Qu’il soit clair avant tout que cet article n’engage que mon opinion personnelle sur le fond…

 

Une partie de nos lecteurs en provenance de l’univers des blogs comprendra peut-être mal ce que j’y raconte et quant à ceux en provenance de l’univers BDSM ils sauront dans quel camp se situer selon leurs convictions personnelles.

 

Delarue a donc réussi à faire hier soir du BDSM … une histoire belge !

Et elles ne m’ont jamais fait rire. En plus, en ce moment, des histoires belges, il se trouve que j’en ai l’overdose…mais alors à un point !!! Ceux qui m'aiment auront pris le train ;-)

 

J’avais évoqué cette émission  dès que sa programmation a été officielle dans mon post « H comme Harmonie ».

Je vais donc répéter d’emblée que je ne suis pas une téléspectatrice de « ça se discute », quel qu’en soit le thème et que je « fuis » toute émission  du même type : télé poubelle, point barre.

 

Je ne veux parler que de la séquence consacrée au BDSM hier soir, le reste de l’émission me prendrait trop de temps.

Donc voici les événements, vus de mon côté de la lorgnette

La personne qui a « représenté » en compagnie de son mari hier le BDSM chez Delarue, s’est à un moment nommée elle-même « Maîtressekika » : il n’est donc plus besoin de taire ce nom qui correspond « chez nous » à celui d’une Dominatrice professionnelle, ayant son site sur Internet, calqué à l’identique sur celui de toutes les Dominas professionnelles avec une partie à accès payant et si, bien sûr, loi oblige, aucun tarif n’est indiqué, l’allusion claire et nette à l’idée de « cadeau » est faite dès la partie « gratuite » de ce site.

Nous n’en donnerons pas l’url pour deux raisons : ce site est interdit aux mineurs et de plus je ne tiens pas vraiment à assurer une quelconque « promotion » à Maîtressekika …

 

Toutefois, tout adulte désirant vérifier mes dires et n’étant pas plus bête qu’un autre saura bien en trouver le chemin par un quelconque moteur de recherche…

 

 

Ce n’est d’ailleurs pas tant cela que je reproche, et à Maîtressekika et à Delarue, mais plutôt la façon qu’ils ont eu de nous faire prendre des vessies pour des lanternes et donc d’avoir contribué à véhiculer une image déplorable du BDSM.

 

Dans notre « monde » Maîtressekika  avait fait annoncer de longue date sur la plupart des listes sa présence à cette émission par un placard chargé d’images ( et …d’un lien renvoyant à son site !) , placard intitulé « Enfin une vraie dominatrice à la télé »…

Cette annonce a été accueillie de deux manières sur ces listes, soit par l’hagiographie de quelques unes de ses consoeurs, soit par un tel rejet que des membres s’étant apostrophés avec tant de virulence à ce sujet, ils ont fini par se faire exclure de la liste où ils s’empoignaient.

Il faut dire que la raison en valait la peine : il est en effet insupportable aux vrais adeptes du BDSM que l’on monte un reportage tel que celui qui a été diffusé.

Monte est le mot juste : dans cette séquence, tout sonnait faux.

De la balade de la dame « punie » et morte de rire sous son foulard noué à la soirée SM qui ressemblait plutôt à un punch chez les Bidochon en passant par la scène avec le soumis qui m’a laissée sans voix tant elle était d’une écrasante nullité… Que ceux qui étaient devant leur écran se souviennent du gros plan sur les ongles vernis rose pétunia du soi disant soumis cagoulé et de la voix bafouillante de Kika répétant des règles (que je trouve personnellement stupides mais dont je sais combien elles tiennent à cœur à certains) comme une mauvaise actrice en panne qui aurait oublié son texte…

Quant au donjon évoqué dans les photos du site et bien hier soir à la télé, il ressemblait plutôt à un vulgaire fauteuil de camping surmonté d’un dais fait d’un simple drap…

Je me tairai sur la séquence de marquage du soumis aux quatre lettres de Kika au vernis à ongles, j’en connais qui devaient être morts de rire devant leur télé, moi, j’étais tout simplement désolée. Je me suis même demandé un instant si ce n’était pas le perchman de l’équipe qui s’était dévoué pour « pipeauter » la scène !

J’allais oublier la scène où le couple sort d’un sex-shop main dans la main, le mari balançant crânement un martinet au bout de son bras… Vous en connaissez beaucoup, vous, des sex-shops qui n’ont pas même un sac plastique pour emballer les achats faits ?

Vous avez dit « reality show » ?

 

Mais  l’interview restait à venir et là dessus deux choses.

Kika et son mari mélangent tout : échangisme, BDSM, bisexualité…

Si je voulais être gentille, je parlerais de « libertins pluri-disciplinaires » mais puisque là n’était pas l’objet de leur présence dans l’émission, j’ai honte.

Honte pour eux, qui, à force de dire des âneries ont réussi l’exploit de se faire « mettre en boîte » par un « témoin de qualité » comme Isabelle Mergaut à la fin des débats.

En effet, le mari de Kika ignore même le sens de BDSM. A Delarue qui le lui demande, il répond Bondage Soumission Sado Masochisme..

Désolée, mon bon monsieur, mais alors cela ferait BSSM et on ne voit pas ce que vous faites là…

Quant au SM salvateur de Madame lorsqu’elle est atteinte d’un cancer, il faut vraiment oser ce couplet !

 

Honte pour nous tous, pratiquants du BDSM qui comme je l’ai écrit dans « G comme Ghetto » ne demandons rien de particulier à la société, le domaine sexuel relevant du seul territoire de l’intime tout comme l’amour … Tiens, au fait, hier soir, il était où, l’amour dans tout ça ?

Oui, avec ces deux personnes pour hérauts nous avons eu vraiment bonne mine.

Ils nous auront rendu l’immense service d’être si nuls qu’ils ont déroulés un tapis rouge à la psy télé de service qui a pu  ainsi tout mélanger, mêlant le pervers et le pathologique avec ce qui est pour beaucoup d’entre nous l’amour et le désir partagé de deux êtres.

 

Et, cerise sur le gâteau, cette idée de pathologie a été renforcée d’un air docte par…..Brigitte Lahaie !!

Merci Maîtressekika !

 

Un moment involontaire d’humour : lorsque Delarue demanda à la psy à partir de quand il fallait consulter… Comme on était à cinq minutes de la fin de l’émission, je pensais que son inconscient parlait peut-être de l’Audimat, qui vu le sujet traité et l’astuce de placer le reportage SM supposé choquant en fin d’émission a du, hier soir faire exploser le jack pot de Réservoir Prod…

 

Le BDSM, ce n’est pas ça, pas la soirée d’anniversaire chez Roger et Etiennette avec touche- pipi à la clé, ce n’est chez aucune Domina ce type de rapport avec un soumis, ce n’est pas non plus ces effets de manches au pathos éculé avec gants en résille et bouche en cul de poule. Et je ne vous parle pas de l’air de beauf satisfait du mari..

Mon Dieu ! Quelle soirée !

Waterloo pour les SM…

 

Mais au fait, Waterloo, c’est pas en Belgique ?

 

PS : Au cas où ce mien article tomberait sous les yeux de Maîtressekika et qu’elle songe à contester le qualificatif de « professionnelle », qu’elle sache que j’ai sagement archivé son intervention sur une liste où elle revendique cette épithète pour elle et son mari, précisant même qu’ils ont entamé une action pour que les « activités professionnelles BDSM » ne soient plus assimilées à de la prostitution.

 

Euh .... En Belgique !