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Je tente de passer deux notes sur mon blog aujourd’hui : celle-ci et une autre, tout à l’heure après minuit.

Les deux, je le sais, paraîtront. Ce que j’ignore, c’est si celle-ci ou la seconde seront visibles sur la page d’accueil de U-blog, puisqu’il semble que nous n’ayons droit qu’à un post par 24 heures. Et celui d'aujourd'hui est en fait, déjà fait si l'on s'en tient à la lettre. 

Mais cela est de peu d’importance…

 

 

France-Italie donc.

Ce fut un très beau match que celui d’hier soir.

Sans penser à un quelconque esprit de revanche, force est de constater que Les Bleus d’ « après » ont désormais une cohésion qui les élève au niveau des plus grandes équipes.

Et un avenir donc.

Une démonstration presque parfaite -a dit Domenech- et je vais, pour une fois, lui donner raison.

Et moi ?

Pour reprendre les sonorités des deux « gnagnateries » estivales, Zidane, y m’a manqué.

 

Pas sur le terrain où d’autres, Ribery notamment qui assure à fond le rôle de l' ex-meneur de jeu ou Govou, celui de buteur mais symboliquement.

Une ombre toute personnelle, un petit fantôme qui passe.

 

Je ferai une comparaison avec le théâtre.

Mes deux comédiens favoris sont sans nul doute Laurent Terzieff et Michel Bouquet.

Rares mais excellents.

 

Il est une pièce que j’ai vue de nombreuses fois, le « Henri IV » de Pirandello. Je l’ai vue, jouée par de nombreux acteurs parmi lesquels Laurent Terzieff.

Il y eut un avant et un après.

Quand je vois aujourd’hui « Henri IV » et quel que soit celui qui l’interprète, quel que soit le plaisir que je prenne à la représentation, toujours, je dis bien toujours, à un moment donné, passent dans ma mémoire un geste ou une inflexion de voix de Terzieff.

Une petite chose vole au devant de la scène quelques secondes.

Si précieuse.

Un secret si doux, une nostalgie.

 

Hier, ce fut pareil.

De temps en temps, je m’attendais à un cadrage sur ce numéro 10 vu tant et tant de fois, sur son visage concentré, sur une roulette de ses pieds.

 

L’image n’est, bien sûr, pas venue. Elle ne viendra jamais plus.

 

Mais elle était là, bien ancrée au fond de ma tête.

Il est des gens qui ne nous abandonnent jamais, que nous ne quittons pas.

Connus « pour de bon » ou seulement virtuellement.

 

Zidane.

Passes d’artiste, regard bleu, sourcils froncés.

 

C’est l’écran noir de ma mémoire.

Il est fascinant, tout autant que celui de l’instant présent.