BDSM, Bondage, Ink on Paper, Seductive Rose, Takato Yamamoto

                                   “Seductive Rose” - Ink on Paper-  © Takato Yamamoto

 

 

 

 

Quand Tu me les tendis, je ne vis que les roses

Et les nommai en moi les fleurs de la passion.

Elles étaient rouges mais pas encore écloses,

Un sublime présent pour sublimer mon don.

 

De don à abandon, il n’est que deux syllabes ;

Fallait-il qu’elles fussent douces à  foison

Pour que Tu viennes à moi, tel « Le dernier nabab »,

Apportant ce bouquet hors de prix hors saison.

 

Je ne m’aperçus pas alors de leurs épines,

Leur symbole à mes yeux resta un peu caché

Tandis que de Ta main vers ma peau ivoirine

Tu pointas l’une d’elles en son bouton scellée.

 

Ce fut une caresse humble comme rosée

Qui fit dresser mon sein en bourgeon étoilé

Et je baissais les yeux pour ne point Te montrer

Mon trouble délicat, ma défaite annoncée

 

Ce n’est que bien plus tard qu’effeuillant une tige

Et lui ôtant des dards de moi insoupçonnés,

Tu descendis plus bas vers ce moi callipyge

Lui révélant qu’aux roses, il est bien des pensées.

 

Du bouquet  peu à peu se dispersant partout,

Une fleur vint alors se perdre sur le lit.

Son parfum si subtil à mon cœur était doux

Et c’est bien volontiers que je la rejoignis.

 

L’heure était là venue d’à mon tour faire offrande :

Les roses les plus belles poussent avec délice

Sous la voûte infinie d’une autre Brocéliande

Que l’on appelle aussi « Le jardin des supplices ».

 

De cette ultime fleur, Tu avais conservé 

De quoi me transformer en une autre, en Justine,

C’est ainsi que j’appris, soumise enamourée,

Qu’à l’innocente fleur il restait une épine.