Shozo Numa Yapou, bétail humain Prix Sade 2006

                                                     Photo © Editions Désordres

 

 

Cette note a été écrite avant que j’apprenne, en me connectant à l’instant, le décès de Philippe Noiret….

 

 

J’ai pris l’habitude de correspondre par mail avec l’une des commentatrices de ce blog.

Ainsi évoquions-nous tout récemment une disette littéraire certaine dans le domaine de l’érotisme.

 

Il est fort possible que le Prix Sade décerné à l’unanimité cette année à Shozo Numa, auteur japonais (je devrais frétiller d’aise) publié aux Editions Désordres que Mishima lui-même portait aux nues, pour le premier tome d’une saga intitulée « Yapou, bétail humain », soit à même de marquer la fin de cette période aride.

Cependant, entre autres choses, les conditions grand-guignolesques dans lesquelles le Prix a été décerné (lire ici l’article de Libé) ne m’incitent nullement à cette acquisition.

 

C’est curieux, finalement, comment vient (ou ne vient pas) l’intérêt pour un livre.

Au risque de vous faire hurler, je vais vous avouer que je n’ai jamais lu « Guerre et Paix », tout simplement parce que la vieille édition que possédaient mes parents avait une illustration sur sa couverture qui me faisait horreur : une photo « trafiquée » en mode dessin du film homonyme qui donnait aux personnages une allure de héros d’un scénario d’épouvante.

Et je n’ai pu me détacher de cette première impression.

 

Revenons-en à Sade, enfin à son prix…

Il y a aussi, à me chiffonner, le jury que vous pourrez découvrir sur cette brève du Mague.

 

S’il est évident que c’est avec raison qu’y siègent Madame Catherine Robbe-Grillet et Pierre Bourgeade, les autres, franchement…

 

Allez, Catherine Breillat, passe encore.

Je lui dois après tout d’avoir « franchi le pas » qui allait m’amener concrètement au BDSM en visionnant les deux scènes de bondage de son film « Romance ».

Mais le père Beigbeder et la mère Millet, non, jamais…

 

Je crois d’ailleurs que mon antipathie définitivement scellée pour ce Prix Sade vient du fait que c’est à elle que fut attribué le premier d’entre eux en 2001.

En toute sincérité, que venaient faire ses « Mémoires » de partouzeuse, mal écrites et d’une tristesse affligeante pour inaugurer, en un parfait hors-sujet, ce Prix que l’on veut célébrant l'esprit du Divin Marquis ?

 

Quant à celui de cette année, je veux bien qu’il paraisse pour la première fois en France, mais tout de même, récompenser un texte datant de 1956… il y a de quoi laisser perplexe et en revenir à ce sentiment de disette évoqué plus haut.

A ce compte-là, pourquoi ne pas le donner…à Sade lui-même ?

 

Au rythme d’une œuvre par an, il y a de quoi tenir un moment et en faire des fiesta(s) « happening » que la presse qui veut publier une page « hot » relaiera toujours avec délectation.

Et puis, tiens, Ardisson comme membre du jury aussi...

Ce serait la cerise sur le gâteau!

 

Quant à l’heureux élu 2006, à lire sur cette page de l’éditeur le résumé de son livre primé, on pourrait un instant être alléché.

Mais, à titre personnel, lorsque j’arrive à la dernière ligne de l’article et que je vois que c’est Mishima qui en disait que « Yapou, bétail humain est le plus grand roman idéologique qu’un Japonais ait écrit après-guerre. », pour moi cette idéologie semble prendre tout de suite un relent « beurk » qui fait que non, décidément, le Prix Sade 2006 ne figurera pas sur mes rayonnages.

 

 

 

 

 

Autre chose : Pour soutenir Henry-Claude Cousseau (voir ma note ici), il existe une pétition.

Il n’y a pas de lien à cliquer mais un mail à envoyer à l’adresse indiquée.

Je publie donc ci-dessous le texte, tel que je l’ai reçu et signé pour ma part.

 

Soutien à Henry-Claude Cousseau

NOS LIBERTÉS - NOS DROITS

Nous tous, artistes, chercheurs, créateurs, intellectuels,  diffuseurs,travaillant dans le domaine des arts, nous alarmons aujourd'hui des menaces qui pèsent sur nos libertés de pensée,de création et d'expression.
La mise en examen de Henry-Claude Cousseau, Conservateur général du Patrimoine, ancien Chef de l'Inspection générale des Musées de France, ancien Directeur des Musées de la Ville de Nantes, ancien Directeur des Musées de la Ville de Bordeaux, Directeur de l'École nationale supérieure des Beaux-arts de Paris, historien de l'art renommé, des chefs de : DIFFUSION DE MESSAGE VIOLENT, PORNOGRAPHIQUE OU CONTRAIRE À LA DIGNITÉ, ACCESSIBLE À UN MINEUR : DIFFUSION DE
L'IMAGE D'UN MINEUR PRÉSENTANT UN CARACTÈRE PORNOGRAPHIQUE,
comme ancien Directeur du Capc Musée d'art contemporain ayant présenté l'exposition
Présumés innocents : l'art contemporain et l'enfance en 2000 à Bordeaux,
nous concerne tous et nous lui exprimons notre soutien.
Alors que les media, la publicité et tous leurs supports urbains utilisent les images de la violence au service de mobiles commerciaux et les diffusent massivement, nous nous indignons que soit nié le statut, durement conquis au fil des siècles dans notre civilisation, des oeuvres d'art, de ceux qui les produisent et de ceux qui les accompagnent.
Cette mise en examen nous concerne tous, comme elle concerne chaque citoyen
car la liberté est un bien commun et la création artistique, l'inaliénable expression d'une culture.
Signataires de cet appel nous affirmons notre entière solidarité à Henry-Claude Cousseau.

Si vous souhaitez vous joindre à cet appel, indiquez vos :
nom, qualité, ville. Et renvoyez ceci à l'adresse suivante :noslibertes-nosdroits@aliceadsl.fr

 

 

 

 

 

PS : Et un coup de gueule anti-Ségolène ici. 

http://www.u-blog.net/oiselle/note/16