BDSM Cirkus Parade Eugenio Recuenco

                                                       Photo © Eugenio Recuenco

 

 

C’était un cirque étrange,

Un de ces pauvres cirques,

De ceux qui vont de village en village

Dans des vallées où jamais

Ne passent d’autres spectacles.

Un cirque sans même une guitare gitane,

Sans même un tambour d’apparat,

Un cirque avec quelques misérables

Animaux pelés mourant de soif l’été

Et tassés dans des cages, ou recroquevillés

A se souffler dessus l’un l’autre

Dans le froid de l’hiver, la nuit,

Tant et tant qu’on ne les voit plus.

 

Mais, mais la magie c’était Ta main

Si chaude et tenue si fort dans les miennes.

Et moi, j’envoyais au ciel des étoiles

Dans mon numéro de jongleuse

Comme j’avais fait valser

D’autres hommes autrefois,

Ou bien peut-être que les étoiles

N’étaient qu’une clé pour ouvrir

La voûte du chapiteau céleste

Où mes yeux, à Te regarder, buvaient

Toute la lumière artificielle

Et demandaient alors

Aussi celle de la nuit dehors.

 

Nuit possible ou imaginaire,

Nuit dans ce cirque étrange

Où la seule magie c’était Ta main…