A comme Appartenance...

 

                          

                        

Lorsque l’on aime, quand on est amoureux, on dit en minaudant ou avec emphase : « Je suis à toi, je t’appartiens… »

Le BDSM est une façon de rendre la chose concrète. Et pourtant, au départ, il n’y a là qu’un processus mental, cérébralisé.
Je t’aime et nous vivons dans ce monde en marge. Cela signifie qu’un jour, à travers cet amour, ce type d’amour-la, je me suis donnée à toi. Offerte. Ouverte. Corps et âme.

Je t’appartiens. Cela veut dire que je vis de toi. Cela veut dire que je me nourris de toi. Un simple renoncement à être en dehors de toi. Tu disposes de moi comme bon te semble.

Or, il se trouve que tu as suffisamment d’empathie pour ne pas te tromper, pour avoir l’intuition de savoir comment j’ai envie, comment j’ai besoin que tu disposes de moi. C’est vers cela que tu m’amènes pas à pas. Même si parfois en apparence les choses paraissent en contradiction, même s’il arrive que j’aie envie de dire non, il se trouve qu’à la fin, après avoir fait un parcours, je découvre que c’est  celui-la que je désirais profondément.

Entre tes mains, je me transforme, je pousse, je change… Je suis une plante, je suis de la sève, je suis de la lave en fusion.

Tu me fais devenir. Alors que je n’ai plus l’âge des métamorphoses, depuis que je te connais, je suis le mouvement perpétuel.

Tu ne me fais pas avancer à coups de fouet comme certains pourraient l’imaginer. Tu me fais aller de l’avant à coups de projets, de surprises, de défis.

 

Je t'appartiens. Et, curieusement, à tant t'appartenir, voici que du même coup, je me suis mise à m'appartenir un peu plus à moi-même. A marcher plus droite, à savoir un peu plus où je vais...

 

En privé, je t’appartiens. Publiquement aussi.

Personne ne peut le voir. Rien en apparence ne me distingue d’une autre. Je me vêts souvent de noir, la couleur des soumises, mais c’est aussi la mode.

Je n’ai pas de piercing, ni de tatouage, je ne porte pas ta marque au fer rouge.

Dans ma vie quotidienne j’ai seulement une chaînette d’or à ma cheville et je porte un simple bracelet de cuir noir, large et plat, sans connotation particulière (pas de clous, pas d’anneau) à mon poignet droit.

Mais lorsque nous sortons ensemble, je porte partout mon collier. Certains (fort peu nombreux) comprennent. Les autres doivent y voir une simple extravagance. Et pourtant que de sens dans ce collier. Il est parfois nécessaire de ritualiser un peu les pensées. Ce collier, c’est mon appartenance au sens propre, donnée par moi à voir à tous.

Qu’importe s’ils ne la voient pas. Elle est en moi, elle est en toi.

 

 

Et même sans cette petite symbolique…

Je t’appartiens, tu me reçois.

Chaque seconde, chaque minute de chaque heure, quoi que je fasse.

Je suis à toi.

Je t'aime.