BDSM soumise et Maître

 
                                                           Image © ???
 
 
J’ai écrit dans un mail à l’un d’entre vous que ce que j’avais voulu sur mon blog, c’était donner une « anti-culture » au BDSM.
On aura cru souvent que j’étais moqueuse ou prétentieuse.
Ce n’est pas sous cet angle qu’il faut me voir.
Ironique certainement.
Mais ce n’est jamais que dans le but de faire réfléchir. J’essaie, en étant dans le BDSM, de marcher tout de même à côté et de montrer les choses qui parfois, sont exagérées.
 
Une sexualité n’est pas une chapelle.
Nous ne sommes pas un ordre monastique et les fichues règles, il faut bien que quelqu’un de temps en temps les indique du doigt pour en faire saisir aussi l’aberration.
Je n’empêche personne de les vivre si cela leur convient. Mais au moins, ils auront, l’instant d’une lecture, eu un regard critique -sur moi sans doute mais qu’importe- puisque je pense qu’à force de dire on finit toujours par créer une toute petite brèche qui fait qu’au bout du compte quelque chose aura été remis en question.
 
Alors, histoire d’en sourire après la note sur la Birmanie, j’ai eu envie de parler des majuscules et des minuscules.
 
Pour me faire comprendre du passant dit « vanille », je commencerai par expliquer qu’en écrivant « une relation D/s », on marque le respect au Dominant par la majuscule.
Là, même moi, j’ai l’habitude d’écrire ici « Tu » avec cette majuscule depuis que je tape (les notes du blog, je le précise).
A propos de taper, je pense que « Il » s’en tape de ma majuscule et même qu’ « Il » s’en tamponne (le coquillard)  tellement nous savons que la vraie vie est ailleurs !  
Bon, mais c’est une habitude que j’ai prise. Et comme c’est l’unique concession que je fais au « decorum », je continue…
 
Il y a quelques blogs où la règle est appliquée à la lettre sous une forme bien plus « straight ».
Ces femmes écrivent comme si elles s’adressaient seulement à un public BDSM et en marquant leur respect pour tous les Dominants, fussent-ils de parfaits inconnus.
Elles pourront donc publier « je V/vous souhaite une bonne lecture ».
Le « V » est pour un Maître/une Maîtresse (je mets les majuscules pour vous faire entrer dans l’ambiance) qui passerait par là.
Le « v » pour un ou une soumis(e).
 
On s’en fiche, ça ne mange pas de pain, c’est un peu « strange » voilà tout…
Si je dois le respect à mon maître (là encore je reste dans le ton mais je n’ai jamais appelé M. mon « Maître »), je ne vois pas pourquoi je le devrais à tous ceux des deux sexes qui se disent tels…
 
D’autant plus qu’on en arrive à de ces trucs !
 
Sur le forum étranger où je lis volontiers des interventions, une femme surprend tout le monde ces jours-ci par son usage des majuscules.
Elle en met partout.
Voici ce que cela donne :
 
« Mon Maître,
Je Vous remerciE de M’avoir attachEE étroitement . Je Vous En suiS reconnaissantE etc. »
 
Comme les gens s’étonnaient de sa graphie, elle a expliqué qu’étant donné qu’elle appartenait au maître en question, tous les termes la concernant devaient être en majuscules car elle était un objet de cet homme et que le respect que l’on doit à tout ce qui fait partie de l'environnement du maître s’appliquait à elle pour bien marquer aux yeux du monde combien elle s’était « annulée ».
Elle a même démontré que la majuscule du pronom « En » était indispensable puisque se référant à un acte du maître.
 
Ma foi ! Je me demande ce que penserait le Grévisse de cette grammaire toute cérébrale et sodomisatrice de diptères…
Et c’est là que, tout en me sentant dans le BDSM, il est important pour moi de me placer aussi à côté.
Pour ne pas, un jour de stupéfaction, finir tout à fait dehors...