Sade La Presse Littéraire Hors-Série No2

                                          Image © La Presse Littéraire

 

 

 

Un préambule s’impose.

Je ne le dirai jamais assez : le BDSM et même le SM que nous vivons aujourd'hui sont à Sade (malgré le S involontaire qu'il nous lègue) ce que le gâteau « La religieuse » peut-être à Diderot et je n’exagère qu’un peu…pour le plaisir du jeu de mot, assez proche de la vérité cependant.

Si vous désirez mieux comprendre ce point de vue, vous rechercherez par le sommaire de mon blog ce que j’ai écrit quant à Sade, moi, ici.

 

 

Une revue relativement récente (La Presse Littéraire) vient de publier un hors-série No 2 consacré à Sade « Sade, le plaisir de la liberté » sous-titré « L’enfer littéraire du Divin Marquis ».

Cela mérite que je lui consacre une note non, donc, en tant que blog BDSM mais -et je l’espère- blog où quelques « passant/e(s) » ont la passion de la lecture.

 

Encore deux avertissements : le prix élevé de la revue (19,90 euro) et le fait qu’elle ne puisse convenir comme introduction à Sade pour qui n’en aurait jamais rien lu.

 

Dans ce cas, je conseille toujours de commencer par le « Sade, la vie, la légende » de Jean-Paul Brighelli (oui, l’auteur de « La Fabrique du Crétin », de « A bonne école » et depuis quelques jours de « Une école sous influence » dont il ne faut pas oublier qu’il est aussi un brillant analyste littéraire), livre disponible chez Larousse.  

Et ensuite seulement « attaquer » le Divin Marquis par (mais c’est un avis personnel) « La Philosophie dans le Boudoir ».

 

Je considère donc maintenant que je m'adresse à de potentiels acheteurs de la revue et, ce faisant, des lecteurs de Sade.

Il a tant été écrit d’ouvrages pertinents sur Le Marquis (on citera pêle-mêle Annie Le Brun, Gilbert Lély, les Grandes Pages que Bataille consacre à Sade dans « L’érotisme » et encore une fois Brighelli pour son texte peu connu « Justine ou le rapport textuel », lecture stupéfiante de vérité sur cette concrétude palpable dans la chair des mots, seule véritable pulsion érotique présente dans  la prolifique écriture sadienne où les personnages suppliciés ne sont en définitive que pages blanches à remplir jusqu'au débordement, tous les débordements, de la plume et non du fouet qui n'en est que la métaphore parfaite) que l’on pourrait se demander ce que cette revue apporte de nouveau et si elle mérite la dépense qu’elle représente.

 

Oui, vais-je répondre sans hésiter, et s’il fallait une seule raison, ce serait son éclectisme.

De nombreux points de vue y cohabitent et s’y heurtent quelquefois mais l’œuvre de Sade est tellement à part que c’est quasiment nécessaire qu’il en soit ainsi.

Un numéro qui lui est tout entier voué doit comporter et hagiographie et rejet. C’est chose faite ici.

Je ne vais pas commenter chaque article mais, ayant passé mon week-end avec « leur » Sade, je retiendrai trois textes et trois noms.

 

-« Sade, littéralement et dans tous les sens » de Armand Chasle, participation à laquelle j’adhère totalement et qui met en valeur la fulgurance multiple de la littérature sadienne en l'accompagnant d'un vibrant hommage à Juliette (Bravo, Monsieur Chasle !).

-« Table rase » de Méryl Pinque, dont je ne partage pas du tout  le point de vue mais son petit essai m’a cependant réellement intéressée parce que, oui, c’est une autre lecture de Sade qu’elle voit aujourd’hui comme un « intouchable » et qu’elle désire remettre en question sous un certain angle : une parenté  possible des thèmes de Sade avec l’idéologie  nazie (Anachronique, outrancier? Oui, sans nul doute  selon moi, mais après tout demeurera aussi toujours un mystère [se souvenir de la virulente critique de Barthes] sur ce qu'avait voulu faire Pasolini en adaptant « Les 120 journées de Sodome » dans  « Salo' ».)

-Et enfin la fine analyse que  Tang Loaëc fait de « Madame de Sade », la pièce de théâtre de Mishima.  

 

Une dernière chose très révélatrice à mon sens.

Positivement.

Presque tous les contributeurs de cette revue s’expriment sur le Web. 

En blogs notamment.

Là encore, pour ne pas faire de catalogue, je retiendrai trois figures de style différentes :

 

-Le coordinateur de la revue est aussi un blogueur :

http://vebret.typepad.fr/

 

-Tang Loaëc « est » en fait le site passionnant :

http://lavenuslitteraire.com

 

-Et l’on trouve dans ce numéro un texte clin d’oeil de Mademoiselle K., bien dans la veine de son blog :

http://www.radioerotic.typepad.com/monamour

 

Internet est une richesse pour la littérature aussi!