Le masque Jaroslaw Kubicki

Photo-Concept © Jaroslaw Kubicki.

 
 
 
 
I
 
 
Procédons par déplacements de(s) sens.
Sens des mots, sens des maux qui oscillent
Entre l’être triomphant et les chaînes au corps,
Réalité entièrement compatible avec le rêve.
 
Creuser au fond de soi jusqu’à sa liberté,
Cette porte entrouverte derrière l’ombre,
Au milieu d’un mur où la chaux,
Comme les habits de celle qu'on dévêt, part en morceaux.
 
Nous mourons mille fois par jour
(Et que dire du temps d’une vie…)
Mais on renaît aussi, de caresses ou de coups,
Cent mille fois bien mieux après un ouragan.
 
 
II
 
 
Tout est question de préférences.
Elle aime les ombres quand elles s’abaissent,
Le soir et les endroits obscurs.
Lente, elle marche, rasant les murs.
Comme une magie de l'enfance,
Cachée du monde, elle voit
Ce que les autres ne voient pas,
Ce que personne n’imagine.
Elle est le récit d’autres pas,
La poésie d’une autre paix
Sur une route de graviers.
 
 
III
 
 
Tout ce que nous voulons être,
Tout ce qui brûle à l’intérieur de nous
Est présent dans les angles
Les plus sombres des rues
Tel un voleur, prêt à nous saisir à la gorge
Telle une fille, prête à nous proposer ses charmes.
Il nous prend soudain par l'épaule,
Nous acceptons son intrusion et sa violence.
Il ne nous rend jamais visite à domicile.
C’est nous qui devons nous risquer
A aller dehors le chercher.
 
 
IV
 
 
Ce n’est pas dans la gestuelle
Mais dans les extrêmes
D’une âme à vendre au diable,
D’un corps à offrir au péché,
Etranges dissociations
D’un ange profané
Que les meilleures choses
Arrivent toujours
Entre les jambes, oui,
Ne vous en déplaise,
Au détour d’une impasse à l’aube.
 
 
V
 
 
Le scénario ne prévoit pas de cris
Mais des silences assumés,
Ces silences capables de rendre les bruits
Des chaînes de l’esprit,
Et les odeurs d'une vie
Désirée depuis toujours.
 
Le scénario ne prévoit pas de cris
Mais une attente.
L’attente du moment où tout bascule,
Lorsque l’on s’aperçoit que ce n’est plus un jeu,
Que le masque est tombé.
 
Le scénario ne prévoit pas de cris,
Seulement l’abandon, l’appartenance,
Tandis que le corps commence à vibrer
Entre plaisir et douleur.