Photos © ??? et ???

 

 

L’idée de regrouper ces deux photographies dont les auteurs sont différents (et inconnus pour moi) m’est venue à lire le numéro paru ce jour [octobre 2006] de la revue mensuelle « Psychologies ».

En effet, celle-ci ouvre un cahier « Sexo » et les deux premiers articles en sont :

 « Un peu de ‘violence’ ne nuit pas »

et

 « Rire au lit ».

 

Disons tout de suite que le premier ne traite pas de BDSM, encore que…

En voici le sous-titre :

« Pas  de malentendu : nous ne faisons pas ici l’apologie de la brutalité en amour. Mais avant d’être une forme de communication, la sexualité est une pulsion. Sauvage, animale. Qui gagne parfois à être sollicitée. ».

Et pour le rire :

« Pour Ahlam Fennou, sexothérapeute, faire l’amour est un moment de partage au cours duquel nous devrions pouvoir vivre pleinement nos émotions. Pourtant, nous oublions souvent d’y inviter le rire

Ceux qui sont intéressés pourront se procurer le magazine dont je fais remarquer qu’il a une ligne éditoriale et une partie petites annonces de formation par coachs, PNL, sexothérapeutes, psy-machins, psy-choses qui peuvent agacer royalement (c'est mon cas) mais que je lis cependant régulièrement, y prenant  seulement ce qui m'intéresse et passant par-dessus celles-ci.

 

Cela m’amène à faire une remarque personnelle sur « mon » BDSM.

Lorsque j’y pense bien, si je n’ « invite » pas le rire à mes ébats, je sais que le sourire ne peut en être absent. Jamais.

Et cela est étrange lorsqu’on songe à la théâtralité de nos cérémonies, au partage des rôles, à tout le saint-frusquin qui les accompagne.

Mais s’il semble d’emblée qu’une tête de carême se doive d’être de mise pour donner toute sa majesté à la gravité de ces instants, et bien moi, je n’ai jamais su la faire.

Tout simplement parce que je ne la « ressens » pas.

 

Je trouve que les deux images que je présente ce soir résument en revanche complètement mon ressenti, qui oscille toujours entre l’intense et la joie.

Entre l'attente et le désir.

Entre la douleur et le plaisir.

 

Le regard que l’on lit sur la première photo, la position des mains, du corps, la bouche aussi, sont témoins de l’invite métaphorique à tous les gestes à venir.

Sans doute que la plus « connotée » BDSM est la seconde avec les liens de bondage aux poignets.

Et c’est pourtant sur celle-ci que le sourire s’étale, magique.

Des yeux fermés et un sourire vivant, sans réserve.

Une femme complètement envahie de plaisir…

 

J’aime à penser que la seconde est la première dans une étape suivante.

Un peu comme si c’était un roman-photo...

 

De la stupéfaction des yeux ouverts, interrogatifs, devant l’autre et, au fond, devant soi-même aussi jusqu’à ce regard clos, totalement confiant, noyé de jouissance.

Ce qui se passe entre ces deux instants, c’est le secret charnel, la tempête, les flammes, le désir, le plaisir.

Un bondage, une fessée, une cravache qui cingle, de la cire de bougie peut-être...

Des postures : allongée, à genoux ou debout...

Et des caresses et des baisers.

Se donner, se laisser prendre, s’abandonner et recevoir aussi.

Partage. Communion. Complicité. Tendresse. Amour.

A en perdre la tête, à en sourire aux larmes, à en pleurer au sourire…

 

En tout cas, mon BDSM à moi, ma sexualité, mon érotisme, c’est ça.

Et l'on voudrait que je ne sourie pas en le vivant ?