G COMME GENS ...          

 

Le monde SM a ses « célébrités »… N’attendez pas ici de moi des noms connus, je ne fais pas dans le genre « people », je ne connais aucun ragot , je vous l’ai toujours dit : je suis la pratiquante lambda.

 

Ce que je veux dire, c’est que parmi les pratiquants certains noms sont plus célèbres que d’autres…

Curieusement, les plus connues sont des femmes et plus précisément des Dominatrices, professionnelles pour la plupart, ce qui n’enlève rien au « talent » de certaines d’entre elles qui font leur « job » par conviction et non pour leur seul gagne-pain… Vous aurez vu les livres de quelques unes de ces dames dans les Editions de Poche…

Sur d’autres professionnelles réputées elles aussi pour leurs sites ou autres, je tendrais à me tenir plus en retrait si j’avais un jugement (fatalement de valeur) à porter…

 

On ne connaît pas de Dominateurs célèbres, pas plus que de soumises d’ailleurs. Vous le comprendrez aisément : ils ne sont pas professionnels ni les uns ni les autres et bien souvent, ils sont en couple.

 

Ce sont donc de ces couples-phares du BDSM que j’entendais vous parler. A pouvoir être désignés ainsi, il y en a à tout venant cinq ou six, des confirmés et puis, chaque année a aussi son « couple en vogue »… Il est amusant de voir cette année « ramer » désespérément le couple « in » de l’an passé derrière celui (quatre mois d'existence sur la "Scène SM" !!) qui a reçu cette année l’intronisation du "milieu"…

D’autant plus que, pour avoir croisé ce dernier couple tout récemment lors d’une soirée, j’ai été terriblement impressionnée de sa totale fatuité (et vacuité), celle du monsieur tout particulièrement…

Mais allez raisonner avec la mode !

 

Les hasards de l’existence m’ont fait autrefois rencontrer le couple le plus médiatique du BDSM en France… Vous comprendrez bien sûr que je ne veuille nommer personne. Je les ai connus alors qu’ils géraient sporadiquement un club, puis sur un chat, dans des soirées ou des salons…

Je garde d’eux un très bon souvenir : c’étaient des gens cultivés, pleins de vie et d’humour… Très proches de la vie et de ses réalités. Est-ce parce qu’ils avaient un enfant du même âge que le mien que pour aussi connus qu’ils soient, que malgré leur « image de marque », ils avaient avant tout les pieds bien ancrés sur terre ?

C’est peut-être aussi parce qu’ils n’étaient nés ni l’un ni l’autre avec une gourmette d’or et qu’ils s’étaient à tout point de vue, BDSM ou pas, construits eux-mêmes.

Certains dans le milieu leur reprochent d’être des « commerciaux » ; je les ai toujours défendus : leurs soirées très courues, leurs vidéos, le livre qu’elle a publié l’an passé avec un succès certain ne masquent pas pour moi cette « simplicité de bon aloi » qu’ils portent en eux et qui est précisément leur vraie richesse.

Je ne les fréquente plus du tout, la vie nous a séparés. Les ponts sont donc rompus et je le regrette un peu parfois : lui qui aimait tant « Le lien », ce livre culte de Vanessa Duriès ( à suivre dans « L comme Littérature »), et qui se riait des « faux » et des « petits joueurs », je pense qu’il ne renierait pas toutes les pages d’AURORAWEBLOG… Mais la vie est ainsi faite qui éloigne les gens…

 

J’ai croisé un autre de ces couples connus une seule fois : immense déception, il était visible que lui (le Dominant) « se la jouait » d’une manière difficilement supportable. Et tous les autres, les quatre ou cinq qui restent, fonctionnent aussi ainsi d'après ce que j'ai pu en voir ici et là. Modestie n'est donc pas de mise.

 

Tous ces couples fréquentent les clubs parisiens (les anciens qui ont pignon sur rue) et ils en connaissent particulièrement bien les règles du jeu.

Comme je l’ai décrit ici, M. et moi nous nous sommes rendus récemment un soir très tranquille dans le nouveau club SM parisien et nous y sommes beaucoup plu. L’accueil est très réservé et discret et c’est ce que nous, nous tenons précisément à trouver en pareil lieu : marre des ces « patrons » qui vous parlent gras ou vous pincent une cuisse sous prétexte que vous êtes très légèrement vêtue et soumise… Je vais le redire encore et encore : la soumise appartient au Maître qu’elle a choisi, elle n’est en tout cas aucunement UNE soumise et encore moins soumise POUR TOUS… Alors pour nous, le bon accueil, c’est la nécessaire distance. Offrir à ses hôtes le maximum de confort et d’ambiance détendue pour qu’ils entrent suffisamment « dans le jeu » afin d’ avoir envie de « jouer » eux aussi mais rien de plus et surtout aucune familiarité…

Un dialogue, oui, si le « feeling » passe mais cela n’est pas non plus une obligation…

 

Or, pour ces couples célèbres, ce n’est pas cette discrétion qui prévaut : il leur faut l’accueil et le tapis rouge, la complicité et la « reconnaissance » du « patron » qui permet de juger, à l’aune de sa chaleur et de sa familiarité, combien ils appartiennent au microcosme reconnu et respecté, dans le but de provoquer l’admiration béate des pauvres pratiquants inconnus passés là pour un soir verser leur humble écot pour pouvoir « jouer » dans un « théâtre » esthétique comme il n’en ont pas chez eux. Ou celui des consommateurs-voyeurs curieux.

 

Alors quoi ?

Alors, pauvres gens !

Pas les pratiquants en visite, non… Et même pas les voyeurs en goguette.

 

Mais ces « célébrités » célèbres, ou qui le croient.