe « Il fera du chemin dans la vie, ce petit ».
Comme son article commençait par « Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général UMP… », on voit que le propos n’était pas antisémite, tout au plus antisarkozyste.
Et c’est là que les choses deviennent surréalistes : Philippe Val aurait eu peur d’un procès pour antisémitisme de la part du jeune Sarkozy ou de sa fiancée, procès que les susnommés n’ont jamais envisagé et dont l’avocate Gisèle Halimi explique qu’ils en ont été fort avisés car ils l’auraient perdu tant il n’y avait aucune matière.
 
Le souk mis ensuite par Claude Askolovitch dans le Nouvel Observateur, Laurent Joffrin (qui en a été jusqu’à mélanger race et origine) dans Libé, la hargne à répétition de Philippe Val, les regrets du bout des lèvres de Cavanna et de Charb dans le dernier numéro de ce « Charlie Hebdo » que j’ai tant aimé mais surtout la phrase de Bernard Henri Levy dans le Monde « On ne peut plus rire comme dans les années 20 ou 30. » ont fini par m’amener à inscrire mon nom dans la liste des soutiens de l’anar octogénaire.
 
La goutte d’eau qui a fait déborder le vase a été l’appui inconditionnel de la Ministre de la Culture Christine Albanel à Philippe Val : elle aussi a vu de l’antisémitisme dans le « dessin » de Siné .
Or, il n’y avait pas de dessin, juste une chronique. La communication « voix de son maître » passe décidément de façon fort médiocre du Sarkophage élyséen à ses ministères.
Il y aurait de quoi se tenir les côtes mais on ne peut pas.
Parce que ce feuilleton de l’été sent mauvais.
En fait, BHL se trompe : c’est comme dans les années 70 que l’on ne peut plus rire chez Charlie.
Et c'est grave.
Car bientôt, ce n’est pas seulement rire (sinon à la façon Bigard) dans la presse ou à la télévision que l’on ne pourra plus mais même écrire.
Ou dire.
Un petit avant-goût de censure.
Et par crainte de quoi ? Big Brother is watching you ?
Ben oui, mais on avait compris. Pas la peine de virer Siné.
 
 
En attendant, Big Brother, ça l’arrange bien.
Tandis que l’on cause vrai et faux antisémitisme, que l'on s'étripe aveuglément sur ce qui n'était qu'une boutade dans un journal dont l'humour caustique est la marque de fabrique, il fait passer ses lois antijeunes, antivieux, antimalades, antibienportants, antitravailleurs, antichômeurs etc.
Mais pas antiriches, ça, c’est sûr !
Seulement là, c’est mon sujet de demain…