Alberto Garcia-Alix  Nude

                                                              Photo © Alberto Garcia-Alix

 

 

BDSM - Choses vues, lues, entendues, vécues (été 2007).

 

 

VII - Dans l’enfer de l’été (Abbaye de Lagrasse, Alberto Garcia-Alix à Arles).

 

 

Il n’y a pas grand-chose qui concerne le BDSM dans cette note.

Peut-être seulement le fait d’être persuadée que toute personne se revendiquant d’une sexualité alternative se doit de réagir contre toutes les censures, toutes les atteintes à l’expression.

Notamment quand celles-ci sont artistiques.

Notamment quand elles concernent l'érotisme.

Et encore plus lorsqu'elles sont le fait de traditionnalistes religieux.

 

Dans la nuit de mercredi à jeudi dernier, un peu plus de 10000 livres ont été volontairement brûlés au moyen d’un mélange de gasoil et d’huile de vidange.

 

Cela s’est passé dans l’Abbaye de Lagrasse (Aude) qui accueillait la dixième édition du festival « Le Banquet du Livre ».

Cette année, cette manifestation avait comme thématique « La nuit sexuelle », titre du prochain livre de Pascal Quignard, à paraître en octobre chez Flammarion, suite de « Le sexe et l’effroi » où il analysait la civilisation (romaine dans ce premier tome) à travers le prisme de l’érotisme.

Des lectures d’oeuvres y étaient données, on y projetait des films.

De circonstance.

En plus de la présence de Quignard, on notera celle de Catherine Millet, les cinés-forums autour des « Liaisons Dangereuses » de Stephen Frears et du  toujours sulfureux « Salo » de Pasolini.

 

L’abbaye étant divisée entre deux propriétaires -et leurs deux parties bien distinctes- le Conseil Général de l’Aude (« sponsor » de ce festival)  pour l’une et la congrégation des chanoines de l’Opus Mariae pour l’autre, apparemment, tout aurait dû bien se dérouler, les moines n’ayant pas été troublés dans leur méditation en leurs locaux propres.

 

Hélas, un quotidien national fort lu a lourdement insisté sur ce heurt de « cultures », des sites web catholiques intégristes ont repris le flambeau et mis le… feu aux poudres !

Le résultat en est ce lamentable autodafé qui choque terriblement, une perte de plus de 70000 euros pour le propriétaire de la librairie « Ombres Blanches » de Toulouse qui avait exposé là un très beau fond et même des livres rares.

La bêtise est allée à son comble puisque la prose de St Augustin est partie en fumée avec celle de Donatien…

 

On lira, indignés, cet article de « Rue89 » qui résume très bien les faits, leurs tenants et aboutissants…

 

La « Femme sur table » -peu représentative du style de son auteur- en illustration de ce post sera mon vrai clin d’œil BDSM.

En effet, dans le même ordre d’idée « censure », « Libération » nous raconte aujourd’hui comment une personne âgée, dévot catholique, entend porter plainte contre l’exposition-phare des « Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles », celle consacrée à la rétrospective de Alberto Garcia-Alix.

 

Garcia-Alix est un très étonnant photographe : il a commencé à percer avec la Movida mais il se veut avant tout un témoin de l’Underground et s’est spécialisé dans les portraits de ses proches : bikers, strip-teaseuses, SDF etc. (un mélange de Diane Arbus et du Mapplethorpe des débuts revu à la sauce espagnole).

 

Il a aussi produit quelques nus.

Ce sont trois d’entre eux qui ont ému et agité le papy arlésien.

Mais il est temps qu’il se dépêche s’il veut que son action aboutisse!

L’expo (à l’Eglise Sainte-Anne -une ancienne chapelle ne servant bien sûr plus de lieu de culte) s’achèvera le…29 août et les Rencontres d’Arles le 16 septembre!