Nobuyoshi Araki BDSM Chains Mostra Bologna 2007

                             Nobuyoshi Araki Flower

                         Nobuyoshi Araki BDSM Suspension

                                                   Photos © Nobuyoshi Araki

 

 

 

Ces jours-ci, je piaffais d’impatience en attendant la fin d’un sondage sur mon forum BDSM d’élection.

Il faut dire que la question posée m’intéressait particulièrement tant son thème me tient à cœur ici sur mon blog.

C’était :

« Quelle forme d’art BDSM apprécies-tu le plus ? ».

Il y avait sept propositions.

La dernière étant d’esprit « gaillard », je souhaite vivement que sa formulation n’offusque personne : j’ai déjà expliqué que les gérants de ce site ont l’humour salé.

 

Voici les résultats.

 

-19 pour cent ont choisi « les bandes dessinées ».

Je sais que c’est la réponse qu’aurait fait M. Il m’a, dès notre rencontre, fait partager sa passion pour Erich Von Gotha et, de mon côté j’apportais déjà Guido Crepax dans ma valise…

 

-6 pour cent ont répondu « le cinéma ».

Ce petit score ne m’étonne guère, le cinéma « d’art » (puisque c’est d’art qu’il s’agit ici) ne faisant guère la part belle au BDSM dans ses scenarii.

 

-23 pour cent ont sélectionné « la littérature ».

Je ne sais ce qu’ils entendaient par là.

S’il s’agit d’une littérature BDSM de qualité (et il y en a), je ne peux que me réjouir de ce quasi quart de votants exprimant son enthousiasme quant aux livres.

Mais comme je craignais que la « littérature » BDSM dont il était question pour eux ne soit pas exactement celle que je nommerai, moi, comme « art », je n’ai pas cliqué dans cette case…

 

-1 pour cent seulement a mis en avant « la peinture et le dessin ».

La peinture, c’est vrai que c’est difficile à défendre.

Si je vois, personnellement, des sources d’inspiration SM dans l’oeuvre du Caravage, j’admets que l’on puisse ne pas être d’accord avec moi. Et tout le monde ne connaît pas les sadiennes œuvres de Dali…

Mais le dessin !

Il a tout de même eu, depuis le Japon jusqu’à l’Europe en passant par les USA, le premier la fonction de mettre en « art » le BDSM.

Comment être aussi oublieux de Jito, de Baldazzini ou de Robert Bishop qui ne figurent ici que pour exemple ?

C’est réellement dommage.

 

-4 pour cent ont dit préférer « les performances sur scène ou dans les théâtres ».

Les performances BDSM sur scène, je vois à peu près…Et je préfère me taire. Parce que comme art…

Quant au théâtre, je suis obligée de reconnaître humblement mon ignorance la plus totale.

Jamais vu, jamais entendu parler.

J’en ai d’autant plus regretté l’absence de l’item « sculpture » puisque là, de très belles pièces d’art sont à apprécier, à commencer par celles de l’ami Dann Chetrit.

 

-33 pour cent (dont moi) ont penché pour « la photographie ».

Malgré le problème de fond et de forme que cela entraîne.

J’adore la photographie qui « représente » le BDSM, celle qui le donne à décrypter telle une métaphore.

Je pense à des gens comme Steve Diet Goedde, Kevin Hundsnurscher et tant d’autres comme le très proche Charles Mons…

Mais leurs compositions savamment préparées, travaillées, posées, ne sont pas de l’art BDSM mais de l’art Fetish.

C’est d’ailleurs la catégorie dans laquelle ils se classent eux-mêmes.

Quant à Nobuyoshi Araki, son art est de l’art tout simplement.

Sûrement pas de l'art BDSM.

Ses scènes de shibari ne peuvent être regardées en faisant abstraction de ses photographies de fleurs ou de ses paysages.

C’est cet ensemble qui compose son œuvre et celle-ci ne peut être disséquée en parties qui nous arrangeraient bien…

 

La photo BDSM existe, prise sur le vif.

Mais elle est loin d’avoir une quelconque qualité artistique.

Elle peut être commerciale comme c’était le cas du célèbre site « Insex », fermé depuis 2005 à la suite de pressions gouvernementales aux USA et comme c’est encore le fait aujourd’hui de « Hogtied ».

Non seulement, je ne recommanderai cela à personne mais encore je dirai que je fuis ce genre de lieu et leurs petits frères comme la peste tant ils sont « hards » et d’un mauvais goût dévastateur.

La photo BDSM peut aussi être personnelle, comme le sont les galeries des abonnés des fameux « chats » qui existent dans le monde entier, et sans vouloir offenser quiconque (on a bien le droit de se faire plaisir en se montrant en photo), bien peu recourant aux services de professionnels de l’objectif, la chose pratiquée en amateur est bien vite seulement outrancière et graveleuse dans la plupart des cas.

Pas de bon goût et pas d’art là non plus.

 

Nous plébiscitons donc l’art de la photo Fetish. Soyons assez honnêtes pour lui rendre son nom et ne pas parler de photographie artistique BDSM.

 

-Enfin, 14 pour cent ont été assez malicieux pour répondre : « L’art ? Mais pour quoi faire ? J’ai la Veuve Poignet à la maison et ça suffit bien ! »…

 

Joli pied de nez, somme toute, que les Surréalistes et leurs héritiers ne désavoueraient pas…