BDSM Diesel Reality Show

 

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                                                                               Photos  © Diesel

 

 

 

Pour ce qui est de marier BDSM et mode, la marque « Diesel » n’en est pas à son premier essai !

Vous pourrez revoir ici le célèbre « coup de fouet » qui en donna un à sa campagne publicitaire de l’automne 2005 et que j'avais, alors, bien aimé.

 

C'est vrai.

Le BDSM et la mode, ça ne me gêne pas généralement : en ces jours qui célèbrent les collections, je vous mijotais même un hommage à Mugler qui eut des idées de « vêtures »,  ma foi, souvent « familières » sinon « familiales »…

 

Et puis, je tombe là-dessus.

Et j’avoue que je me sens interpellée.

Je vous explique.

 

Diesel est, comme on le sait, une marque italienne.

En Italie, le « reality show » que nous connûmes sous le nom de « Loft Story » s’appelle « il Grande Fratello » (Big Brother, si vous préférez) et continue à avoir une audience énorme en devenant de plus en plus salé.

Il en est, là-bas, à sa septième saison.

 

Et voici que depuis deux jours, Diesel, sur son site, nous en joue la version BDSM.

Un beau gars a été enfermé, menotté, livré aux mains de deux belles filles qui lui en font voir de toutes les couleurs.

On se souvient tous du principe du jeu : l’interactivité (par exemple, les menottes ont été ôtées hier grâce au vote des participants « online » qui ont déclaré que l’ « otage » était digne de confiance et ne s’enfuirait pas).

 

A l’heure où je tape ce texte, le beau gars subit un bain de gelée rose vif.

Peut-être que lorsque les adultes lecteurs de mon blog (oui, adults only, car vous allez tomber sur un disclaimer si vous voulez voir*) vont s’y rendre, la scène sera déjà différente puisque tout se déroule en temps réel.

 

On l’aura compris, le BDSM n’est qu’un prétexte pour faire le plus de bruit possible autour de l’événement (qui -curieusement- n’est pour l’instant signalé qu’en Italie, bien sûr, et avec grand succès au Japon, en Angleterre et aux USA ; je suis la première à éventer le buzz en France), événement  dont on devine qu’il a pour but de faire parler de Diesel, marque en voie de lifting depuis quelques mois (lire cet article de Libé).

 

Donc le site « Diesel », lorsqu’on y entre (si l’on est adulte -bis repetita-ndlr*) pour trois jours encore -le temps de ce happening live- vous donne droit à ce pastiche de « télé réalité » visant à mettre en valeur entre autre l’« underwear » de la nouvelle collection, tout en laissant au-dessus des pages version Web.2.0,  «Flickr » et « YouTube » (il n'est rien qui ait été oublié!), les liens habituels vers le site-mère et ses différentes rubriques.

Et si l’on ne signe pas le disclaimer, on est redirigé d'emblée vers la page d'accueil, toute « clean ».

 

Alors?

Alors, c’est une trouvaille géniale si l’on s’en tient aux lois de la pub parce que ça s’intègre dans un univers-blog geek et tendance, tout gadgets et widgets, et que c’est nouveau de chez  nouveau comme forme (les « formes » qui plaisent à un LLM, per exemple...).

 

Seulement -et comme toujours- quand le BDSM devient ludique (et surtout ici précisément à travers une « base » de jeu aussi chargée de sottise et d’abêtissement des spectateurs que « Loft Story », même parodié), je ne puis m’empêcher d’en revenir à mon idée du « ridicule ».

 

Ridicule parce qu’au-delà de la satire du Loft, c’est aussi la nôtre qui est mise en scène dans cette histoire.

Ah ! Je sais bien que certains fantasmeront peut-être sur le beau gars soumis aux caprices des deux feintes dominas, comme sur la seconde photo où, encore menotté, il faisait hier le ménage de la chambre commune en bonne « maid » puisque telle est la parole d'usage...

Mais combien ?

 

Et pour tous les autres, ce sont encore une fois nos pratiques BDSM (« aseptisées » sans doute et donc moins « menaçantes » aux yeux du grand public, me diront quelques-uns) qui seront brocardées comme objet du « tout le monde en parle » ou, pire encore, du « tout le monde en rit » du moment…

 

Dans cette affaire, Diesel gagne en se faisant connaître grâce à « nous » mais pas « nous » à nous faire connaître par l’intermédiaire de sa lucarne…

 

Allez, le lien, malgré tout (et seulement pour les adultes*) .

 

 

*NB: Disclaimer que je répercute en le jugeant tout à fait absurde car, pour ce que j'en ai vu, il ne se passe absolument rien de choquant dans cette fausse partie de gaudriole qui ne montre en fin de compte (mal) que quelques caleçons (avec signature « Diesel » bien en vue),  tops et slips dépareillés...