Photo © NASA

 

 

Le titre est un hommage à la quatrième partie de « 2001 Odyssée de l’Espace » de Stanley Kubrick, intitulée « Jupiter et au-delà de l’infini »…

 

Les chagrins de mon fils m’étonnent toujours.

 

J’ai eu ici l’occasion de parler déjà de son étrange manque d’amis : il n’a aucun intérêt pour le sport et ne se passionne que pour l’histoire, l’astronomie, la minéralogie.

A côté de ça, il rêve comme tous les enfants mais d’espionnage à la 007, de Guerres de l’Espace…

Ce ne sont pas hélas des thèmes chers à ses camarades de classe.

En ce moment et depuis la rentrée, ils « footent » en shootant dans des pommes de pins.

Lui trouve ça débile et je sens que je repars pour une année sans copain.

Au fil des ans, cette indifférence aux jeux des autres, toujours sanctionnée comme un fait de « mauvais comportement » par ses différentes enseignantes est devenu un vrai clou et fait qu'il n'aime pas, mais pas du tout, l'école et que j'en suis profondément désolée.

 

Bon, demain soir, je fais un plateau-télé France-Italie (tant pis pour les drastiques conseils du Docteur Rufo en matière de temps d'écran permis) pour tenter, comme lors du Mondial, de réveiller en lui quelque intérêt pour le « référenciel rebondissant », comme disent les didacticiens en Volapuk de l’Education Nationale…

 

En attendant, il est inconsolable de la décision prise la dernière semaine des vacances par les astronomes mondiaux qui ont sorti Pluton de la liste des planètes du système solaire pour la classer désormais dans les planètes « naines ».

Sans doute avaient-ils leurs raisons (nous avons suivi l’affaire des nouvelles découvertes qui se seraient, du coup, retrouvées à figurer elles aussi dans le même système) mais il n’empêche que le sort fait à Pluton et ce qualificatif de « naine » lui paraît la plus grande des injustices et le touche réellement.

 

J’ai beau lui répéter que, comme il était écrit dans l’article de Libé ici, « Les Plutoniens, s'ils existent, doivent s'en foutrent comme de l'an quarante. » et que déjà circule une pétition à l’initiative des Américains (Pluton est la seule planète découverte par eux), il sait qu’il faudra attendre 2009 et le prochain congrès pour -peut-être- réintégrer la « naine » en place plus favorable.

 

Et il est triste, lui qui savait par cœur la cantilène pour retenir les noms des planètes par leur initiale « Me Voici Toute Mignonne, Je Suis Une Nouvelle Planète »…

 

Alors, pour le consoler et pour consoler tous ceux ou celles qui ont des enfants qui viennent de reprendre le cartable avec aussi peu de joie et d’intérêt que le mien, un texte du disque qui passe en boucle ces jours-ci à la maison, « L’Etreinte » le tout nouvel opus de Christophe Miossec, de loin son album le plus réussi et c’est peu dire, Miossec étant le grand Miossec…

 

Elle s’appelle « Bonhomme ».

 

Bonhomme – Christophe Miossec in « L’étreinte » -PIAS – 2006.

 

Mon petit bonhomme

Fais un somme

Ecoute tomber la pluie

Regarde un peu tomber la nuit

Demain il fera beau

Demain il fera plus gris

On fera des châteaux de sable

On se protègera de l’ennemi

On mettra les pieds sur la table

Et on lancera des confettis

Demain il n’y aura plus le moindre bruit

 

Bonne bonne bonne bonne

Bonne nuit

Bonhomme

 

Il faut désormais croire aux fantômes

Aux Pères Noël et aux souris

Fais un vœu pour que les hommes

Rentrent chez eux cette nuit

Et qu’à leurs petits bonshommes

Ils puissent dire bonne nuit

 

Bonne bonne bonne bonne

Bonne nuit

Bonhomme.