BDSM Amour trop fort

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« Il » n’existe pas  et est seulement « mon personnage ».

Il hante presque toutes les fictions de ce blog, différent et semblable à chaque fois.

J’ai beaucoup de tendresse pour lui, je ne le juge absolument pas.

Je rêve de parvenir un jour à écrire quelque chose dont il serait le centre.

 

 

Depuis si longtemps, ils se connaissaient.

Mais jamais il n’avait pu lui dire les mots qui lui venaient aux lèvres.

Il la voulait, elle.

Il n’avait pas appris à demander. Il y voyait le même acte vil que quémander.

Il voulait prendre, il voulait envahir, marquer un territoire.

Guerrier sans armes mais fort de sa passion, il se croyait invulnérable.

Rien ni personne ne lui résisterait jamais.

Et elle était l’objet de toute son attention, de tous ses désirs.

Il la possèderait, elle en avait forcément autant envie que lui.

Il lui ferait connaître la douleur comme seule expression du plaisir.

Il lui apprendrait l’abandon absolu, cette autre forme de la petite mort.

Tu parles de mort !

C’était une question de vie, de se sentir vivant, de la sentir vivante, de nier l’issue fatale qui attend tout le monde.

Mais pas lui, pas elle, pas eux.

 

Et ce soir-là, elle était à sa merci, venue s’offrir enfin.

Il en était certain.

Il frappait doucement, puis plus fort, il la maintenait par les bras, par les chevilles, selon l’instant.

Une autre fois, il lui passerait des cordes ou des bracelets de force.

Au  tout début, elle crut que c’était un jeu seulement.

Elle souriait encore.

Quand la douleur se fit lancinante, elle essaya de se tourner pour le regarder.

Il l’en empêcha en lui maintenant la tête puis en la repoussant face contre le sol.

C’est alors qu’elle se mit à pleurer, à le supplier d’arrêter, de ne rien gâcher.

Il griffa la peau tendre sur le côté de ses seins.

Elle était si belle.

Il sentit le frisson de mal, de rage, qui la traversait au moment où il lui mordit le cou juste sous l’attache des cheveux.

Elle avait la même odeur que lorsqu’elle courait.

Il pensa « Je te tiens, je ne te lâcherai plus ».

 

Maintenant qu’il l’a perdue, c’est lui qui sent un mal féroce lui ravager la poitrine le soir parfois, le soir souvent.

Un mal silencieux et sans aucune espérance.

 

Il ne savait, il ne pouvait pourtant lui dire « Je t’aime » d’aucune autre manière.

 

 

 

 

 

 

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