Timbre Georges Brassens Raymond Moretti

                                      Image : Esquisse pour un timbre sur Georges Brassens 

                                                            1990 © Raymond Moretti.

 

 

 

Hé, non, encore pas de BDSM ce soir !

Mais j’ai mes (bonnes) raisons…

 

Le 29 octobre, je n’étais pas « ici bloguant ».

Dois-je pour autant rester silencieuse et ne pas rattraper mon retard ?

 

Il y avait ce jour-là 25 ans tout juste que l’homme au doux regard, le chanteur à la pipe et aux inoubliables accords de guitare nous avait faussé compagnie, parti fredonner ailleurs auprès de son arbre avec quelque Hélène en sabots…

 

Non, non, ce serait me renier que de ne pas poser ici quelques mots sur lui et quelques mots de lui.

 

Pour ceux qui, comme moi, avancent en âge, nous savons tous que l’anarchiste sétois a toujours toute sa place dans le panthéon des mots mis en musique, lui qui savait conter fleurette mais aussi s’en prendre à la maréchaussée dans des termes aussi vigoureux (sinon plus parfois) que ceux des rappeurs d’aujourd’hui.

Oui, Georges Brassens est à réécouter ou à relire.

Vous ayant déjà, thème-à-blog oblige, honorés ici du texte de « La Fessée », je ne vais pas vous la resservir.

 

Alors, parions pour vous plaire sur ce « Blason », une des plus belles odes au sexe féminin jamais écrites…

 

 

Le Blason - Georges Brassens.

 

Ayant avecques lui toujours fait bon ménage
J'eusse aimé célébrer sans être inconvenant
Tendre corps féminin ton plus bel apanage
Que tous ceux qui l'ont vu disent hallucinant.

C'eût été mon ultime chant mon chant du cygne
Mon dernier billet doux mon message d'adieu
Or malheureusement les mots qui le désignent
Le disputent à l'exécrable à l'odieux.

C'est la grande pitié de la langue française
C'est son talon d'Achille et c'est son déshonneur
De n'offrir que des mots entachés de bassesse
A cet incomparable instrument de bonheur.

Alors que tant de fleurs ont des noms poétiques
Tendre corps féminin c'est fort malencontreux
Que la fleur la plus douce la plus érotique
Et la plus enivrante en ait de plus scabreux.

Mais le pire de tous est un petit vocable
De trois lettres pas plus familier coutumier
Il est inexplicable il est irrévocable
Honte à celui-là qui l'employa le premier

Honte à celui-là qui par dépit par gageure
Dota de même terme en son fiel venimeux
Ce grand ami de l'homme et la cinglante injure
Celui-là c'est probable en était un fameux.

Misogyne à coup sûr asexué sans doute
Aux charmes de Vénus absolument rétif
Etait-ce bougre qui toute honte bue toute
Fit ce rapprochement d'ailleurs intempestif.

La malpeste soit de cette homonymie
C'est injuste madame et c'est désobligeant
Que ce morceau de roi de votre anatomie
Porte le même nom qu'une foule de gens.

Fasse le ciel qu'un jour, dans un trait de génie
Un poète inspiré que Pégase soutient
Donne en effaçant d'un coup des siècles d'avanie
A cette vraie merveille un joli nom chrétien

En attendant madame il semblerait dommage
Et vos adorateurs en seraient tous peinés
D'aller perdre de vue que pour lui rendre hommage
Il est d'autres moyens et que je les connais
Et que je les connais.

 

 

 

 

 

PS : Et un gros grain chez Oiselle.

http://www.u-blog.net/oiselle/note/12