BDSM Art Oeuvre Knotted de Monica Bonvicini FIAC 2006

        Œuvre photographiée « Knotted » chaîne en métal et caoutchouc © Monica Bonvicini.

                                                Galerie de multiples - Paris

 

 

 

Je parle ici de blogs en tant qu’exemples connus, point de référence commun à vous et moi mais le blog n’a pas l’apanage du BDSM. Je connais des personnes qui vivent leur BDSM ou leur SM hors-blog.

Elles sauront que je pense ici aussi à elles avec affection.

 

 

Qu’est-ce qui différencie une soumise d’une autre femme ?

Ce peut-être ce que vous voyez métaphoriquement sur l’œuvre de Monica Bovoncini, cette forme particulière de chaînes que je m’amuserai ce soir à définir comme un…boulet.

Maintenant, reste à savoir de quoi est fait ce boulet.

Il sera en fait ce que chaque couple dit BDSM en fera, y mettra dedans.

C’est la notion de couple, de duo que la « soumise » forme avec celui qui domine qui est importante et souveraine.

Encore faut-il trouver, rencontrer quelqu’un avec lequel cette notion puisse quitter le domaine des projections pour se réaliser. Et pour cela, il y a des conditions qui ne peuvent être l'objet d'aucune tractation.

 

Sinon, ce boulet restera celui d’une quête incessante, inassouvie, toujours recommencée.

Il y a quelques blogs désespérants à lire sur ce thème. Ils finissent toujours après des échecs répétitifs sur la triste note : « Mais je reste soumise orgueilleuse de ma soumission ».

Oui, c’est bien gentil mais c’est un peu comme le maître sans soumise (maître de quoi alors ?), la soumise sans maître pourra toujours clamer sa soumission (qui l’honore certes), il n’en reste pas moins que l’on se posera la même question (soumise à quoi alors ?).

Et ci c’était tout simplement « soumise à la soumission » ?

Dans ce cas, ce n’est même plus du BDSM que cela relève mais de l’aliénation et force est de reconnaître que la société nous inculque assez à l’être, à l’accepter, pour que vouloir à tout prix être BDSM soit au fond la meilleure manière de la supporter, en la revendiquant (je me réfère, dans les pronoms « l’ » et « la », bien sûr, à l’aliénation  qui frappe encore plus les femmes que les hommes en ce début de millénaire chaotique où presque tous les repères sont perdus, impossibles désormais à identifier clairement.).

 

A côté de celles-là (auxquelles je souhaite sincèrement de faire un jour leur « rencontre »), il y a des blogs de femmes (et ceux qui sont lecteurs du mien les connaissent, aussi n'en ferai-je point la liste ici) où l’on trouve autre chose, précisément ce BDSM où la soumise porte son « boulet » comme un boulet d’amour ou tout au moins de partage, de complicité, de respect avec celui qu’elle appellera maître ou non.

Des blogs où la soumise n’est ni une carpette, ni un saule pleureur.

Des blogs où  celui qui l'accompagne est une présence bienveillante en filigrane permanent.

Pour ces êtres-là, le fondement de leur relation passe aussi bien par le fait qu’ils se soient choisis pour leurs attirances érotiques particulières que pour des façons de voir, de se situer dans l’existence et face aux événements qui leur sont communes.

Si le BDSM est un « lifestyle » érotique, il est important que celui-ci soit confirmé dans le « style de vie » quotidien.

 

Je ne plaide pas seulement pour ma façon de voir.

Je songe à un couple - appelons-les Monsieur et Madame X - qui vit un SM qui n’est pas le mien du tout : ils sont cependant un duo qui partage quelque chose d’extrêmement fort parce que leur SM est aussi relayé par une même -disons- « lecture » de la vie qui, là encore, diffère totalement de la mienne.

 

Je me souviens avec un sourire du « diagnostic » de M. à notre seconde rencontre : « Soumise ? Pas tant qu’aco ! » et ce furent sans doute ces mots-là qui me convainquirent  de quitter le (vrai) boulet que je traînais alors…

Je me sentais fort bien « intuitée » par Marden.

Je ne correspondais pourtant pas vraiment à sa recherche (nous nous sommes « cliqués » sur un chat), ni lui à la mienne.

Je portais plus en moi de graines de rébellion que de manifestations d’impétrante parfaite à la condition de soumise.

 

C’est à moi toutefois qu’il a posé son « boulet », remis son collier. Il avait compris que je saurais porter les deux. En étant digne du cadeau reçu.

Parce que ce qui nous unissait était un fil de convictions et de passions ancrées en nous depuis fort longtemps.

 

Comment vous le faire comprendre bien ?

Le blog que vous lisez ici, c’est lui qui me l’a ouvert, offert comme le collier, comme le… « boulet ».

C’était déjà une extraordinaire preuve de partage et de confiance que de me le donner sans jamais me demander ce que j’allais chaque jour y écrire. Sans exercer de contrôle d’aucune sorte sur ma « parole » de soumise (sa soumise) ici.

« AURORAWEBLOG » porte la marque de tout notre chemin ensemble. C’est un chemin sur lequel je n’ai jamais cessé d’avancer parce qu’il était à mes côtés.

 

Et parce que je n’avais jamais cessé d’avancer est venu un jour où confusément, j’ai senti qu’allait venir le temps d’écrire aussi d’autres choses.

La dernière nuit où il a été possible d’ouvrir un « U-blog » ancienne manière ici, j’ai créé « Oiselle ».

Toute seule et sans réveiller M., certaine qu’il ne me désapprouverait pas. Mais aussi que je n'avais pas besoin de sa permission : le boulet qu'il m'a passé, il l'a voulu très léger. 

C'est cela la confiance.

J'ai ensuite mis « Oiselle » sous le boisseau jusqu’à ce qu’il ait mûri en moi.

« Oiselle », blog où M. n’intervient pas, mais qui est cependant l’un de « nos » blogs parce que tout ce que j’y poste, ce sont des choses, des avis que nous partageons sans une seule note de désaccord.

 

Nous avons en effet non seulement fait du chemin ensemble mais aussi un cheminement.

Tant dans notre BDSM que dans notre façon de considérer ce qui se passe aujourd’hui autour de nous.

 

Alors, je me sens rayonnante de porter mon « boulet » (mon collier, mon harnais, mes bleus, mes marques etc.) et même de les exhiber parfois dans certaines soirées.

Je suis fière de m’agenouiller devant celui qui sait que je vis debout.