I COMME IMAGE ( OU LES LITANIES DU RESSENTI 2 ) ...

 

BONDAGE, ENCORE...

  

Je serai sage comme une image.

 

Peu à peu, la raideur aura gagné mes muscles. J’aimerai m’éprouver ainsi dans cette pose où Tu m’auras placée, goûter cette contrainte. Prolongée. Cette pose. Que Tu m’imposes. Ou que Tu me proposes. C’est mon imagination qui transforme les choses.

 

Une contrainte. Sans une plainte.

Pas la douleur vive de la canne ou du fouet. Non, mais cette tension permanente qui, paradoxalement, permet à l’esprit de s’envoler, mais certainement pas au corps de s’abstraire.

Le corps, mis en plis, en replis.

Occasion unique de le ressentir tel qu’il est, là juste sous la peau, à l’intérieur. Sentir les tendons, les ligaments qui le composent, les sentir en cet instant où ils se forcent, où ils s’efforcent, où ils s’épuisent, où ils s’insurgent de la pose enfin conquise du corps tout entier qui les met à vif.

 

Supporter leur révolte pour aller plus haut, planer jusqu’aux étoiles.

Et savoir que Tu sais, que Tu surveilles Ton œuvre mais aussi ses effets et qu’il Te suffirait de trois secondes pour la défaire, si le plaisir devenait problème, si ce duel mental entre moi et moi-même finissait de me plaire….