Jimi Hendrix 27 novembre 1942 18 septembre 1970

 

BDSM - Choses vues, lues, entendues, vécues (été 2007).

 

 

XIV - Et ils osèrent faire Woodstock...

 

Dédié à l’homme jamais oublié d'une « Electry Lady », Jimi Hendrix, à Janis Joplin mais aussi à Jim Morisson ainsi qu'à Brian Jones et encore à... Kurt Cobain, tous les cinq décédés à 27 ans.

 

Et aux enfants des participants de Woodstock  qui atteignent la quarantaine aujourd’hui et dont j’espère qu’ils ne sont pas devenus des traders ou des goldenboys…

 

 

« Free, ça veut dire libre mais gratuit aussi. »

Un hippie dans le documentaire « Summer of love » (2ème partie).

 

 

Ce soir, nous avons posé fouet et cravache.

 

Allez ! Avouez que vous vous doutiez bien que mon BDSM Pêle-Mêle Estival de ce mardi ne causerait point de BDSM…

Quoique...

« Love and Peace », c’était « free » pour l’interprétation aussi. 

De même que « Make love, no war ».

Cet amour que l’on incitait alors à faire, on n’en indiquait pas les « couleurs » et si une chose est sûre, c’est que le BDSM, ce n’est pas la guerre.

 

La célébration des 40 ans du « Flower Power » (1967) qui a duré tout un été sur « Arte », avec son émission des mardis « Summer of love » (si je devais encore être à bloguer ici l’année prochaine, je tiens déjà le titre de mes futures Estivales !) s'est  achevée ce soir par la diffusion de « Woodstock » (qui, lui, n’eut lieu qu’en 1969), vu pour la énième fois de notre part mais pour la première en compagnie de mon fils.

 

Ils  osèrent faire Woodstock et cela marcha.

Sans une égratignure. A peine un bain de boue ludique.

 

Le festival inoubliable défile en trois heures ½.

Un film extra bien fichu qui résume à lui seul toute la culture et l’idéologie hippie.

S’il ne fallait en voir qu’un pour témoigner de cette époque, que ce soit celui-ci.

Il y a à la fois la musique et les événements.

Evénements qui sont emblématiques de ce que véhiculaient ces gens-là, du choix de société qu’ils proposaient.

On dira ce que l’on voudra, qu’il était naïf et utopique. Qu’il ne pouvait pas durer. Que les fleurs et l’amour…

Ce qui vint après eux, ce qui est aujourd’hui, vaut-il tellement mieux ?

 

Vous savez tous qu’à mon sens non.

Je ne m’étendrai pas.

Simplement il faut rappeler encore et encore qu’il y eut en ces années (la fin des sixties) une vraie culture, une véritable usine à penser, une alternative et que celle-ci ne peut être résumée à l’abus de la fumette ou de produits plus forts.

La caricature du hippie planant a bon dos.

Elle est cultivée soigneusement depuis ces quatre décennies pour nous mettre des œillères et nous prouver que ceux qui se sont « tirés de la boue » de Woodstock sont les « en allés, les résignés, les satisfaits d’eux-mêmes »*.

 

On essaie de nous en dire autant de l’amour libre. On nous explique que les communautés hippies et leur « liberté sexuelle » cessèrent dès qu’il y eut des enfants et qu’il fallut bon gré mal gré en revenir au « cercle de famille ».

Où en sommes-nous, nous, avec nos familles recomposées et que penseraient les hippies d’alors s’ils entraient dans l’une de nos feutrées boîtes échangistes ?

 

On nous dit aussi que tout cela date, que ce fut une réaction protestataire légitime à la guerre du Vietnam et que la désagrégation du mouvement qui suivit la fin de ce conflit en est la meilleure illustration. C’est faux. Le mouvement mit bien plus longtemps que ça à se désagréger et, entre-temps, il avait passé les frontières et les océans.

 

Je n’ai pas été hippie et bien sûr, je n’ai pas vécu les trois jours de paix et de musique de « Woodstock ».

J’ai eu quinze ans exactement dix ans après.

C’est comme avec le fameux mai 68. De tout ça, ma génération a été l’héritière et n’a eu que le bon (même si d’autres combats nous ont attendus à l’angle de la rue).

Les gens comme moi, ces « chargés de testament » du « love and peace », on les a appelés les « babas cool ».

Je ne vous fais pas un dessin, je ne vous parle pas de mes jupons indiens (on ignorait en ces temps que, bien que chers à feu, ils étaient fabriqués en Inde par des gamins pour une roupie), de mes cheveux teintés en roux grâce au henné, je vous épargne les tommes de chèvre que je suis partie faire l’été de mes dix-sept ans sur le plateau ardéchois…

Mais j’ai la nostalgie d’un certain goût du bonheur.

 

De l’encens qui brûlait tandis que l’on écoutait les disques de Janis et ceux de Jimi.

 

Parce que c’est sur elle que je veux conclure ce soir.

Janis est au rock ce que Billie Holliday fut au jazz.

Même voix rocailleuse et même « Summertime ».

Même « blues » dans la vie, une vie brûlée par les deux bouts.

 

Parce que c’est sur lui que je veux conclure ce soir.

Jimi Hendrix, la plus belle, la plus grande guitare de toute l’histoire du Rock.

Je ne voudrais pas me faire singe savant pour parler de celui qui ne parlait qu’aux tripes.

« Are you experienced ? »

Jimi fut au rock ce que Coltrane avait été au jazz.

Les solos de l’un comme de l’autre résonnent comme le cri du nouveau-né. Un appel à la vie, à la terre.

Ecoutez barrir les éléphants quand Jimi se lance dans ses savanes électriques…

Vous comprendrez, vous comprendrez, vous comprendrez…

 

 

 

*Les termes entre guillemets à la fin de cette phrase sont traduits et empruntés à une chanson de l’Italien Francesco Guccini.

 

PS1 : Montrer « Woodstock » ou l’ensemble du « Summer of love » à un enfant comme je l’ai fait pour mon fils est une excellente façon d’aborder le phénomène de la drogue, même si l’ensemble des émissions, basé sur un historique objectif et exhaustif de l’année 1967 comme phare du mouvement hippie, n'avait pas à faire de hors-sujet et ne commentait donc aucunement sa nocivité.

A nous, parents, d'expliquer.

Pour mon fils, Jimi est pour toujours un géant vivant dans notre mémoire mais il sait désormais pourquoi il n’est plus aujourd’hui parmi nous alors qu’il devrait l’être. Et bien plus jeune que son grand-père...

 

PS2 : Je m’attends à très peu, voire à aucun commentaire sur cette note. On me reprochera d’avoir débordé de ma thématique et de prendre de plus le parti d’une idéologie désuète.

Qu’importe.

Ce post est d’ores et déjà l’un de ceux publiés ici auxquels je tiens le plus.