BDSM Kajira Gor John Norman

                                                         « Kajiras » - Illustration pour « Le cycle de Gor » de John Norman.

 

 

 

Ecrit en regardant sur France 2 « La traque de l’affiche rouge », à la mémoire de ceux-là qui se battirent pour des « espaces de liberté » et, en ce jour particulier, à celle de Lucie Aubrac…

 

1400ème note...

 

Les derniers problèmes d’U-blog conduisent Rhalph à s’en aller.

Il me propose de m’aider à m’installer moi aussi ailleurs mais je ne vois que des difficultés techniques insurmontables.

Dotclear et moi sommes incompatibles…

Seule, séparée de ce qui fut le noyau des « premiers » U-blogueurs, combien de temps resterai-je ici ?

Ce qui se traduit aussi plus simplement « Combien de temps continuerai-je à bloguer ? » puisque « ailleurs » ne me concerne pas.

Si le plaisir s’estompe, si l’impression de « solitude » sur U-blog devient désormais trop grande, j’arrêterai.

Alors, maintenant, plus de répit, plus d’autocensure ou de quartier pour ces quelques notes prévues et auxquelles je tiens et qui SMeront ici et là sur ce blog au fil des semaines à venir. 

 

Mais dire tout ce que j’ai à dire… en sachant que la plus grande partie de « vie » de ce blog n’est plus devant mais derrière lui.

 

 

Faire un état des lieux BDSM me conduit à être totalement désenchantée.

Lorsque j’ai ouvert ce blog je connaissais schématiquement trois types de situations :

 

-Ce que je nommais le Milieu : une trentaine de gens en vue (variables selon les saisons) parce que « boutiquiers » d’un site ou de ce qui s’en approchait, parce que connus pour des spectacles etc. (il était clair qu’au-dessus de ce dit Milieu existait toute une autre nébuleuse de gens bien plus connus, bien plus intéressants mais qui préféraient l’ombre à la lumière, le Château de M….. à la cave parisienne de Maître Patrick).

Quelques-uns m’en voudront d’y revenir mais finalement la publication de l’autobiographie de ce personnage et son passage à la télé l’an passé auront eu, au moins, le point positif d’enterrer définitivement et sa légende et celle des quelques « vedettes » du Milieu.  

Elles ont, certes, été remplacées depuis par d’autres « boutiquiers », d'autres organisateurs de spectacles mais, je le crois sincèrement, plus personne n’est dupe.

 

-Une grande partie de pratiquants silencieux, honnêtes et sérieux.

 

-Une faune sans fin de gens qui venaient sur la Toile BDSM à la recherche d’une proie, hommes mariés toujours indisponibles, faux Maîtres aux canines ardemment pointues qui confondaient volontairement soumises et femmes faciles ou bien soumises et carpettes.

C’était un temps où je plaignais le sort des femmes soumises qui se cherchaient sur cette voie de la soumission.

C’était le temps où, ici, j’en ai cassé du bois dur sur les « Maîtres » !

 

Aujourd’hui, avec le vaste éventail de lecture que les blogs offrent, je m’aperçois de combien ces femmes sont des victimes consentantes.

Elles pleurent à longueur de pages l’absence mais se répandent tout autant en mots d’obédience sacrée à ces fantômes…

Et lorsque l’un de ces ectoplasmes disparaît enfin, elles s’étonnent et débordent de chagrin pour en retrouver au plus tôt un du même acabit.

Dois-je vraiment continuer à taper sur leurs « Maîtres » ou constater qu’elles sont, plus encore qu’eux, responsables de leur propre malheur ?

 

Le Web a aussi multiplié le BDSM en tant que jeu du samedi soir, un peu de piment dans la vie sexuelle des un(e)s et des autres...

C’est bien. Au même titre qu’un sextoy ou une nouvelle guêpière mais grands dieux, alors, que celles/ceux-là ne s’érigent pas en moralistes ou en « voix du monde » et ne viennent pas conseiller les autres…

 

Restent les marginaux. Le problème étant que, moins ils sont nombreux, plus ils se constituent en « écoles » et finissent par faire parler d'eux.

Voir donc les « Goréens » et « Les Amis de Germanicus »

Il y a quelques années il était rare que l’on rencontre ces gens qui fonctionnaient en cercles « spirituels ».

J’ai croisé en Italie la trajectoire de très peu de « Goréens ». Ils m’appelaient « Kajira » et renonçaient dès que je riais.

 

Vous avouerais-je qu’en lisant à 19 ans quelques tomes du « Cycle de Gor », et étant pourtant déjà dessalée en ce qui concernait la littérature de Sade et Masoch, je n’avais pas imaginé une seule seconde que les romans de John Norman  pouvaient y être intégrés et même que j’apprendrais un jour qu’existait une « école goréenne » du BDSM.

Il faut dire que le copain qui me les avait prêtés désirait seulement faire ma culture en SF et que tout cela m’était arrivé en pack avec les K.Dick, Herbert, Keyes et autres Bradbury...

 

K.Dick, je ne l’ai jamais quitté.

John Norman, je ne l’ai jamais terminé !

Je vous donne le lien Wikipédia avec Gor et John Norman pour que vous compreniez le « rapport » entre le BDSM et la « pensée » des Goréens.

Goréens qui, jusqu’ici, heureusement, n’ont pas encore mis pied sur le sol BDSM français…

Ils sévissent avec bonheur aux USA et limitrophes ainsi qu' au pays de Dante.

Sommes-nous à l'abri?

Va savoir ! L'Italie est si fan et si proche...

 

Les Italiens n’ont jamais par contre entendu parler du « BDSM latin » : ce latin-là n’est en tout cas pas le leur.

Je n’en dirai pas autant de nous.

Voici que depuis cet automne, nous sommes envahis par « Les Amis de Germanicus ». Là, je choisis de ne pas citer les blogs qui s’en réclament.

Volontairement.

Seulement un storage totalement anonyme trouvé sur Google, ici.

 

A la recherche, la surprise est double : « BDSM latin » ne veut rien dire pour Google.com (vérifiez vous-mêmes ) ni pour Google.fr.

C’est seulement si l’on en a entendu parler par des blogs que l’on aboutit chez ces fameux « Amis de Germanicus »

Voilà un avatar bien francophone pour une fois.

 

Et quant aux « parchemins » (c’est aussi long qu’un « vrai » livre) que vous allez découvrir, le problème réside dans le fait que si, au moins, les membres du cercle ne font aucun prosélytisme et que leur BDSM latin a beau être teinté de recommandations de sagesse, il a tant de relents de religion (dont il se défend, j’en prends acte à titre purement symbolique, n'en étant pas convaincue) que c’en est effrayant quand on sait (voir plus haut) combien d’ « âmes » larguées de femmes abordent la contrée BDSM, et malgré le fait que « Les Amis de Germanicus » entendent bien les protéger, je ne pense pas qu'ils soient, on le verra, les mieux à même de le faire.

Leurs rituels, leurs cérémonials en grande pompe sont seulement d'autres possibilités de faire basculer certains esprits fragiles en quête d'un sens à leur existence qui en oublieraient alors, devant le faste spirituel et le minutieusement organisé des cérémonies, face aussi à la notion d'appartenance à un groupe d' « Elus » (et voici que je repense aux Cathares) , que le BDSM, même latin, non, ce n'est pas la vie, pas toute la vie et en tout état de cause pas une raison de vivre.

Avec de tels textes, il y a grand risque que quelques-un(e)s s'y laissent plonger, malheureusement.

L’influence, voulue ou subie, est déjà visible dans les écrits de celles qui, de blog à blog, s’interpellent en « soeurs soumises » et disent oeuvrer communément à cette sororité.

J’ai toujours pour ma part, voulu rester loin de toute côterie, n’être affiliée à aucune ligne BDSM bloguesque, à aucun autre blog (sauf une malencontreuse fois dont je me repens toujours)  et je n’ai pas de sœurs soumises et n’en veux point.

C’est à ce prix que ma parole est aussi libre qu’au premier jour et décidément sans concession.

 

 

On pourra me jeter à la face que je suis athée et donc insensible ou intolérante face aux rites, aux chartes etc.

Diantre oui ! Mais les Germanicus (ou leur double -semble-t-il- dissident de La Rose Noire) sont tout de même loin d’être totalement neutres.

Lire des expressions comme « La Confrérie », « Le Cadre des Œuvres », « L’Adoubement », « Notre combat sera achevé quand tout le BDSM anglo-saxon aura disparu ou bien aura fait  grand ménage dans ses rangs » (on ne sait pourquoi, le BDSM anglo-saxon -que je n'aime pourtant pas plus qu'eux, mais, ironie du sort,  parce que je le trouve cloisonné dans ses règles invraisemblables de la D/s et... sectaire !- leur paraît un repère de tortionnaires et de bourreaux) et par exemple l’extrait suivant, fort loin d’être apolitique, on en conviendra, sont tout de même des « rencontres » de mots édifiantes :

 

« Il est évident que le monde de la Domination ne correspond aucunement aux conventions de la vie courante mais ce n’est pas, pour autant, un monde anti-conventionnel. Notre communauté a ses propres règles, ses conventions et ses valeurs qui sont différentes mais ces lois sont bien là et ne doivent pas être transgressées. C’est une lourde erreur que de penser qu’en rejoignant notre communauté on intègre un espace de liberté.

Ceci est important et mérite d’être répété : Le monde de la Domination/soumission n’est pas un espace de liberté, n’est pas un monde anti-conventionnel, n’est pas une société anarchique.

Dans les années 60 les jeunes en quête de valeurs différentes versaient dans la mouvance hippie, dans les années 70 ils étaient Marxistes Léninistes, dans les années 80, sans doute étaient-ils punks, dans les années 90 je ne sais pas mais ils étaient sûrement quelque part et maintenant ils se trouvent à nos portes que bien sûr nous ne leurs ouvrons pas. Alors, gravitant ainsi autour de nous, ils constituent la première couche de l’atmosphère de notre monde, une couche d’ignorance et de fausses certitudes, de faux protocoles, une couche de faux maîtres et de faux soumis, qu’il vous faudra reconnaître et transpercer si vous souhaitez nous rejoindre vraiment. »  

Opera citata : Maître Bob -Les Amis de Germanicus – Disponible sur le Web par la recherche « BDSM+Les amis de Germanicus ».

 

Une sexualité ne peut en aucun cas être restreinte ou confisquée par un « groupe » qui, de plus, parle dans des termes aussi clos et qui se targue de détenir la vérité BDSM.

Le BDSM des « Amis de Germanicus » n’a,  nonobstant un vernis philosophique dont il faut bien saisir toute la portée spécieuse, rien de plus que celui du voisin.

On m’objectera que je ne suis pas une « vraie » soumise selon le concept connu et que je ne peux donc comprendre.

Oui da !

Mais moi, dès que l’on me dit que quelque chose (ici, dans ce cadre précis, MA sexualité) n’est pas « un espace de liberté », je deviens très méfiante, très dubitative et j’invite tout le monde à en prendre connaissance avec un regard très critique…