F COMME FIL CONDUCTEUR (4)...

 

Pour trois soirs encore, ce n’est pas moi que vous lirez mais un texte savoureux et tout à fait « dans ma ligne », venu tout droit du Canada, qui raconte le voyage au pays du BDSM d’une jeune journaliste nommée « Satanique »… J’ai dû, pour vous le livrer, le découper en six chapitres ( comme l’auteur l’a fait, d’ailleurs ) car c’est une fort longue enquête et que je sais que le temps de lecture passé sur un post n’excède pas les deux minutes en règle générale (dixit E-Stat !)…

 

 

PS : Ce texte dans sa version originale est disponible sur :

http://levillagelibre.naucelle.com/index3?page3=bdsm11

 

journal en ligne généraliste d’actualité fort intéressant par ailleurs …

 

 

 

4-LE TOUR DU MONDE EN 80 FESSEES

Il n’y a pas que les hommes qui annoncent sur ces sites. Il y a aussi des femmes - de vraies soumises, de vraies Dominantes (très en demande parce que beaucoup moins nombreuses que les soumis) et les autres, celles qui ne savent pas de quoi elles parlent, qui s’ennuient, qui ont du mal à trouver quelqu’un et qui s’imaginent qu’elles vont résoudre leurs problèmes dans le milieu du BDSM.
Cherche partenaire dans la région parisienne- Femme 38 ans cherche quelqu’un capable de la satisfaire et de combler ses moments de solitude. Ouverte à toute nouvelle expérience. Se déplace au besoin.
Curieuse et prête à tout- Femme sans aucune expérience du BDSM, mais prête à tout essayer. Personne idéale – Hommes et femmes en grande forme pour nuits érotiques.
Chacun son truc, comme dirait l’autre. En résumé, ceux qui sont peu sûrs d’eux et qui, en fait, ne sont pas de véritables Dominants, montrent de nombreux signes qu’une soumise d’expérience peut facilement identifier, tout comme un Maître expérimenté peut reconnaître les personnes ayant de graves problèmes de personnalité. La faible estime de soi est, chez la soumise, l’une des premières caractéristiques qu’un Dominant équilibré, intéressé par un véritable échange de pouvoir, évite. Les femmes mal dans leur peau n’ont pas grand pouvoir à échanger, comme celle-ci:
Esclave cherche son maître- Femme plantureuse, jeune quarantaine, chercher homme à combler. Bonne cuisinière, j’aime écouter et faire plaisir. Personne idéale – Homme aimant se faire servir par une femme et qui me respectera.


Ce qui est bon est rare


Vous avez réfléchi et concocté une annonce qui, vous le pensez, reflète ce que vous êtes et ce que vous cherchez. Vous recevez des tonnes de réponses de partout dans le monde. Je vais ouvrir deux parenthèses ici.
La première pour dire que les bons Dominants et les bonnes soumises sont rares. Certains sont donc prêts à aller jusqu’au bout du monde pour trouver la personne qui leur conviendra.
La seconde pour dire que les adeptes du BDSM se recrutent plutôt dans les milieux aisés.
Dans les pays où la nourriture est rare, ils ne sont pas légion. Ce qui fait que de nombreux Dominants proposent à l’élue de leur fouet de leur offrir le voyage. J’ai donc reçu des réponses d’Angleterre, de France, d’Allemagne, des États-Unis, du Canada, d’Hawaï, de Guam, de Hollande… autrement dit, le tour du monde en 80 fessées !

Ce succès ne doit pas monter à la tête. Nous l’avons déjà dit: le BDSM est un art. Un Dominant ne peut pas attacher une soumise n’importe comment pendant deux jours ni la taper n’importe où sur le corps quand l’envie lui en prend. Il existe des livres et des cours pour Dominants, et des règles – entre autres, tout tester sur soi avant de faire hurler de plaisir sa soumise.

Maître expérimenté cherche novice


Vous trouverez sur Internet des soi-disant Dominants prêts à se dévouer pour vous aider à réaliser vos fantasmes – et les leurs. En fait, ils n’ont jamais tenu un fouet de leur vie mais ils seraient prêts à investir si l’occasion se présentait. Dangereux! Remarquez que dans un tel cas, le fouet peut toujours être remplacé par un bouquet d’orties! Si c’est la soumise qui n’a pas d’expérience, c’est moins grave. Des Maîtres expérimentés ne demandent pas mieux que de former les novices. Le pire, c’est une soumise sans expérience qui rencontre un Dominant sans expérience.

Comment séparer le bon grain de l’ivraie avant de passer du virtuel au réel? Facile… il suffit de poser quelques questions. Les réponses sont toujours révélatrices.
Prenons le fouet et autres accessoires du même genre. (Si j’entre dans les détails, ce n’est pas pour faire dans le scabreux mais pour que vous compreniez bien que le BDSM est un jeu à prendre au sérieux.).


Cours de fouet

PREMIER POINT
: on ne tape pas sa soumise n’importe où ni n’importe comment. Le mieux? La partie la plus charnue de son anatomie – postérieur et cuisses mais là encore, avec des subtilités. Tel point peut supporter des coups plus forts, alors que d’autres sont plus sensibles (l’intérieur des cuisses). Le dos? Oui, mais uniquement avec des fouets souples et à condition d’éviter les reins, la colonne vertébrale, le cou et le crâne. Pour le verso, il y a aussi des contre-indications – l’abdomen. À titre indicatif : la maîtrise du fouet exige des semaines d’entraînement quotidien et les cours sur Internet ne suffisent pas.

DEUXIEME POINT
: tout Dominant qui se respecte apprend à manier ses accessoires. Il peut suivre des cours ou demander à d’autres Dominants de lui montrer à utiliser tel type de fouet ou autre. L’avantage génial, c’est que quand il devient expert en la matière, il peut bander les yeux de sa soumise et s’amuser comme un fou. Un petit claquement de fouet dans le vide, histoire de lui donner un avant-goût de ce qui l’attend… Il peut utiliser la cravache en maître…chaque coup donné étant un tantinet plus fort que le précédent. Il sait comment faire… il a tout essayé sur lui. Il frappe de manière à laisser la peau intacte ou à couvrir sa victime de bleus – elle sera fière de ces marques et l’en remerciera. Il est évident que le maître doit savoir diriger son coup : s’il vise la croupe, c’est là que la lanière doit atterrir et non pas s’enrouler autour du cou. On dit même qu’un Dominant expérimenté est capable d’arrêter en plein vol un coup de fouet au prononcé du signal d’arrêt (voir plus loin).

TROISIEME POINT: s’il arrive quoi que ce soit, un Dominant expérimenté sait quoi faire. D’abord, il attache de manière à détacher très vite. Il a une trousse de premiers soins à portée de la main et a suivi des cours de réanimation. (On ne sait jamais!).

Tout ce qui précède s’applique à tous les raffinements du BDSM. Le bondage, cela s’apprend. Le saucissonnement doit être du plus bel effet, mais les cordes doivent être serrées de manière à ne pas entraver la circulation du sang, à ne pas appuyer sur certains nerfs délicats.

Maître Fesseux, votre imagination me confond
Lorsque votre correspondant vous aura juré sur la tête de l’être le plus cher de sa vie qu’il a trente ans d’expérience de la domination et qu’il a déjà eu cinq esclaves, faites comme si vous le croyez et posez-lui quelques questions sous le couvert de vouloir en savoir plus sur ses perversions. N’oubliez pas de flatter son ego au passage.
-Sir Poulamon, je m’imagine déjà offerte à votre plaisir. Je n’en peux plus de cette attente! Quelle est la partie de mon corps sur laquelle vous allez administrer cette punition que me vaut ma curiosité ?
-L’abdomen…
Je n’invente pas. J’ai déjà eu cette réponse. Bloquez l’adresse du farfelu au plus vite. Vous ne voulez pas finir dans une salle d’urgence, endommagée pour la vie.
-Maître Fesseux, vous avez l’air de tellement vous y connaître… Votre imagination me confond. Mais où avez-vous donc appris tout cela?
-Par tâtonnement… J’ai fait des erreurs comme tout le monde, mais j’ai appris.
Qui vous dit qu’il a fini d’apprendre? Surtout si, dans un de ses précédents messages, il vous a dit qu’il préférait utiliser ce qui lui tombait sous la main – bâton, ceinture, etc. -, que d’investir dans des accessoires professionnels de qualité.
-Oh, les petites pinces, Lord Werther. Depuis que vous m’en avez parlé, j’en vois partout. Combien de temps allez-vous me soumettre à ce doux supplice?
-Toute la nuit, chère soumise…
À la poubelle (le message)! Les pinces entravent la circulation du sang. Elles doivent absolument être retirées après une quinzaine de minutes (20 au maximum). Une autre question, bien anodine, permet aussi de se faire une idée de l’expérience de son correspondant.
-Comment aimez-vous vous adresser à votre esclave?
S’il vous répond, «Et toi, comment veux-tu que ton maître t’appelle?», méfiez-vous. Le gars va à la pêche. Il répond à une question par une question. Celui qui a de l’expérience connaît les rituels et, de toute façon, le Dominant domine. Il ne manquerait plus qu’il demande à sa soumise ce qu’elle préfère!
Lord Honni tentera peut-être de calmer vos doutes en affirmant que les bonnes esclaves étant rares, il se doit d’en prendre le plus grand soin afin de pouvoir s’en resservir. Ils disent tous ça!

Pas de drogue, pas d'alcool


QUATRIEME POINT:
la maîtrise de soi. Un maître expérimenté n’agit jamais sous le coup de la colère. Il est toujours en pleine possession de ses moyens. Il ne fouette pas la soumise lorsqu’il est ivre de rage, mais uniquement lorsque cette activité est planifiée d’un commun accord. Toujours au nom de la maîtrise de soi, les partenaires ne prennent ni drogue ni alcool avant une séance. Les pros vous le diront : l’alcool et la drogue ralentissent les réflexes du Dominant et émoussent les sens de la soumise. Elle peut alors être incapable de faire la différence entre une douleur qui est acceptable et une douleur qui ne l’est plus. Et la séance risque de mal tourner.

CINQUIEME POINT: un Maître expérimenté est attentif, d’autant plus si une relation suivie s’établit entre lui et sa soumise. Il est capable de comprendre les réactions de son corps et d’agir ou de réagir en conséquence – et d’arriver ainsi à un niveau d’intimité extraordinaire.

Donc, si l’expérience vous tente, n’oubliez jamais qu’il s’agit de votre corps, de votre santé. Ne vous aventurez pas en territoire dangereux et prenez des références avant de passer aux actes. Imaginez en outre les séquelles psychologiques d’une expérience qui tourne mal.

Avant de laisser Sir Cravache s’amuser avec vous, il est essentiel de bien comprendre et de connaître les risques que le BDSM comporte aussi bien sur le plan physique que sur le plan psychologique. Pour cela, vous devez vous renseigner. Peu importe le supplice auquel vous rêvez… il y a quelqu’un quelque part qui l’a déjà fait et qui est prêt à partager son expérience.