Wall.E d'Andrew Stanton Pixar Films 2007-2008.

Photo Wall.E © Pixar Films

 
 
Bon, je me doute bien que, quitte à faire un retour de cinéphile, BDSM et Bondage obligent, c’est sur une critique de « Fleur secrète » de Masaru Konuma que l’on m’attendait.
Le film n’étant pour l’heure programmé que dans trois salles parisiennes, il va falloir m’attendre réellement encore un peu quant à ce sujet.
Par contre, comme rentrer de vacances fiche les boules à n’importe qui, c’est dans le confort d’une salle noire que je suis allée cacher les miennes.
Et oui, j’ai choisi le petit robot de chez Pixar pour me (nous) consoler.
 
Mais pas seulement en mission maternelle.
Un vrai choix.
Il faut dire que j’avais lu les critiques et que le fait d’évoquer Miyazaki pour une animation amerloque, ça en jetait déjà un peu.
Pari réussi au-delà de ce que l’on pouvait espérer.
 
Andrew Stanton nous propose un film muet durant sa première demi-heure.
Vers la fin du troisième millénaire, depuis plus de 700 ans l’humanité a déserté la terre pour vivre à bord d’un vaisseau spatial luxueux de la Holding BnL
Elle a laissé derrière elle une terre détruite et polluée à l’extrême, confiant à des robots le soin de la nettoyer afin de -peut-être- pouvoir y revenir vivre un jour.
Wall.E est le dernier de ceux-ci. Un amour de robot.
Il vit le jour au milieu des détritus, entre des tours gigantesques et effritées, des supermarchés vides, des pompes à essence tous de chez BnL, accomplissant un labeur de concassage, de réduction en cubes à la manière du sculpteur César, de tous les déchets qui l’entourent.
Il a des façons étranges comme celle de mettre de côté soigneusement pour lui de pauvres merveilles qui lui paraissent des trésors, un briquet, une boîte et même une plante.
Il n’a pour compagnon qu’un cafard et une télévision qui lui apporte le soir un peu de rêve lorsqu’il y visionne en boucle la même comédie musicale de nos années 50.
 
Un jour débarque un astronef qui dépose une sonde jolie comme un aspirateur neuf. Une sonde, un féminin : Eve.
Wall.E tombe amoureux. Eve n’est pas de son espèce, ça ne rend pas les premiers contacts faciles. Et puis, finalement, ils s’apprivoisent et une ébauche de langage apparaît jusqu’à ce qu’Eve découvre la plante chez Wall.E.
C’est le but de sa mission, c’est ce qu’elle est venue chercher : une trace de vie sur la terre à ramener auprès de ceux qui vivent là haut afin qu’ils jugent s’il est temps de tenter le voyage du retour.
 
Mais tout n’est pas si simple : peut-être que certains ont intérêt à ce que les humains devenus obèses et ne se déplaçant plus que sur des fauteuils roulants restent dans ce « meilleur des mondes » perdu dans l’univers…
Wall.E, par amour pour Eve, va s’embarquer dans l’astronef qui « rapatrie » sa belle et découvrir les lois qui régissent cette civilisation à laquelle Huxley même n’avait pas pensé.
 
Tendre et poétique mais grinçant et fonctionnant comme une alerte, ce film d’animation est un pur joyau.
Chacun, grand ou petit, y trouvera son compte : de citation de « 2001, Odyssée de l’espace » (l'ordinateur central dévoyé) pour les uns en humains style « Indestructibles » (mais façon sumo) pour les autres tout en passant par les yeux de Wall.E qui pourraient sembler un hommage à E.T.
 
En tout cas, en plus de sa beauté visuelle et de sa prouesse technologique et artistique, pas une seconde de mièvrerie dans cette fable écologique douce amère.
Et peut-être même un peu plus que ça.
La preuve, la droite américaine y a vu un brûlot gauchiste antitrusts et anticapitaliste !
 
Mais les Américains, allez les comprendre !
Après tout, ce sont eux qui nous ont inventé le BDSM.
C’est tout dire…