La note de ce soir ne sera pas, n’en déplaise à certains, BDSM.

Et, malgré son titre, pas plus politique que ça.

 

Je puis cependant d’ores et déjà écrire que, si elle devait être la candidate du PS à l’Election Présidentielle de 2007 comme cela semble se profiler, je ne voterais pas pour Ségolène.

J’ai une bonne vingtaine de raisons pour cela mais je ne les développerai qu’en temps voulu.

Ici, c’est seulement une effrayante petite anecdote de vacances que je raconte.

 

Je remonte un peu dans mes notes. J’ai toujours dit que je ne publierai jamais ici de photos de moi plus « nue » que vous ne pourriez me voir sur une plage. N’étant pas  naturiste, ceci revient à dire que je bronze sans le haut et basta.

Sauf que cette année, un incident très banal a transformé les choses et que je me suis retrouvée entièrement nue quelques secondes sur la plage.

La photo de ce soir (comme celle d’après-demain où j’évoquerai le thème de la pilosité) a été retouchée afin de se transformer en dessin et n’avoir rien de « croquignol ».

Je ne suis pas ici pour étaler des morceaux de viande : je respecte bien trop mon sexe pour cela.

 

C’est notre dernier jour sur une plage du sud-est. Nous ne le savons pas encore mais le lendemain, les nuages et le vent empêcheront l’ultime baignade prévue.

Je suis en compagnie de mon fils et de deux adolescents amis de la famille. Leur grand-père doit passer nous chercher à 20 heures, il est dix-neuf heures trente et après la trempette finale, nous nous changeons.

Mon fils est encore bambin, c’est vite fait, il passe son tee-shirt, ôte son maillot et remet alors son slip, plus ou moins bien couvert aux yeux des quelques vacanciers qui restent encore à cette heure (le soleil est déjà caché par les hauts immeubles environnants).

Les ados et moi-même faisons tenir une serviette de plage autour de nos tailles et  nous changeons là-dessous.

 

J’ai chargé mon fils de tenir la mienne. Voici qu’il trébuche, laisse tomber la serviette, me fait tomber du même coup. Je suis pendant vingt secondes nue sur le sable, le temps de repasser un short de campeuse, tout sauf sexy mais en éclatant de rire.

Puis je me retourne et commence à ranger nattes, parasols etc…

 

J’entends soudain tout près et sans y prêter aucune attention des vociférations. Jusqu’à ce qu’une main se pose sur mon épaule et me secoue très brusquement.

C’est une jeune femme, la trentaine environ, en pantacourt stretch très moulant et tee-shirt.

Elle est venue du muret à bien vingt mètres de là, cet endroit où les gens regardent les baigneurs en mangeant des glaces.

Elle me fait un scandale comme cela ne m’est jamais arrivé encore, me désigne ses deux enfants, plus âgés que le mien, et son mari assis sur le petit mur là-bas et me dit que j’ai de la chance que le maître-nageur sauveteur soit parti à 19 heures car sinon elle serait allée le chercher afin qu’il fasse respecter la loi qui interdit le « nudisme » sur les plages publiques (vous n’imaginez pas le mépris qu’elle met à cracher le mot « nudisme ») et qu'il me donne une amende et pour moi et pour mon fils dont je suis responsable et que d’ailleurs, j’élève fort mal.

 

Elle hurle et les mots « la loi, la loi » reviennent sans cesse dans ses propos : j’ai choqué ses enfants, son mari, je l’ai choquée elle. Je me suis mise hors-la-loi, j’ai été nue sur la plage, c’est interdit, je n’ai qu’à aller chez les « nudistes ».

Dans un premier temps, hébétée, je lui réponds que si elle a bien vu, elle doit s’être aperçue que c’est un accident.

Cela ne lui suffit pas : elle met au compte de ma mauvaise foi le fait qu’elle m’ait vue éclater de rire. Je suis sans pudeur, sans respect des autres, sans respect des enfants et des femmes, j’ai porté atteinte à sa famille, j'ai dégradé l'image de la femme, j’ai insulté par ma nudité l’ensemble des présents (qui, entre parenthèses, savourent ce débat de poissonnières et la huent).

J’essaie de lui expliquer qu’à vingt mètres et en vingt secondes, elle n’a pas pu voir grand-chose (je suis tombée de côté et donc sur le profil) et être si choquée que cela. Idem pour les siens. 

 

Elle crie doublement, me demande de revenir le lendemain à quatorze heures tapantes pour aller chercher ce fameux maître-nageur sauveteur afin d’établir constat, elle et moi, de « ce que j’ai fait » et que je paye l’amende pour la loi que je n’ai pas respectée.

 

Là, son radotage m’exaspère. Je l’interroge sur ce qu’elle fait devant des publicités où la nudité est évidente dans les magazines.

Elle me rétorque qu’elle n’a jamais trouvé un tel type de pub dans les journaux qu’elle achète.

Je suis carrément irritée et je lui demande si elle n’a pas un problème, si elle n’est pas comme ces américains qui ont voulu faire interdire une couverture de mag où un bébé tétait un sein.

Je lui précise aussi que pour le constat du lendemain, elle peut toujours attendre.

 

Elle est désarmée tout à coup et me demande naïvement « Et je fais quoi, moi, contre vous et votre gamin alors ? ».

Là, je ne sais pourquoi, tout ce qui me vient à l'esprit est de lui dire d’envoyer deux lettres pour se plaindre de la décadence sur les plages du midi aux deux chaisières de la politique : Christine Boutin et Ségolène Royal.

Les gens tout autour éclatent de rire.

 

Et c’est alors qu’elle se prend d’une seconde rage, me demandant presque en pleurs ce que j’ai contre Ségolène qui est une « femme avec une famille, une femme bien, l’honneur de la France ».

Si, si.

Elle me dit que je suis comme tout le monde (on est au premier jour du congrès de La Rochelle) et que non contente de m’être exhibée comme une dégoûtante, de plus, je suis de ceux qui vont ficher le pays en l’air l’année prochaine.

Et elle s’en va enfin en continuant à me jeter des anathèmes sur le futur de mon fils…

 

C’est tout.

 

Mais non, je ne voterai pas pour Ségolène : elle a des « fans » vraiment « trop » pour moi.

Ça ne laisse rien augurer de bon.

Pour commencer.

PS : La photo a, bien sûr, été posée et prise ensuite seulement pour donner une idée de l’étendue ravageuse du « spectacle » offert.